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La crise des subprime

Anticipation et Relativité

Anticipation et Relativité économique

La "Théorie générale de la Relativité économique" ©

Par Jean de Dieu MOSSINGUE
(Mastère Spécialisé en Intelligence Economique et Stratégique, DESS en Ingénierie de l'Innovation, économiste, ancien professeur de Sciences Economiques et Sociales dans l'Académie de Versailles).

La Méthode Intuitive de Réflexion et d'Analyse Stratégique et Tactique (MIRAST)

Une théorie pas comme les autres

Postulat 1 :
Les seules causes à l'origine de la création de richesses se trouvent dans le Big-bang originel, l'Innovation, l'énergie cosmique et l'énergie humaine. Le Big-bang est l'Innovation par excellence d'origine extrahumaine provoquée par l'énergie et les forces cosmiques. Il a donné naissance aux richesses naturelles dont une partie se situe sur la planète terre et l'autre dans l'univers. L'Innovation de source humaine est mue par l'énergie humaine et la force de travail qui lui est associée. Elle est à l'origine de toutes les richesses passées, présentes et à venir créées par l'Homme, nécessaires à la satisfaction de ses besoins.
Les richesses issues de l'innovation sont à l'origine du revenu des nations.

Le travail de l'Homme met en mouvement le processus de l'activité économique, dont le fruit généré est appelé produit pour les biens ou services normaux issus de l'acte de production, et improduit pour les biens ou services issus de l'acte d'improduction dont l'usage est nocif ou nul. Ainsi, nous établissons l'existence d'un revenu potentiel issu de l'Innovation de source extrahumaine, qui nécessite souvent l'apport de la force de travail de l'homme pour l'exploitation de ses ressources et un revenu issu de l'innovation de source humaine.

La caractéristique principale de l'Innovation de source humaine est d'être positive ou négative pour l'espèce humaine, la nature ou l'univers. Elle installe une compétition intense entre les acteurs économiques dans le but de prendre de l'altitude par rapport aux concurrents.

Un chercheur japonais de NEC a découvert en 1991 au Japon, les nanotubes de carbone (Ntc), et depuis cette date, ces molécules en forme de tube de quelques nanomètres (milliardième de mètre) de diamètre, suscitent de multiples recherches dans les laboratoires universitaires dans le but de renforcer un polymère avec des quantités infimes de charge, de rendre un plastique conducteur, d'inventer les circuits intégrés et les capteurs de demain. Les nanotechnologies, opèrent à une échelle 30.000 fois plus petite que l'épaisseur d'un cheveu, et peuvent avoir des applications multiples, par exemple dans la fabrication de composants microscopiques pour l'industrie, la médecine et les télécommunications.

Les nanotechnologies sont des objets minuscules, formés par assemblage d'atomes ou de molécules, dont la taille se situe entre 1 et 100 milliardièmes de mètre (ou nanomètre). Soit 500 000 fois moins que le diamètre d'un cheveu. C'est une échelle lilliputienne où la matière présente des propriétés physiques et chimiques très différentes de celles qu'on lui connaît habituellement, lui confèrant une plus grande réactivité. Certaines particules de fer nanométriques s'enflamment spontanément au contact de l'air. Les objets nanométriques naturels (fil d'araignée) ou artificiels (nanotubes de carbone) ont une meilleure résistance mécanique ou une plus grande conductivité électrique ou thermique. Les nanomonde sont utilisés dans de nombreux domaines comme la santé, l'informatique, l'énergie, la téléphonie mobile, les matériaux, les textiles... Plus de 800 produits disponibles dans le commerce (raquettes de tennis, pneus, peintures, cosmétiques, cadres de vélos...) contiennent des nanoparticules. Selon certaines études, au niveau mondial, le marché des nanotechnologies pourrait atteindre 450 à 1 850 milliards d'euros à l'horizon 2015 et occuper 10 millions de personnes. La Commission européenne estime pour sa part le revenu mondial généré par les nanotechnologies à plus de 700 milliards d'euros pour 2008, et devrait atteindre 1 000 milliards d'euros par an vers 2010-2015. Un essor qui pourrait engendrer de l'emploi direct pour plus de 2 millions de personnes. Quelques pour-cent de nanoparticules dans un polymère le rend imperméable aux gaz, résistant au feu ou plus rigide.

Deux laboratoires toulousains, le Cirimat et le LMTG (Laboratoire des mécanismes de transfert en géologie), en coopération avec le producteur de talc Rio Tinto, à Luzenac (Ariège), ont développé une gamme de talcs nanométriques de synthèse, par voie hydrothermale (cristallisation à partir d'une solution aqueuse). Ces produits submicroniques sont impossibles à obtenir par broyage de talc naturel, et ont des applications potentielles dans les peintures, ou comme charge dans les polymères (coloration, propriétés électriques ou magnétiques...). Les chercheurs sont passés au stade pilote en mettant en place un réacteur capable de produire des quantités de l'ordre de la dizaine de kilos.

Plusieurs interrogations subsistent : existe-t-il des effets potentiels de ces technologies sur la santé humaine et l'environnement ou sur le respect des libertés individuelles, provoqués par l'utilisation massive des nanotechnologies dans l'informatique ou via des «puces communicantes» (RFID, cartes de transport…) ?

L'ajout de nanoparticules dans un polymère peut :

> renforcer sa résistance mécanique.
> le rendre imperméable aux gaz ou aux liquides (effet barrière).
> améliorer sa résistance au feu ou sa tenue thermique.
> le rendre conducteur.
> améliorer ses propriétés de surface.

Les secteurs concernés

> Le textile
> L'emballage
> La plasturgie
> L'automobile

Au rayon enfants, on trouve une tétine, un biberon, une brosse à dents, et même des nounours antibactériens.

La base de données du Project on Emerging Nanotechnologies (PEN), une fondation américaine veut oeuvrer à plus de transparence en matière de nanotechnologies, dans les équipements sportifs, peintures, emballages, textiles et autres produits. Au total plus de 1000 produits sont vendus dans le commerce, en augmentation de 379% depuis sa création en 2006. Parmi lesquels on trouve 155 vêtements, 137 produits cosmétiques et 33 crèmes solaires, des shampoings, dentifrices, traitements capillaires, anti-douleurs ou contre l’acné…: 60% d’entre eux relèvent des domaines de la santé et du bien-être. Et aussi, les produits de ménage et d’entretien, ou pour le jardin : peintures, nettoyants, purificateurs d’air, dégraissants, anti-odeurs, oreillers et autres produits antibactériens, sacs à main et bagages imperméabilis...

Des applications ont été réalisés dans d'autres secteurs comme l'aéronautique.

Une équipe de chercheurs de l’université nationale de Jinju en Corée du Sud ont découvert une nouvelle façon de débarrasser le sang de certains métaux. Ces chercheurs ont identifié un récepteur qui s’attache exclusivement et solidement au plomb dans le corps. Elle a ainsi conçu une nanoparticule magnétique contenant un alliage de nickel, équipée de ce récepteur. Si l'on injecte ces particules dans le système sanguin et si l'on effectue une dialyse pour éliminer les particules et le plomb avec un aimant, le sang en est entièrement nettoyé. Le saturnisme, infection au plomb, peut causer des pertes de mémoire, de l’anémie, voire même une paralysie. La désintoxication magnétique est rapide et sans danger, car l’hémoglobine n’est pas affectée par les champs magnétiques. Les tests réalisés sur du sang humain sont très satisfaisants. L’approche magnétique pourrait maintenant s'intéresser à d’autres types de particules présentes dans le sang. Les toxines radioactives, le cholestérol, l’alcool et même la drogue pourraient ainsi être éliminés du sang, s’ils sont associés à la bonne nanoparticule.

Selon les informations tirées de Capital, l'électronique, les biotechnologies, les nanotechnologies, les transports, le BTP (nouveaux matériaux dans le bâtiment), l'habillement, l'alimentaire (les emballages biodégradables, plusieurs laboratoires au Japon et aux Etats-Unis planchent sur des films alimentaires antibactériennes pour doubler ou tripler la durée de conservation de la viande et des plats cuisinés et sur des films qui absorbent l'éthylène produit par les fruits et légumes lors de leur maturation), les laboratoires, les technologies de l'information et de la communication, la production de l'énergie sont des exemples de secteurs d'activités qui regorgent de produits innovants de source humaine. De nombreux produits sortent des laboratoires comme les coeurs artificiels, les vitrages intelligents, les voitures électriques, les vêtements en fibre "défatigante", les cartes de paiement intégrées au téléphone mobile...

Récemment, l'iPhone a provoqué des changements majeurs dans l'industrie du mobile, la créativité et l'innovation sont donc au centre de la satisfaction des besoins des individus. Le véhicule électrique par exemple est un moyen de locomotion susceptible de révolutionner l'industrie automobile, avec la conception de modèles écologiques. L'oréal vient d'établir dans ses laboratoires l'emprunte génétique de la peau dans le but de fabriquer des crèmes anti-vieillissement ultraperformantes. Les images en 3D réinventent le cinéma dans l'espoir de détourner les consommateurs du téléchargement et d'améliorer la rentabilité. Dans un passé non lointain, la société Microsoft a été créée après le premier choc pétrolier des années 1970, Apple a également réalisé ses premiers ordinateurs pendant le second choc pétrolier et l'apparition des téléphones mobiles s'est faite après la récession des années 1990.

Les micro-algues qui produisent les lipides dont est tiré le biodiésel, ont besoin pour croître d'un engraissement dans l’obscurité avec les sous-produits de l’agriculture. C'est un processus qui occasionne le recyclage des déchets des industries agricoles, et permet des rendements énergétiques supérieurs aux technologies recourant à la lumière. En comparant ce procédé aux biocarburants de première génération, le plancton produit, fournit 5000 fois plus d’énergie à l’hectare que le colza. Outre le marché de l’énergie, les sociétés innovantes comme la start-up libournaise Fermentalg visent les marchés de l’agroalimentaire et de la santé, puisque les micro-algues sont des réservoirs d’acides gras polyinsaturés et de sélénium, et servent à la pisciculture et à la fabrication des alicaments. Fermentalg cultive des microalgues qui poussent dans le noir et se nourrissent d'un substrat carboné de type sucre, issu du recyclage des déchets de l'industrie sucrière, qui fournit l'énergie, ce qui en font d'excellents candidats pour la production massive de biocarburant de troisième génération. Ce procédé de production dans l'obscurité par hétérotrophie (culture en milieu étanche à base de substrats carbonés) pour faire croître la biomasse, protégé par deux brevets, a été inventé par Pierre Calleja, un biologiste spécialisé dans l'aquaculture. Il permet une production des microalgues non plus uniquement en surface, mais également en volume pour fournir les marchés des biodiesels et celui de la production de biomasse pour l'aquaculture et les produits de substitutions aux huiles de poissons en extrayant la partie lipide de l'algue, pour la cosmologie et les compléments alimentaires. C'est un procédé qui donne des rendements par litre en moyenne quinze fois plus élevés qu'en utilisant la culture par photosynthèse.

Les algues vertes sont souvent accusées de constituer une menace sérieuse pour la santé publique, car des concentrations extrêmes d'hydrogène sulfuré, un poison brutal, provoquent des accidents dans des lieux confinés ou ouverts. Le phénomène des "algues vertes" est lié au rejet de nitrates dans l'eau par l'agriculture intensive. Ces accumulations d'algues comme l'ulve, dite "laitue de mer" qui recouvre deux espèces relativement proches (Ulva armoricana et Ulva rotundata), sont provoquées par l'emploi massif par les agriculteurs d'engrais azotés et le lessivage des sols par les pluies. De plus, le réchauffement climatique provoque également l'apparition d'algues toxiques. L'ulve a besoin de soleil et de deux nutriments, le phosphore et l'azote. En France, de nombreux cas d'intoxication ou d'empoisonnement observés dans leur espace de concentration inquiètent. Les algues vives ne sont pas nuisibles, elles sont comestibles, n'ont pas d'odeur et peuvent être cuisinées, ce sont les amas d'algues en décomposition qui dégagent, quand ils sont remués, des émanations d'hydrogène sulfuré, un poison brutal à l'origine d'accidents dans des fosses à vidange ou à lisier. Lorsque les algues se déposent en masse sur les plages, la couche supérieure sèche au soleil, elle devient imperméable aux échanges gazeux, ce qui prive les couches inférieures d'oxygène, c'est le phénomène de l'anaérobie. Les bactéries qui sont présentes dans l'algue libèrent ensuite du soufre et il se forme de l'hydrogène sulfuré qui est mortel s'il est inhalé.

Les algues poussent rapidement, elles ont une forte teneur en huile et nécessitent seulement la lumière du soleil et l'eau. Elles servent également de filtre pour les eaux sales et d'évier à carbone. Idéalement, une ferme d'algues pourrait être installée en aval d'une grosse ferme ou d'une usine, où elle pourrait débarrasser l'eau des pesticides, du carbone et des métaux lourds qu'elle contient. Selon Nathanael Greene, du National Resources Defense Council, sur la chaîne de télévision financière CNBC, "les algues peuvent produire un hydrocarbure qui ressemble exactement au kérosène, au diesel ou à l'essence. C'est le biocarburant le plus compatible avec les capacités de raffinage et de distribution". Le New York Times a également rapporté que les algues peuvent produire chaque année 7.570 litres de carburants par acre cultivée (0,4 hectare), contre 1.703 litres pour la canne à sucre et 946 litres pour le maïs. Afin de rendre ce carburant compétitif, les sociétés doivent se concentrer sur les produits dérivés, comme l'alimentation pour le bétail ou les produits chimiques, si elles doivent rentrer dans leurs frais. Mais il faudra encore "au moins cinq à dix ans" avant d'envisager des usines de taille suffisante pour fabriquer à l'échelle industrielle ces carburants "bleus". PetroAlgae, une société basée en Floride utilise une technique de contrôle de la lumière qui augmente la productivité des cultures. Elle envisage de construire des champs de "piscines" de cultures en plein air pour rendre service aux industries qui produisent énormément de gaz carbonique, comme les producteurs d'électricité ou les cimentiers. Car le CO2 qui est un polluant, devient une source d'alimentation pour les algues.

Les rendements potentiels sont alléchants : près de 30 tonnes d’huiles par hectare et par an, soit dix à quinze fois plus que la production d’huile à partir d’un champ de colza. Certaines études mentionnent même des rendements de 60 à 90 tonnes si les algues sont «gavées» de CO2. Une étude de l’Université du New Hamphsire, parue en 2004, avait conclu qu’une surface de 120 000 km², soit en gros la superficie de l’Etat de Caroline du Sud, serait nécessaire pour satisfaire la consommation de carburants de tous les Etats-Unis. La start-up GreenFuel qui a flambé en bourse avant de tomber en faillite, avait construit des bioréacteurs qui absorbent les émissions de C02 d’une centrale électrique au charbon. D’autres projets ont imaginé l’utilisation des bioréacteurs à algues pour épurer au passage l’eau sale des mers ; après que leur travail ait été accompli, les algues sont brûlées ou transformées en biocarburants. Il existe deux filières concurrentes, la construction des «étangs» à ciel ouvert et à récolter l’huile des algues et l'utilisation des bioréacteurs géants isolés de l’air ambiant. Les premières expériences en laboratoire, ont montré que la phase d’industrialisation est complexe et délicate. En plein air, les algues peuvent subir des changements brusques de température ou mourir à cause d’une invasion microbienne indésirable. Outre cela, la technologie des bioréacteurs fermés reste coûteuse, et une réelle difficulté existe pour maintenir à la fois une forte croissance des organismes et une bonne pénétration de la lumière indispensable à leur développement. C'est à cause d'une prolifération trop rapide des algues à l’intérieur des bioréacteurs que l’expérience grandeur nature menée par GreenFuel en Arizona a tourné court. Selon certaines études, la production de biocarburants à partir d’algues pourrait satisfaire 12% de la consommation du secteur aérien et 6% du trafic routier. (letemps.ch du 02/09/09, L'USINE NOUVELLE, usinenouvelle.com du 28/07/08, lefigaro.fr du 24/09/09, maxisciences.com, wk-hsqe.fr, internetactu.net du 10/09/2009).

Une grande part de l'innovation de source humaine provient de la recherche. Les statistiques de l'institut américain Battelle montrent que le secteur de la recherche et développement emploie dix millions d'ingénieurs, le double de ceux qui exerçaient en 1998. Pendant la même période, le nombre de brevets déposés a augmenté de 40% (près d'un million dans le monde en 2008). Cette augmentation a été favorisée par d'importantes dépenses faites par les Etats-Unis (362,7 milliards de dollars, soit 2,62% du PIB en 2007) et le Japon (142,8 milliards de dollars, soit 3,33% du PIB en 2007), deux pays qui ont toujours misé sur l'innovation, leurs dépenses représentent la moitié de celles de la planète et atteignent 500 milliards de dollars. La Chine (99,9 milliards de dollars en 2006, soit 1,43% du PIB) qui compte doubler ses dépenses d'ici 2020, à 2,5%, souhaitant déjà les faire passer à 2% en 2010, occupe désormais la troisième place mondiale devant l'Allemagne (70,5 milliards de dollars, soit 2,51% du PIB), la France (43,4 milliards de dollars, soit 2,12% du PIB), le Royaume-Uni (38 milliards de dollars, soit 2,12% du PIB), la Coréé du Sud (35,8 milliards de dollars, soit 2,98% du PIB), le Canada (24,9 milliards de dollars, soit 1,57% du PIB), la Russie (22,5 milliards de dollars, soit 1,08% du PIB), l'Inde (20,6 milliards de dollars, soit 0,69% du PIB).

Les publications scientifiques chinoises dans le domaine des «sciences spatiales» ont connu un boom de 21% entre 2004 et 2008. En 2008, les chercheurs chinois ont publié 112 000 articles dans des revues scientifiques, contre 20 000 en 1998, selon un rapport de Thomson Reuters. La Chine dépasse maintenant le Japon, le Royaume-Uni et l’Allemagne et n’est devancée que par les Etats-Unis. Les publications se concentrent sur les sciences physiques et technologiques, montrant l'importance historique de la place qu'occupe désormais l’industrie lourde dans l’économie chinoise.

La Chine se place désormais au troisième rang mondial en termes de dépenses brutes en recherche et développement (R&D) et continue de progresser. Elle envisage d'allouer l’équivalent de 2% du produit intérieur brut à la R&D, contre 1,5% en 2009 et 0,5% en 1995. La croissance annuelle des dépenses en R&D a progressé de 18% entre 1995 et 2005. Les entreprises du pays dépensent le plus dans la R&D que l'Etat chinois. En 2008, les organismes publics chinois comptaient pour 24,6% des dépenses, et l’industrie pour 72,3%, selon les données de l’Organisation de coopération et de développement en Europe (OCDE). Les entreprises conservent, en Chine, des relations très étroites avec l’Etat.

Selon Marc Chevallier dans Alternatives économiques, la Chine a déjà doublé ses dépenses de R&D entre 2000 et 2005 et avait atteint la quatrième place mondiale par le montant de ses dépenses en valeur absolue et la huitième place en pourcentage du PIB. La Chine est au quatrième rang mondial des brevets déposés en technologies propres, elle "vise à passer de plus en plus du statut d'imitateur à celui d'innovateur". La qualité des études supérieures s'est améliorée, et elles se sont internationalisées, en insistant plus particulièrement sur l'ingénierie. Depuis 1999, le nombre d'inscriptions et de diplômés s'est accru de 20%. Le nombre d'étudiants chinois a atteint 25 millions sur un total de 140 millions dans le monde. Le nombre de chercheurs a progressé de 60% entre 2000 et 2005, à 1,1 million, contre 1,4 million pour les Etats-Unis et 1,3 million pour l'Union européenne. L'Etat a donné l'impulsion à la recherche, et encourage également le secteur privé à s'impliquer davantage. Les effectifs de la recherche privée représentaient en 2007, 60% des chercheurs du pays, contre 36% en 1998. Cependant, la densité de chercheurs dans la population est de 1,4 pour 1000 habitants, contre 9,2 aux Etats-Unis et 5,2 dans l'Union européenne, une faiblesse que le pays devra relever.

En 2009, le nombre de brevets déposés par la Chine devant l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) a augmenté de 29,7%, alors que les dépôts totaux ont reculé de 4,5%. Cependant, la Chine occupe toujours la cinquième place mondiale. Les Chinois sont très concentrés sur l’aval du secteur de la recherche, et s'intéressent très peu à la recherche fondamentale. Pour la R&D, ils se sont plus concentrés sur l'aspect du «développement» que de la «recherche», sur les applications concrètes.

Depuis 1870, aux Etats-Unis, le PIB réel par habitant a en moyenne augmenté de 1,85% par an, et ce, malgré les Guerres mondiales, la grande dépression, les chocs économiques et sociaux. Le progrès technique a été de beaucoup dans cette progression ininterrompue. La diffusion progressive des dernières technologies disponibles a entraîné une augmentation de la productivité, ce qui a imprimé un rythme régulier à la croissance dans le long terme. Pendant certaines périodes, le progrès s'est accéléré avec la généralisation du chemin de fer, de l’électricité, de l’automobile, des automatismes industriels, du numérique et sans doute pour l'avenir des bio ou nanotechnologies. Ces bonds technologiques, permettent de générer de nouveaux marchés de biens ou de services et la création de nouvelles activités.

Il y a eu dans le passé de nombreuses inventions, découvertes ou créations qui ont été des réponses directes à des situations de crise : le télégraphe a accélèré les communications en France pendant la période de guerre révolutionnaire. Le café soluble a été créé pour répondre au besoin des Brésiliens de destocker leur surproduction de café. Le premier puits de pétrole moderne, foré en 1859 par Edwin Drake, a lancé l'industrie pétrolière qui a radicalement changé le monde et permis de relever de nombreux défis. Edwin Drake a permis d'extraire du pétrole à moindre coût, des millions de personnes dans le monde ont pu éclairer leur maison dans la nuit, et aussi lire et s'éduquer. La distillation a permis de produire du kérosène qui a engendré un produit dérivé, l'essence. Dans un premier temps l'essence fut indésirable et ignoré, jusqu'à ce que l'invention du moteur à combustion interne par les Européens dans les années 1880, et plus tard, la production en masse d'automobiles aux Etats-Unis un peu avant la Première Guerre mondiale, fassent de ce produit dérivé un bien indispensable.

Des astrobiologistes de la Nasa ont mis en évidence la présence d’acides aminés extra-terrestres sur des échantillons de la comète Wild 2. Auparavant, des acides aminés avaient été trouvés sur des météorites. En janvier 2004, ces échantillons avaient été prélevés dans la queue de cette comète par la sonde Stardust de la Nasa à 390 millions de kilomètres de la Terre. Les acides aminés sont les constituants de base des protéines formant l’intégralité des organes, cellules et enzymes des organismes vivants. Ils existent sous une vingtaine de formes différentes dans le code génétique. La forme découverte sur la comète est la glycine. Cependant, il a fallu «longtemps aux chercheurs pour s'assurer qu'elle ne provenait pas d'une contamination et qu'elle était bien d'origine extraterrestre». ( 20minutes.fr). La Nasa a déjà identifié la présence d'eau sur la planète Mars et aussi des hydrocarbures dans d'autres endroits de l'espace cosmique. La NASA a également détecté l'équivalent de 95 litres d'eau gelée, stockée au fond du cratère appelé Cabeus, qui n'est jamais directement exposé à la lumière du Soleil, proche du pôle Sud de la Lune, en réalisant la collision volontaire de deux engins sur sa surface. Le 9 octobre 2009, la sonde LCROSS a catapulté un projectile. Les analyses ont mis en évidence la présence de molécules d'eau dans le panache soulevé par le choc. Leur quantité est telle qu'aucun doute n'est permis sur leur nature. (lemonde.fr du 14/11/09 ; jdf.com du 12/02/10).

D'après Dmitri Mendeleïev en 1877, dont la théorie biogénique de la formation des hydrocarbures a été confirmée par les rapports isotopiques de leurs atomes de carbone et d'hydrogène, le pétrole et le gaz naturel (à base de méthane) sont des combustibles fossiles qui se forment en l'absence d'oxygène par dégradation bactérienne et thermique de matières organiques marines ou lacustres enfouies (à plusieurs milliers de mètres) au cours des temps géologiques. Le pétrole apparaît d'abord, puis, à plus grande profondeur, le gaz naturel. Cependant, l'école russo-ukrainienne de géophysique affirme depuis les années 1930 que les hydrocarbures peuvent aussi provenir de réactions chimiques. Des astronomes, constatant l'existence de méthane sur certaines planètes du Système solaire, vont dans le même sens.

Le manteau terrestre (hutterstock/ Lorelyn Medina)

Les résultats expérimentaux de Anton Kolesnikov et Alexander Goncharov, de l'Institution Carnegie, à Washington, associés à Vladimir Kutcherov, de l'Institut royal de technologie de Stockholm ont à leur tour démontré que de l'éthane, du méthane et d'autres alcanes plus lourds peuvent être produits dans des conditions de pression et de température qui sont celles du manteau supérieur de la Terre, la couche située sous la croûte terrestre, en l'absence de toute dégradation bactérienne. Mais la preuve de la présence d'hydrocarbures dans le manteau terrestre n'est pas encore faite. Les chercheurs ont placé du méthane (CH4) ou de l'éthane (C2H6) dans une cellule à enclumes de diamant, qu'ils ont chauffée par un laser, de façon à reproduire les conditions physiques régnant entre 70 et 150 kilomètres de profondeur : une pression de deux gigapascals (20 000 fois la pression atmosphérique), et une température de 750 à 1 300 °C. Le méthane s'est transformé en éthane, en propane (C3H8) et en butane (C4H10), en libérant de l'hydrogène et du graphite (du carbone) ; inversement, du méthane a été obtenu à partir d'éthane.

A.Kolesnikov et V. Kutcherov

Structure de la Terre montrant la formation hypothétique d'hydrocarbures dans le manteau supérieur et leur transport vers la croûte terrestre par des failles. L'encart illustre la formation d'éthane (C2H6), de propane (C3H8) et de butane (C4H10) à partir de méthane (CH4).

Les géochimistes pensent que des alcanes pourraient se former dans le manteau supérieur à partir du carbone et de l'eau qui y sont présents. Dans les conditions de température et de pression qui y règnent dans le manteau, il n'est pas exclu que ces alcanes réagissent pour donner naissance aux hydrocarbures dont est constitué le pétrole. Déjà en 2004, l'équipe d'Henry Scott, de l'Université de l'Indiana, avait montré, en utilisant aussi une cellule à enclumes de diamant, que des bulles de méthane se forment lorsqu'on expose de l'oxyde de fer, du carbonate du calcium et de l'eau à des températures de 500 à 1 500 °C et des pressions de 5 à 11 gigapascals. Des modélisations de l'équipe de Larry Field, des Laboratoires américains Lawrence Livermore, ont montré également que du point de vue thermodynamique, le méthane peut rester stable pendant des millions d'années à 500 °C et 7 gigapascals.

Peut-on en produire en quantités exploitables ? A. Goncharov et ses collègues pensent que leurs résultats sont une indication utile pour l'exploration : les zones où le manteau supérieur affleure, notamment les rifts océaniques, pourraient receler des réserves ainsi formées, mais jusque-là négligées. Jean-Luc Charlou et ses collègues du Laboratoire de géochimie et métallogénie de l'Ifremer, à Brest, ont mesuré depuis les années 1990, au cours de campagnes d'exploration océanique, des concentrations élevées en hydrogène, méthane et d'autres hydrocarbures dans les fluides de sept sites hydrothermaux de la dorsale médio-Atlantique, là où les roches du manteau affleurent pour former le plancher océanique. Des équipes américaines, japonaises et norvégiennes ont confirmé ces observations sur la dorsale de l'océan Indien et la dorsale arctique, preuve que des hydrocarbures légers se forment dans les dorsales et peut-être plus en profondeur, dans le manteau supérieur. (wikio.fr du 01/09/09, pourlascience.fr, Jean-Jacques Perrier, La Recherche Le Monde).

Postulat 2 :
Sans énergie, il n’y a point de mouvement. Quelle est alors l’origine de l’énergie humaine et quelle est la nature du mouvement qui anime et fait évoluer les activités économiques ?

L'univers déborde d'énergie issue de la cosmoscience (macroscience pour le commun des mortels) qui produit des vibrations, de la pression, de la chaleur ou autre source énergétique cosmique. Les êtres vivants dont l'Homme ont besoin d'énergie pour se mouvoir et travailler. L'énergie fossile est connue de tous. Les plantes vertes captent leur énergie par l'entremise de la photosynthèse. Les aliments, les éoliennes, les barrages hydroélectriques, les centrales thermiques ou nucléaires fournissent l'énergie à l'Homme. De cette utilisation surviennent des pertes énergétiques. Le déploiement des méthodes de captation par l'électrotechnique peut la capturer et la récupérer avec des équipements nomades et des capteurs dans l'environnement immédiat ou lointain. Les matériaux piezoélectriques permettent par vibration en les soumettant à une pression de générer une tension électrique. Le quartz est le plus connu de ces matériaux, il a été utilisé à partir des années 1920 pour alimenter les montres. Actuellement, on utilise le plus souvent le PZT (titano-zirconate de plomb). D'autres types de ces matériaux émergent petit à petit, ce sont des monocristaux du type PMN-PT, découverts pendant les années 1980, dont le taux de conversion s'approche de 1.

Sur le marché, on trouve plusieurs kits piezoélectriques pour collecter l'électricité, dont le Joule-Thief d'AdaptivEnergy qui peut fournir jusqu'à 0,13 mW à partir de vibrations régulières de 15 hertz, pour alimenter un capteur sans fil installé sur un moteur, un compresseur, une turbine, une pompe... L'inconvénient est qu'ils ne peuvent être exploités industriellement, compte tenu de leur faiblesse en économie d'énergie, mais ils permettent de s'affranchir de câbles pour l'alimentation, ou de pile et peuvent servir à alimenter les équipements nomades et les automobiles (GPS, tableau de bord...). On les appelle les microsources d'énergie. A Londres, le "Club4Climate" du "millionnaire vert" Andrew Charamlambous utilise l'énergie des danseurs pour éclairer la boîte de nuit. Pour cela, le sol est monté sur des ressorts, et exerce des contraintes mécaniques sur des équipements piezo qui fournissent 50 à 60% des besoins énergétiques. Autre exemple, l'américain Midé a développé dans la technologie hybride, le Volture Solar Energy Harvester qui est capable de convertir l'énergie solaire et vibratoire pour alimenter des capteurs environnementaux urbains.

La piezoélectricité est déjà utilisée pour récolter l'énergie produite par les vibrations des machines et alimenter des capteurs autonomes dans les usines. Il reste à créer des systèmes efficaces à basses fréquences pour récupérer l'énergie des mouvements du corps. On trouve aussi d'autres microsources d'énergie comme la thermoélectricité, l'électromagnétisme ou le photovoltaïque. En 2013, les récupérateurs d'énergie représenteraient un marché de 164 millions d'unités et pourraient par la suite croître de 65% par an. L'homme aura bientôt de manière généralisée recours aux énergies renouvelables que sont le solaire, l'éolien, le biomasse, l'hydraulique, la géothermie, etc., qui sont inépuisables et moins polluantes que les énergies fossiles, une manière de limiter l'impact de l'homme sur l'écosystème avec l'usage des énergies fossiles comme le nucléaire dont la gestion des déchets nucléaires n'est pas réglée.

Certaines énergies renouvelables sont issues de plusieurs cultures tels le blé, le colza, le soja ou la palme qui sont des matières premières végétales permettant de produire les biocarburants. Le processus de production de ces carburants passe par plusieurs étapes (culture intensive des végétaux, transfert vers des usines de production, les dépôts et les stations de distribution...) et nécessite l'utilisation des pesticides, des engrais et des engins mécanisés qui consomment des énergies fossiles et rejettent des gaz à effet de serre. D'autres types d'énergies renouvelables comme les éoliennes nécessitent également des dépenses énergétiques importantes, mais l'impact environnemental des sources renouvelables d'électricité est largement en dessous de celui des sources fossiles.

En matière stratégique et scientifique, toute dispersion de forces inconsidérée conduit à une perte d'énergie. Toute perte d'énergie incontrôlée entraîne à un affaiblissement ou une disloquation de forces.

Postulat 3 :
La force de travail gouverne le mouvement imprimé aux activités économiques. Est-elle la seule ?

Postulat 4 :
En économie, il existe une multitude de forces qui façonnent l'apparition, la vie, la croissance et la disparition des entités, parmi lesquelles on distingue : les forces de rappel à l'ordre qui ramènent au point de départ après multiples oscillations, sans infliger de sanctions sévères, elles dissuadent et réduisent les écarts ; les forces de réaction qui sont coercitives ou punitives, elles infligent des sanctions dont la mesure est fonction du degré d'écart par rapport à la sagesse, la vérité, la justice, la liberté justement contrôlée, la raison ou la science ; les forces d'entraînement qui poussent inéxorablement vers la recherche de l'efficacité, de l'excellence et de la croissance économique dans des conditions précises, et, permettent la réalisation des objectifs définis au préalable ; les forces d'apparition, de développement, de croissance et de maturation qui construisent ou reconstruisent un ordre économique et social nouveau et corrigent les erreurs antérieures ; les forces stratégiques qui déterminent et visent des objectifs à atteindre ; les forces de conviction qui renforcent la foi en la réalisation des objectifs visés ; les forces de destruction qui balaient ou écrasent un ordre économique et social ancien, imbibé d'injustices, de malhonnêteté et exempte de sagesse, de raison et de vérité ; les forces de réduction qui accompagnent l'expansion jusqu'à un point limite (la taille critique) au delà duquel tout enrichissement est vain ; le pouvoir qui est une concentration de forces au service du commandement pour bâtir les objectifs à viser (le pouvoir politique utilisera les forces politiques, le pouvoir économique utilisera les forces économiques (exemples : le tsunami financier qui est soit une force de réaction ou une force de destruction selon les cas, pour punir ou sanctionner les écarts, les moyens financiers pour investir), le pouvoir militaire utilisera les forces armées, le pouvoir judiciaire utilisera la force de la loi avec son corollaire les forces de sécurité (police, gendarmerie) ; la puissance économique est une multiplication à l'identique en un certain nombre de fois de l'effet de croissance pendant plusieurs périodes successives et d'un facteur constant, ou bien le résultat du produit issu de différents effets de croissance pendant plusieurs périodes de temps successives, elle décuple les forces ; les forces démocratiques permettent au pouvoir de ne pas basculer dans la dictature ou l'inhumanité (par exemple les forces d'opposition)...

Postulat 5 :
La célérité de la résolution d'une crise dépend de la qualité du management, de la stratégie mise en place, de la justesse de l'optimum des solutions retenu, des moyens mis en oeuvre pour la résoudre, de l'efficacité de la coordination des actes visant à la maîtriser ou la dompter, du degré de droiture démocratique des règles qui régissent le fonctionnement de l'organisation ou des institutions, du type de l'organisation, de l'état de connaissance de l'ampleur réelle de la profondeur des facteurs originels déclanchants et de la vitesse de réaction. La vitesse de propagation de la crise est le rapport entre la variation absolue des états d'avancement de la crise entre deux instants donnés et la variation absolue des instants en question. L'effet de la crise est la variation relative de deux états de la crise pendant deux périodes données. La gravité (aggravation ou affaiblissement) de la crise est le rapport entre l'effet de la crise (variation relative des états d'avancement de la crise) et la variation relative de deux instants donnés de cette crise. La vitesse de réaction est impulsée par la force de réaction visant à maîtriser ou à dompter la crise, sa rapidité dépend de la capacité des managers à prendre et à coordonner le plus rapidement possible les décisions les plus adéquates au moment le plus opportun.

L'épicentre de gravité de la crise est le lieu central de sa formation, où se concentre son énergie. Il a pour fonction d'amplifier l'intensité de la force motrice de la crise quand le flux d'énergie s'accroît, et de la réduire ou l'annuler, quand le flux d'énergie baisse ou s'annule. La connaissance des facteurs ayant engendré la crise est une condition nécessaire mais non suffisante de résolution de la crise. L'assèchement des sources d'énergie (les océans par exemple) pour annuler la force motrice équivaudrait à priver les populations de source d'énergie (exemple du poisson). Une impossibilité logique. Que faut-il alors faire ? En amont, en aval, entre les deux.

Amont : Management stratégique, prévision et prévention, clignotant vert.

Entre les deux : Rupture stratégique, colmatage des fissures, extinction des braises, veille stratégique, nouvelle réponse, danger imminent, clignotant orange.

Aval : Erreurs stratégiques, désastre et reconstruction, clignotant rouge.

Exemple de la crise financière : les mécanismes de la contagion

Source : alterinfo.net

Source : Le Monde

Il vaut mieux quand faire se peut anticiper une crise que de la subir, car les conséquences sont souvent désastreuses pour les entités ou les systèmes. D'après certains spécialistes et la presse, le montant réel des actifs toxiques en circulation dans le monde est de 600 000 milliards de dollars (Larouche, usinenouvelle.com, alterino.net...). Une telle éventualité entraînerait inéluctablement à la suite du tsunami financier, un tsunami économique.

Les dégâts causés par la crise financière aux Etats-Unis sont énormes. Les travailleurs américains payent le prix fort : 25 millions d'américains expulsés de leur logement depuis mars 2008 auxquels s’ajoutent 10 000 locataires expulsés chaque jour depuis septembre 2008. Des milliers de fonds de pensions sont partis en fumée». Les CDS représentent 62.000 milliards de dollars. Le PIB mondial représente moins de 50.000 milliards de dollars. La titrisation représente 630.000 milliards de dollars. L’organisme de contrôle chargé de la surveillance des marchés, la SEC (Securities and Exchange Commission) a été «détruit», en accord avec l’idéologie libertarienne désirant moins d’état, moins de contrôle, voire la disparition des côntroles. Le service du contrôle des CDS de la SEC donc, l’organisme qui devait surveiller les marchés est passé de 147 employés à 1 seul. Incroyable mais vrai! Cette information a été donnée par Peter Welsh, représentant du Vermont au Congrès, qui a été reprise par Lynn Turner chef comptable de la SEC (donc, quelqu’un de fiable!) qui, témoignant sous serment a déclaré : «Je pense qu’un écrémage systématique – appelez ceci comme vous voudrez – parmi les fonctionnaires a eu lieu dans cette administration, afin de saper ses capacités de contrôle.» Le bureau du budget du Congrès (CBO) a, dans son rapport de janvier 2009, indiqué que « les fonds publics et privés de retraite aux Etats-Unis ont fondu de quelque 2.000 milliards de dollars ces 18 derniers mois ». En Europe, c’est la même chose, ainsi, les caisses de pension suisses ont perdu environ 18,8 milliards d'euros à cause de la crise financière. (Source : AFP). En France, selon Bernard Devy, membre (FO) du conseil de surveillance du Fonds de réserve des retraites, l'Organisme aurait perdu "environ 25%" de sa valeur depuis le début de l'année 2009. Vendredi 16 janvier 2009, Arnold Schwarzenegger gouverneur de la Californie a déclaré: « la Californie est à quelques semaines de la cessation de paiement ». (Source : Calculated Risk). L’agence Bloomberg a fait le bilan du coût de la crise aux USA : 7 400 milliards de dollars, auxquels il faut ajouter 1800 milliards de dépenses supplémentaires soit plus de 60% du PIB américain dépensé en 3 mois ! Pour rappel, le montant de la dette publique des Etats-Unis a franchi le cap des 10.000 milliards de dollars, selon le "rapport mensuel sur la dette" visible sur le site du Trésor américain de novembre 2008. (source : alterinfo.net du 16/11/08, Gilles Bonafi).

Les produits dérivés représentent l’essentiel de la masse monétaire, 630 000 milliards de dollars, c'est à dire 13 fois le PIB mondial. Les CDS (Credit default swap) qui sont au cœur de la tempête représentent 62 000 milliards de dollars dans le monde. Les CDS sont des contrats financiers entre acheteurs et vendeurs de protection. Il n’y a aucun fond pour garantir ces contrats et en cas de difficultés, le vendeur de protection est obligé de fournir de l’argent bien réel. Ces opération n’apparaissent pas dans le bilan des organismes financiers (on appelle cela une « exposition hors bilan »). L’OCC (Comptroller of the Currency, l’autorité de tutelle des banques a déclaré le 30 juin 2008 que les banques commerciales US possédaient 182 100 milliards de dollars de produits dérivés. Son dernier rapport (30 septembre 2008) précise que JP Morgan Chase détiendrait 43 000 milliards de dollars en produits dérivés et Citigroup 17 500 milliards soit plus que le PIB mondial. Les sommes en jeu sont colossales et, pour rappel, les entreprises sont interconnectées à l’aide de CDS pour un montant de 62 000 milliards de dollars. (alterinfo.net du 30/11/08).

L'année 2008 est la première où les baby boomers atteignent l'âge de 62 ans avec la frénésie de retraite supposée commencer (car les gens pouvaient commencer à bénéficier de leurs retraites). Or l'économie plonge et de nombreux autres départs à la retraite sont retardés. Donc un grand nombre de travailleurs qui avaient prévu leur départ à la retraite devront travailler jusqu'à leur mort, rejoignant ainsi les millions d'autres baby boomers qui n'ont jamais eu de tels rêves. La destruction délibérée des retraites (par répartition ndlt) et leur remplacement par le 401(k) (retraite par capitalisation en actions ndlt) a été , un pas de géant pour attaquer la retraite, mais avec la crise, les effets ruineux commencent tout juste à apparaître. Fin Septembre 2008, juste avant que la crise commence à prendre de l'ampleur, on a découvert qu'en 2007, la valeur des comptes en actions (401(k) avait perdu près de deux mille milliards de dollars, et la perte a pris de plus en plus d'ampleur avec la crise. Or près d'un tiers de ceux qui ont souscrit au 401(k) et qui ont la soixantaine, avaient placé 80% de leur argent en actions (Les fonds de pension ont été détruits de manière similiaire). Le 401(k) était le plan du siècle. Les entreprises se sont déchargées des "pesantes" retraites et ont utilisé les forces combinées des médias et des politiciens pour vendre leur ruse au public, au grand bénéfice de Wall Street. On a dit aux travailleurs que le cycle des effondrements boursiers était terminé et que les placements en actions étaient sûrs. D'autres facteurs y ont contribué : les taux étaient si bas que les investissements dans les bonds du trésor et autres instruments moins risqués offraient que de petits retours, et comme les employés ont cessé de contribuer aux fonds de retraite, il était nécessaire d'avoir un plus important retour sur investissement.

En outre, les entreprises ont baissé les salaires depuis les années 70, il y a eu moins d'argent à épargner pour la retraite, ce qui a créé une atmosphère de désespoir. Donc, après la bulle high tech - qui a emporté avec elle des millions d'économie de personnes ayant investi dans le 401(k) - le marché de l'immobilier est devenu l'endroit pour investir. Pour des millions de personnes, la maison dans laquelle ils vivaient était leur nid, ils avaient planifié de la vendre et d'en acquérir une plus petite. Il n'en est plus question. Le Républicain Robert Andrews, (D-NJ) qui préside le sous comité à la santé à l'emploi au travail et aux retraites au Sénat, l'a dit cruement " certains auront trés peu, d'autres auront presque rien, et certains n'auront rien quand ils prendront leur retraite. " Ce processus s'accélère avec les mises en faillite qui détruisent les "obligations de retraite". Des obligations s'appliquent également aux travailleurs déjà à la retraite dont beaucoup voient leur retraite diminuée de moitié, les obligeant à reprendre un emploi. (alterinfo.net, Shamus Cooke du 15/12/08).

Un taux de chômage élevé, des banques se sont effondrées comme un château de carte, la déflation s'annonce, la demande des biens et des services s'est détériorée, les déficits monstres persistent, la crise économique s'amplifie, et la défaillance du système de surveillance et de contrôle des activités économiques s'est dévoilée. Les Etats-Unis se sont engouffrés, dans le sillage de l'effondrement du système de surveillance à Wall ‎Street, ce temple du capitalisme, dans la pire crise économique que les annales de leur histoire a enregistrée durant ces 80 dernières années. (alterinfo.net du 20/12/08). "Le manque de confiance est total. Le marché interbancaire ne fonctionne pas et génère des cercles vicieux: les consommateurs ne consomment pas, les entrepreneurs n'embauchent pas, les investisseurs n'investissent pas et les banques ne prêtent pas".

Il faut se préparer à vivre dans un monde en faible croissance, avec une baisse des niveaux de valorisation de l'ensemble des actifs, qu'ils soient financiers, immobiliers ou monétaires. Les moteurs de la croissance des années d'après-guerre fondés sur la capacité des ménages occidentaux à consommer toujours plus, grâce à la progression du pouvoir d'achat et à une offre de crédits quasi illimitée, n'ont plus aucune chance de fonctionner. Car avec une dette totale (dette privée + dette publique) des Etats-Unis qui représente désormais 350 % du PIB, la capacité d'endettement des ménages et des Etats a atteint un plafond qu'il sera impossible de dépasser. Il faudra inévitablement passer par une phase de plus grande modération dans l'utilisation des leviers du crédit et par la nécessité de reconstituer un volant d'épargne. Tout cela pèsera inévitablement sur la croissance. La consommation et les revenus vont considérablement baisser avec l'arrivée à la retraite de toute la génération des baby-boomeurs de l'après-guerre. (jdf.com du 20/12/08). Dans ses conditions comment l'Amérique peut-elle retrouver son rôle de locomotive de l'économie mondiale ?

La crise actuelle est essentiellement celle des produits financiers dérivés, un système spéculatif sur le point d'exploser, mis sur pied par Alan Greenspan lorsqu’il prit la direction de la Réserve fédérale. Ce sont de millions de milliards de dollars de dettes, qui n'offrent aucune possibilité de les honorer ou de les apurer. Un danger pour l'humanité. Lyndon Larouche propose une réorganisation du système monétaire et financier consistant à appliquer à l’ensemble du monde une procédure de réorganisation financière, dans l’esprit des politiques appliquées par Franklin Roosevelt en 1944 et qu'il présenta lors de la conférence de Bretton Woods en 1944, à l'opposé de ce que Truman commença à promouvoir à partir de 1945. Il s’agit de créer un système international de crédit, fondé sur des cours de change fixes, et de mettre en œuvre un véritable programme de redressement économique et financier. Pour Larouche, la décision du gouvernement américain en place d’imposer sur le marché interbancaire des taux d’intérêts quasiment nuls, à peu près comme on l’a fait avec le Yen il y a quelques années, est une folie pure dont on ne tardera pas à voir les résultats, elle aura des conséquences incalculables. Il est donc impérieux de clore avec le type de système instauré depuis 1971-1972, pour en revenir à un système de parités fixes, fondé sur un système de crédit et non sur un système financier. Pour lui, les Etats-Unis ont une particularité unique en tant que nation, qui est de posséder un système de crédit, alors que les pays européens sont dotés de systèmes financiers, c’est-à-dire de systèmes monétaires. Or en vertu de la Constitution américaine, la création monétaire, ou création de crédit, est un acte souverain du Président des Etats-Unis, avec le consentement de la Chambre des représentants. Un crédit qui peut ensuite être utilisé, et monétisé, comme le prévoient la loi et la fonction régalienne du Président. Larouche propose de faire appel à la Constitution américaine, avec ses clauses définissant ce système de crédit, pour conclure des accords ratifiés par traités avec d’autres nations, en vue d’établir un système de crédit à parités fixes. Un objectif qui vise essentiellement d’émettre du crédit, qui puisse être utilisé au niveau international pour des investissements capitalistiques à long terme dans l’économie mondiale. Pour que cette initiative fonctionne, il faut au préalable éliminer la plupart des produits financiers dérivés, qui sont de toutes façons impayables, vu l'impossibilité de satisfaire les besoins du système financier actuel. Car selon lui, la quantité d’argent nécessaire pour rembourser les millions de milliards de dollars de cette dette, en majorité frauduleuse, n’existera jamais. Il faut donc effacer la partie polluée de la dette en la considérant comme une perte nette, afin de revenir à un système de crédit fondé sur l’idée d’Etat-nation, à long terme, pour une génération, un demi-siècle, voire un siècle entier, en fonction du type d’investissement, à l’opposé de ce nouveau système financier international assez bizarre auquel l'humanité est assujettie. L'initiative devrait de toute évidence résulter d’un accord entre les Etats-Unis, la Russie, l’Inde et la Chine, parce que c’est là, en Asie (en y intégrant le rôle de la Russie en Eurasie), que se trouve la plus vaste concentration de pauvreté avec 40% de la population mondiale, donc le plus grand besoin de développement.

En Inde, par exemple, 63% des habitants souffrent d’extrême pauvreté et il est peu probable que cette population puisse rapidement accéder d’elle-même à une meilleure productivité. La solution se trouve dans la mise en oeuvre de grands projets d’infrastructures, tels que des centrales nucléaires et autres équipements de ce genre, indispensables pour relancer son infrastructure et augmenter les pouvoirs productifs de sa force de travail. Avec l’effondrement des marchés américains, la Chine s’effondre, et c’est donc désormais tout le système chinois qui est en crise. Cela va se répercuter rapidement sur le reste du monde, amplifiant encore l’instabilité générale. La Russie a un rôle fondamental à jouer parce qu’elle a une culture eurasiatique, ni européenne ni asiatique. C’est le cas depuis environ l’époque de Gengis Khan. Seules les richesses en matières premières, majoritairement présentes dans le nord de la Russie, permettront la croissance économique de pays tels que la Chine et l’Inde, avec l’utilisation de technologies que seuls les Russes maîtrisent. L'Institut Vernadski par exemple s'est spécialisé dans la façon d’ouvrir à l’exploration minière certaines régions comme la toundra, l’Arctique ou la région sub-Arctique. Cela consiste non seulement à creuser dans le sous-sol, mais aussi de mettre au point un système de gestion des matières premières. Cela nécessite de mobiliser les Amériques, en particulier les Etats-Unis, ainsi que l’Europe, pour jouer, à nouveau, un rôle de premier plan dans le domaine de la science et de la technologie, s’intégrant dans un processus de développement de toute la planète, y compris l’Asie et l’Afrique, et développant le monde afin que l’humanité s’épanouisse pleinement. (alterinfo.net du 20/12/08, conférence de presse de Lyndon H. LaRouche à Strasbourg, au Parlement européen, le 17 décembre 2008).

Selon les statistiques rendues publiques mardi 19 mai 2009, les actifs financiers extérieurs de Chine atteignaient, fin 2008, 2920,3 milliards de dollars, en augmentation de 23% ; les dettes financières extérieures étaient de 1401,3 milliards de dollars, en accroissement de 17% ; les actifs financiers nets étaient donc de 1519 milliards de dollars, en hausse de 31%. Les investissements directs étrangers en Chine ont totalisé 169,4 milliards de dollars, représentant environ 6% du total des actifs financiers étrangers du pays fin 2008. Les 1970 milliards de dollars de réserves en devises étrangères du pays représentaient 67,3% de ses actifs financiers étrangers fin 2008. La Chine détient 1 054 tonnes de réserves en or, ce qui la place au 5ème rang mondial en la matière, ayant quasiment doublé ses réserves du précieux métal. Les réseves en devises chinoises ont augmenté de 2 milliards de dollars par jour pendant le deuxième trimestre de l'année 2009. Elles ont été constituées grâce à son excédent commercial, ses profits tirés de ses investissements à l'étranger et des intérêts perçus sur des prêts accordés à ses partenaires. A ce rythme, fin juillet 2009, elles atteindront la coquette somme de 2200 milliards de dollars, soit une progression de 20% par rapport à juillet 2008, trente fois plus qu'en 1995 dont le montant n'était que de 70 milliards de dollars. Près de 90% des réserves chinoises sont investis en bons du Trésor américains (french.peopledaily.com.cn du 21/05/09, xinhua, contreinfo.info du 20/05/09, Jeune Afrique).

Pour nous économistes relativistes, l'idée de Larouche d'annuler la partie de la dette polluante répond exactement à nos attentes, afin de donner suite au besoin de relance et de développement économique globaux, sains et sans exclusion. Cependant, la relance par le crédit nécessite un certain nombtre de gardes-fous, afin d'éviter la répétition pour les générations futures des erreurs et fautes précédentes qui entraîneraient des conséquences et effets similaires, car les précédentes grandes crises n'ont pas été suffisamment formatrices pour empêcher la formation et l'éclatement d'autres bulles financières. Si les Etats-Unis consommaient à nouveau du crédit à outrance, ils redeviendraient à moyen ou long terme débiteurs du reste du monde. Si au contraire, ils jouaient le rôle d'émetteur de crédits, ils deviendront de facto la "Banque Centrale du monde" créant et distribuant de la monnaie partout où besoin se ferait sentir. Il y a là un risque politique, puisque le système démocratique fait changer les dirigeants. Des absolutistes au pouvoir peuvent à tout moment en changer l'usage. Les moeurs politiques doivent donc aussi évoluer. Il est plus que souhaitable de quitter un monde de la dépendance absolue vers celui de l'interdépendance relative. Cela supposerait l'organisation multipolaire d'organismes de gestion de tels crédits dans des zones économiques homogènes et interdépendants, ayant tous les mêmes attributs. Il s'agit pour l'humanité d'imaginer d'autres modes de fonctionnements plus transparents, plus démocratiques, plus confiants et mieux gérés.

Postulat 6 :
L'intensité de la force d'un tsunami financier dépend entièrement du degré de "toxicité" et de l'étendue du volume des actifs "toxiques" dans le volume global des actifs financiers en circulation et de la gravité de la crise financière. Le degré de "toxicité" est le poids de la valeur monétaire des actifs "toxiques" dans la masse monétaire en circulation. Toute crise financière ne conduit pas nécessairement à un tsunami financier. Toute autre crise non tsunamique aurait un impact plus réduit que celui engendré par la force du tsunami financier. Un tsunami financier est une crise systémique globale.

D'après les centres d'alerte aux tsunamis, un tsunami est un raz de marée foudroyant suite à un puissant séisme de forte magnitude.

L'économie d'un pays est en danger latent ou potentiel lorsque la valeur des actifs "toxiques" augmente, mais reste en dessous du revenu national, nous disons alors que le tsunami financier est latent ou potentiel. L'association d'autres facteurs comme l'ampleur de la dette, des déficits, de la fuite de capitaux, la corruption ou les détournements de fonds, l'inondation de fausse monnaie ou la pesanteur et l'inertie de l'absolutisme des dogmes ambiants prééminents peuvent contribuer à déclencher une crise financière. Quand la valeur des actifs "toxiques" atteint et dépasse le montant du revenu national, la vague entraînée par le tsunami financier acquiert petit à petit de l'énergie et de la vigueur et finit sa course en se déferlant sur les cotes des marchés financiers, nous disons que le tsunami financier est en activité. Le degré de "toxicité" des actifs "toxiques", l'étendue du volume de ces actifs "toxiques" dans le volume global des actifs financiers et la gravité de la crise sont les éléments déterminants de la transformation du tsunami financier en tsunami économique. Un tsunami économique est une généralisation de la crise économique susceptible de se transformer en grande dépression.

La contamination des économies environnantes ou lointaines et la vitesse de propagation, dépendent de leur degré d'imbrication avec l'économie en cause et de l'ampleur de leur implication dans l'exposition aux actifs "toxiques" en question. La meilleure manière de sortir de la crise est de conserver les sources d'énergie en se débarassant le plus rapidement possible de toute la "pollution" financière, comme l'on procède dans les cas de la pollution des sources d'eau, compte tenu de l'impossibilité de soigner ou de conserver en bonne santé les vies contaminées dans ces eaux polluées. Toute autre solution prise ne peut être que complémentaire ; dans le cas de substitutionnalité, cette dernière retarderait l'avancée de la crise pour un certain temps, mais occasionnerait dans le même temps une amplification de l'intensité de sa force, tout en multipliant et en répandant ses effets dévastateurs dans les structures financières, économiques et sociales.

Le Relativisme économique est une surprise pour Alan Greenspan

L'ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Alan Greenspan, accusé d'être à l'origine de la tourmente économique actuelle, a admis, jeudi 23 octobre 2008, à Washington lors de son audition par la Commission chargée du contrôle de l'action gouvernementale que la crise actuelle remettait en cause la supériorité d'un système, celui du "free market" auquel il avait toujours cru. "Oui, j'ai trouvé une faille. Je ne sais pas à quel point elle est significative ou durable, mais cela m'a plongé dans un grand désarroi." Le président de la commission, Henry Waxman, venait de rappeler à M. Greenspan les propos qu'il avait tenus dans le passé, selon lesquels "des marchés libres et concurrentiels sont de loin la meilleure façon d'organiser les économies, sans équivalent". L'ancien patron de la Fed a aussi admis avoir "fait une erreur en croyant que le sens de leurs propres intérêts, notamment chez les banquiers, était la meilleure protection qui soit". "En d'autres termes, vous trouvez que votre vision du monde, votre idéologie, n'était pas la bonne, ne fonctionnait pas ?", a renchéri M. Waxman. "Absolument, exactement, a répondu M. Greenspan. C'est précisément la raison pour laquelle je suis choqué, parce que cela faisait quarante ans et même plus que de façon très évidente cela fonctionnait exceptionnellement bien." Sur sa propre responsabilité dans la crise - M. Greenspan est accusé d'avoir favorisé la formation de cette gigantesque bulle spéculative en menant une politique monétaire laxiste -, l'ancien patron de la Fed s'est défendu en rappelant qu'il avait lancé des mises en garde il y a déjà trois ans. "En 2005, j'avais émis des inquiétudes quant aux conséquences néfastes d'une période prolongée de sous-estimation des risques."

"La crise cependant a pris une dimension beaucoup plus grande que ce que j'avais imaginé", a-t-il concédé, estimant que le marché du crédit vivait "un tsunami comme on en voit un par siècle". M. Greenspan a souligné que, dans la tempête actuelle, "les banques centrales et les gouvernements se retrouvent contraints d'adopter des mesures sans précédent". "J'ai fait une erreur en comptant sur l'intérêt privé des organisations, principalement des banquiers, pour protéger leurs actionnaires." "Ceux d'entre nous qui comptaient sur l'intérêt des établissements de crédit pour protéger les actionnaires (en particulier moi-même) sont dans un état de choc et d'incrédulité". "La crise a pris une dimension beaucoup plus grande que ce que j'avais imaginé". "J'ai trouvé une faille dans l'idéologie capitaliste. Je ne sais pas à quel point elle est significative ou durable, mais cela m'a plongé dans un grand désarroi." "J'ai eu en partie tort en n'essayant pas de réguler le marché des Credit Default Swaps". "Le modèle de gestion des risques tenait depuis des décennies. Mais l'ensemble de cet édifice intellectuel s'est effondré l'été dernier." "La raison pour laquelle j'ai été choqué, c'est que l'idéologie du libre marché a fonctionné pendant 40 ans, et même exceptionnellement bien". (lemonde.fr, cordonsbourse.blogs.liberation.fr, lefigaro.fr du 24 et 25/10/08).

Tant qu'elle était asymétrique, irréaliste, déraisonnable et illogique, la théorie de l'ultralibéralisme fonctionnait, Monsieur Greenspan, le Relativisme économique est la Théorie par excellence, elle s'imposera d'elle même à travers les âges. Car voyez-vous, selon le professeur Jean Claude Werrebrouck, les profits issus du secteur de la finance représentaient 14% du total des profits des entreprises américaines en 1960, en 2007, ils étaient à 39% de ce même total. La dette des ménages américains est passée de 46% du PIB en 1979 à 98% en 2007. Un tiers de ménages américains supporte une dette continue de 10000 dollars sur leurs cartes de crédits avec des taux allant de 11 à 15%...et jusqu’à 30% en cas de retard de paiement. Hormis cela, en France, les banques françaises assuraient à elles seules le quart des revenus de l’Etat au titre de l’impôt sur les sociétés. (source : contreinfo.info du 09/01/09, Jean Claude Werrebrouck, professeur d'économie à l'Université de Lille II).

Entre 2007 et 2008, années de crise, le taux de marge des banques en France sur les découverts et les crédits revolving a progressé de +15,6% et le taux de marge sur les crédits à la consommation s’est lui envolé de +44,5%. Ce sont les précaires, les revenus les plus faibles qui utilisent le plus ces outils d’endettement en proportion de leurs revenus. Pour des taux voisins de 20% (avec assurance), ces organismes n’avouent que 2% de défaillance (donc couvertes par les assurances). (alterinfo.net, le canard enchaîné du 06/02/09)... Les services financiers et immobiliers pèsent 31 % dans le PIB britannique, l'industrie, énergie comprise, représente tout de même 17,3 %. En France, le poids de l'industrie n'est que de 14,5 %, et celui des services financiers et immobiliers 32,9 %. Le secteur financier représentait 33,1 % du PIB en 2006 aux Etats-Unis. Dans l'ensemble, entre 25 et 30 % des richesses nationales des pays proviennent de ce secteur. (jdf.com du 16/02/09).

La pensée d'Alan Greenspan avant la crise économique généralisée

« Pour faciliter le financement, les garanties et l’instantanéité de tout ce commerce, le volume des transactions financières devait, lui, croître encore plus vite que le commerce lui-même. Il fallait inventer des formes entièrement nouvelles de finance, développer des dérivés de crédit, des titres garantis, des achats de pétrole à terme et autres, qui font que le système commercial mondial fonctionne beaucoup plus efficacement. A maints égards, l’apparente stabilité de notre commerce et de notre système financier mondiaux réaffirment le principe, énoncé par Adam Smith en 1776, simple et vérifié par l’Histoire : le libre commerce d’individus travaillant pour leur intérêt conduit à une économie croissante et stable ». « Même en tenant compte des failles de la gouvernance d’entreprise, les salaires des dirigeants sont, en dernier recours, assumés par les actionnaires et, on l’espère, volontairement. Je l’ai dit plus haut : le gouvernement n’a pas de rôle à jouer dans cette transaction. Le contrôle des salaires, comme celui des prix, mène à des distorsions inattendues et graves ». « les systèmes de Sécurité sociale existent virtuellement partout, plus ou moins développés. Par leur nature, ils inhibent le plein exercice du laisser-faire, principalement par des lois sur le travail et la redistribution du revenu ». « Le paradigme du PDG autocratique semble être la seule solution qui assure le bon fonctionnement d’une entreprise. Nous ne pouvons contourner l’impératif autoritaire de la structure actuelle de l’entreprise ». (alterinfo.net du 21/06/09).

Postulat 7 :
L'énergie humaine trouve sa source dans le produit issu du Big-bang et dans l'énergie cosmique.

C'est dans les cellules que se nichent des réactions chimiques qui consomment des matières organiques. Un homme adulte consomme en moyenne 10 000 kilojoules par jour (le kilojoule est une unité d'énergie). Du corps humain se dégage de la chaleur qui se répand sous forme de rayons infrarouges pouvant être enregistrées par des appareils. La peau possède une carte thermique et chaque organe humain a une température comprise entre 32°C et 38°C. Au repos la température du corps est de 37°C, elle varie entre 40°C et 42°C lorsqu'il est en pleine activité physique. Les cellules ont besoin d'énergie pour se maintenir et accomplir leur activité, qui se trouve dans les nutriments organiques comme le glucose, les acides gras, et, accessoirement les acides aminés, contenant une énergie potentielle non utilisable directement par les cellules qui les reçoivent. Pendant l'activité cellulaire, une partie de l'énergie est dissipée sous forme de chaleur et une autre est utilisée pour assurer le travail cellulaire.

Postulat 8 :
Il n'existe point de démocratie interne sans démocratie externe. En d'autres termes, la démocratie interne et la démocratie externe constituent ensemble la forme la plus développée et la plus aboutie de la gestion démocratique de la vie en cité et de la destinée des peuples. Toute autre forme est une imposture, une dictature pouvant conduire ou tendre à tout moment vers le fascisme dans certaines conditions de "température et de pression". Le multilatéralisme (multipolarité, transparence, pluralisme total, démocratie réelle) est l'unique manière d'assurer la paix, le bonheur, l'enrichissement, la sécurité des peuples et des nations et la pérennité des espèces. Toute autre forme suscite incompréhension, humiliation et conduit toujours à un conflit destructeur.

Tout déni des droits par des "instruments institutionnels raffistolés" pour des raisons de commodité électorale, éloigne le système de son caractère démocratique au sens relatif du terme. Un Conseil Consultatif de Sécurisation regroupant les représentants des instances comme le Conseil des Sages, le Conseil Constitutionnel, le Conseil de Sécurité, voire la cour suprême, avec le concours de pédagogues confirmés en la matière, dont le rôle serait de prévenir les troubles par la conscientisation des masses et des futurs candidats sur l'intérêt de la paix sociale, de l'unité nationale ou des peuples et du combat exclusif des idées, vaut mieux que l'exclusion.

En revanche, pendant les périodes troubles, certaines dispositions sont nécessaires pour ramener la paix, la sérénité, le dialogue et la prospérité. Le cas symptômatique du comportement des congolais face à la manifestation du virus Ebola et le malheur, diffusé sur télé Congo, ayant conduit à la mort de trois enseignants qui avertissaient les élèves sur les dangers liés à la propagation et la contamination, prouve qu'il est possible de pêcher par ignorance, une politique de sensibilisation par anticipation est donc nécessaire.

Comme en mathématiques, dans une situation conflictuelle complexe, l'intégration par partie est la seule voie qui reste pour conduire les nations vers une gestion démocratique globale des affaires de la cité-monde. C'est de cette manière que les nations doivent procéder pour renforcer, créer ou recréer une identité commune et un ensemble unique, uni et cohérent d'Etats, sauf si des efforts ont été consentis pour réunir certaines conditions qui permettent d'en accélérer la vitesse.

Postulat 9 :
Il n'existe pas en matière économique ou de démocratie, de liberté et de sécurité sans ordre. L'absence d'ordre englue l'imagination de "substance" nocive et conduit au chaos.

Il n'existe pas non plus d'économie saine ou viable, qui ne tienne compte réellement de l'intérêt général de la nation et de l'intérêt global des peuples et de l'humanité. Toute autre forme est une razzia. Toute forme d'économie qui exploite expressement une partie de son peuple est une razzia.

En matière de justice, toute injustice ou humiliation contient en elle les germes d'un conflit. Il n'est pas crédible, logique et juste de cautionner par la force une injustice et de s'octroyer ensuite l'autorité morale d'en condamner une autre, quelque soit l'état de sa puissance.

En démocratie relative, l'homme étant faillible, ses lois sont perfectibles. En conséquence, les peuples, les Etats, les ensembles d'Etats ou les Unions d'Etats doivent porter un regard critique sur les actes, les décisions ou le fonctionnement des institutions qui les mettent en oeuvre et les font mouvoir ; leur révocation ou éviction par les forces démocratiques peut s'avérer nécessaire dans les cas prouvés d'inefficacité, d'inéquitabilité ou d'incompétence flagrante, sinon un boycott collectif est recommandé jusqu'à l'instauration de la raison et la séreinité au sein de l'institution, à défaut de sa dissolution ou de son annulation pure et simple.

Une des méthodes efficaces à utiliser est celle de Gandhi. Mais le choix des réponses dépend de la nature des situations en présence. Les options sont ouvertes.

Exemple : un ex-responsable de l’Onu pour le Darfour s’en est pris à la CPI. Antonio Cassese, ancien chef de la Commission d’enquête des Nations-Unies sur le Darfour a déclaré le 4 mars 2009 sur les ondes italiennes que le mandat d’arrêt contre Omar el-Béchir, président du Soudan, est une opération politique. Trois raisons principales sur la décision de la Cour Pénale Internationale (CPI) le laisse perplexe :

1. Le procureur de la CPI aurait pu émettre une simple assignation à comparaître, permettant à Béchir de répondre à ses questions et de se défendre contre ses allégations.

2. La demande de mandat d’arrêt, déposée le 14 juillet 2008, devait rester secrète mais elle a été rendue publique. Il a ensuite fallut 7 mois pour qu’il entre en vigueur. Un mandat d’arrêt est efficace s’il est délivré au bon moment, car il permet d’éviter que le suspect s’échappe ou détruise des pièces à conviction, mais ce n’est absolument pas le cas ici.

3. Le mandat va être envoyé à la police soudanaise, qui devra arrêter son président. Evidemment cela n’arrivera pas. Ni le Soudan, ni aucun autre pays ne fera appliquer ce mandat. Aucun gouvernement n’invitera Béchir s’il y a un risque qu’il soit arrêté.

« Ce mandat crée évidemment un effet politico-médiatique car il délégitime politiquement un chef d’Etat. Il en résultera une tension politico-diplomatique et l’Afrique, dans son ensemble, se sent offensée. Ils disent que les crimes occidentaux ne sont jamais jugés devant la CPI, c’est vrai et c’est un argument très convaincant. La CPI applique une justice à deux vitesses. » Enfin, Antonio Cassese ne soutien pas Béchir, mais il pense que désormais il serait quasi-impossible de le poursuivre sérieusement pour ses crimes. (alterinfo.net du 05/03/09).

Par ailleurs, un porte-parole du Bureau des Affaires humanitaires de l'ONU a déclaré que plus d'un million de personnes sont menacées par l'expulsion de 13 organisations non gouvernementales (ONG) au Soudan. "Les 13 ONG expulsées distribuaient près de la moitié de l'aide humanitaire au Darfour", selon une porte-parole qui avertit que 1,1 million de personnes vont rester sans nourriture, 1,5 million de personnes sans soins de santé et plus d'un million sans eau potable. Au total, les organisations humanitaires aident 4,7 millions de personnes au Darfour, dont 2,7 millions de déplacés. La province de l'ouest est en proie depuis 2003 à un conflit qui a déjà fait 300.000 morts selon l'ONU (10.000 selon Khartoum) et 2,7 millions de déplacés. Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) redoute de nouveaux mouvements de population. (romandie.com du 06/03/09).

Autres exemples

Scott Gration, envoyé spécial de l'administration Obama pour le Soudan a déclaré aux membres de la Commission du Sénat américain des Affaires étrangères que "Nos services de renseignement n'ont jamais présenté aucune preuve tangible indiquant que le Soudan est un Etat soutenant le terrorisme", alors que le gouvernement d'Omar el-Béchir aurait même prêté main forte aux Etats-Unis dans leur lutte contre le terrorisme. Le Soudan a fait son apparition sur cette liste en août 1993 comme quatrième pays à en faire partie, aux côtés de Cuba, l'Iran et la Syrie. Selon M. Gration, un général de l'armée de l'Air à la retraite, "les conséquences des sanctions qui découlent de (l'inscription sur la liste des Etats soutenant le terrorisme) nous empêchent d'encourager le développement du pays tel que nous devrions le faire", ajoutant que les sanctions américaines ne faisaient "en réalité que freiner la mise en chantier" d'infrastructures dans le sud du pays, en citant le cas du matériel de construction de routes ou l'équipement informatique destiné aux écoles, deux catégories de biens que les entreprises américaines ne peuvent exporter légalement du fait des sanctions. (lefigaro.fr du 30/07/09).

Un homme, Ernest Sonnier, un Noir de 46 ans, qui avait été condamné à vie pour l'agression et le viol d'une femme le soir de Noël 1985, a été disculpé grâce à des tests ADN et a été libéré sous caution le 7 août 2009 par le juge du tribunal du Comté de Harris au Texas, après avoir passé 23 ans en prison, en attendant qu'un autre jugement ne l'acquitte définitivement. Pourtant lors de son procès, des analyses de sang trouvées sur la victime ne correspondaient pas au groupe sanguin de l'accusé et suggéraient qu'il était innocent, selon son avocate Alba Morales, du groupe Innocence Project qui défend les condamnés à tort. Deux autres hommes connus des services de police, ont été impliqués dans l'affaire à la suite des tests ADN. Pour Innocence Project, le Texas est l'Etat qui compte le plus grand nombre d'erreurs judiciaires révélées après vérification d'indices génétiques. Sur les 241 condamnés qui ont été innocentés depuis 1989 aux Etats-Unis grâce à des analyses ADN, 38 se trouvaient au Texas. (lefigaro.fr du 08/08/09).

Un rapport de 53 pages régigé par un organisme américain indépendant, le Government Accountability Project (GAP), rendu public le 9 juin 2009, démontre que la Banque mondiale, dont le rôle est de lutter contre la pauvreté et les inégalités, est rongée par le racisme. Leur argumentation s'appuie sur des exemples précis de pratiques discriminatoires dont sont victimes depuis plusieurs années, les salariés "noirs et asiatiques", en particulier, les Africains subsahariens, les Afro-Américains et les Caribéens, en matière de recrutement, de promotion et de décisions émanant du tribunal administratif de la Banque. Selon le GAP, les Noirs quelque soient leurs origines, sont à 24% membres du staff du département Afrique subsaharienne, alors que dans l'ensemble de l'institution, le pourcentage est en dessous de 8,1%, et qu'à l'issue de plusieurs enquêtes sur la discrimination interne menée entre 1979 et 1998, la banque s'était fixé comme seuil 10%. (Jeune Afrique). Il est d'ailleurs étonnant que ce type de tribunal ne dépende pas des instances judiciaires directes de l'ONU.

Selon le New York Times, un rapport transmis en août 2009 à la commission texane par un spécialiste des incendies a révélé que Todd Willingham, exécuté en 2004, n'est en réalité pas responsable de l'incendie de sa maison dans lequel ses trois filles ont péri. C'est en 1992 que Todd Willingham alors âgé de 24 ans, avait été condamné à mort pour cet incendie survenu un an plus tôt. Le jury se rangea à l'époque derrière l'avis d'un rapport d'experts locaux, qui assura que l'homme avait lui-même mis le feu à son domicile. Pourtant pendant douze ans, depuis sa cellule, Todd Willingham n'avait sans relâche cessé de crier son innocence. Plusieurs associations l'avaient soutenu, mais son affaire n'a jamais été réétudiée par la justice. En 2004, il est exécuté par injection létale. Les conclusions du rapport rejoignent celles de deux autres spécialistes, qui avaient déjà enquêté en 2004 et 2006. Selon eux, l'expertise de l'époque «ne repose sur rien d'autre qu'une accumulation de croyances personnelles, qui n'ont rien à voir avec une investigation scientifique des scènes d'incendie». Pour le New Yorker, cette affaire contient tous les ingrédients classiques de l'erreur judiciaire : absence de contre-expertise, expert-psychiatre décrivant un «sociopathe très dangereux» sans l'avoir jamais rencontré, témoins modifiant leur témoignage en faveur de l'accusation, avocats commis d'office incompétents. Dans une récente décision, deux juges de la Cour suprême ont affirmé que l'exécution d'un homme ayant prouvé son innocence restait «valable» dans la mesure où il a bénéficié d'»un procès juste et équitable». (lefigaro.fr, liberation.fr, AFP du 04/09/09).

En fait, la démocratie relative s'appuiera sur des faits avérés, les faits supposés ou extrapolés devront être transformés en faits vérifiables, car l'arbitraire est un "venin puissant" du droit absolu qui agit comme la corruption ou la désinformation et se diffuse dans l'organisme de toute entité pour le paralyser, le neutraliser, le ruiner ou l'abattre, alors que la preuve est un "aliment" du droit relatif qui nourrit l'enquête ou la démonstration afin que la vérité se manifeste.

En matière stratégique, il existe une impossibilité relative de faire cohabiter deux "lions" sur un même espace, sans consentement mutuel. La lutte féroce qui s'ensuivra tôt ou tard sera soit victorieuse pour l'un et mortelle pour l'autre, ou alors une destruction mutuelle. Toute volonté de l'imposer par la force en y faisant abstraction est illusoire, irresponsable, démentielle ou sanguinaire. Si l'un des deux est un "léopard", il se mettra à l'abri avec sa proie et gardera une distance respectable. Si par contre un des deux est un groupe "d'hyènes", ils pourront par l'encerclement entraîner le chaos au sein d'un groupe de "lionnes" pour s'emparer de la "proie", mais en présence du "lion", ce dernier visera le chef et brisera son échine afin de disloquer le groupe et y installer le chaos.

Comme procèdent les pompiers ou les paysans en certaines circonstances, il est possible en associant plusieurs modes opératoires, de circonscrire ou d'éteindre le feu par le feu, en opposant à toute stratégie d'alliance forte, une autre stratégie d'alliance en sens inverse encore plus forte. La stratégie d'alliance est utilisée par les grands fauves pour abattre un ennemi commun. En économie, la stratégie d'alliance permet aux entités de nouer des accords dans les domaines commerciaux, opérationnels et techniques ou d'effectuer des participations croisées dans leur capital social. La stratégie que préfèrent les prédateurs est l'isolement des proies à consommer, puis en temps voulu, quand le besoin se fera sentir, de s'en prendre aux autres membres restants du groupe pour un nouveau prélèvement.

En matière d'indépendance et d'unité, une entité indépendante ne peut inclure en son sein d'autres entités indépendantes, car à un certain moment de leur existence, elles seraient tentées de saper la cohésion d'ensemble en prenant des décisions indépendantes divergentes, susceptibles de nuire à l'efficacité des actes du groupe. En revanche, il peut y avoir des entités autonomes reliées entre elles par des objectifs communs. Les autres formes sont des associations ou des groupements d'entités indépendantes.

Postulat 10 :
Tout conflit, doit être en priorité résolu par le dialogue. En effet, il est sans doute possible d'affamer des "moutons" ou des "gazelles", mais il est relativement dangereux d'exterminer le gibier pour affamer des "lions" ou des "tigres", car le moment venu, pour leur survie, ils entreront dans les "villages" pour y trouver leurs "proies". Le dialogue est un calmant qui apaise les nerfs et une clef qui ouvre les portes de la solution, il vaut mieux que le statut-quo, le défi permanent ou la confrontation.

Postulat 11 : Quelles sont les sources et les déterminants de l'Innovation ? (...)

Postulat 12 :
Toute planification ininterrompue de l'économie s'apparente à une "transfusion sanguine" ininterrompue, pouvant conduire à un état végétatif. Cependant, dès l'assèchement de la source de transfusion, le danger guette l'organisme transfusé, s'il n'est pas guéri. Dorénavant, toute "transfusion sanguine" nécessite également une attention particulière, visant à éviter tous genres d'infections dues aux virus, microbes ou bactéries.

En outre, tout organisme dont une partie du corps est en excès de sang et l'autre en déficit, connaîtra nécessairement une excroissance en son sein et un dysfonctionnement total, pouvant entraîner l'arrêt des fonctions vitales, surtout s'il est infecté par des virus, des microbes ou des bactéries.

Ainsi, la seule manière de conserver un organisme sain est d'éliminer toutes causes de déficits ou excès, de s'assurer de sources d'approvisionnements en sang et nutriments de façon autonome, régulière, régulée et équilibrée, et de réaliser une veille stratégique continuelle en vue de prévenir, d'anticiper ou d'enrayer la survenance de dysfonctions. Les nutriments apportent l'énergie et la sécurité à l'organisme et sont issus du produit de l'innovation de source humaine et/ou extrahumaine.

En ignorant cette vérité sur l'essence même des choses, certains organismes sont emportés dans les méandres de l'absolutisme vers l'obscurantisme.

Les sociétés modernes et leurs Etats doivent initier ou encourager la création d'organisations chargées de la veille stratégique, la prévention, l'anticipation et le traitement des situations complexes, sécuritaires, de crise ou de cataclysmes économiques, comme elles l'ont fait avec les compagnies d'assurances qui ne peuvent pas en la matière jouer sérieusement ce rôle comme on le voit avec la crise des "subprimes", et ce, en mettant en place un marché viable pour l'intérêt collectif.

Que doit-on faire pour éviter les surprises de mauvais goût ? L'alerte permanente, la vigilance, la veille stratégique, la protection, l'anticipation et la stratégie.

L'anticipation

L'anticipation est la capacité inhérente aux humains ou aux autres entités, politiques, militaires, économiques, financières, associatives, gouvernementales, administratives ou non gouvernementales, à déployer dans un laps de temps et le plus rapidement possible des stratégies gagnantes avant les autres. Son effet dépend du temps mis pour agir ou réagir et du degré de justesse de l'orientation stratégique empruntée. Le rôle de l'anticipation est essentiel pour la réalisation des objectifs des organisations, car elle permet de déterminer et de déployer les moyens les plus adaptés pour atteindre ou dépasser les cibles visées en fonction de l'évolution des paramètres environnementaux internes ou externes, sans attendre les effets de l'action ou de la réaction des autres ou de l'environnement extérieur, elle fait prendre une longueur d'avance et installe un écart stratégique entre l'anticipant et le(s) subissant(s). L'anticipant fonde sa conviction après décryptage d'un certain nombre de signaux d'alerte.

L'anticipation possède en elle deux parties complémentaires, la partie objective ou réelle qui s'appuie sur des connaissances scientifiques, encore appellée anticipation rationnelle, et la partie subjective ou imaginaire qui repose sur l'intuition, que nous nommons anticipation irrationnelle ou imaginaire. Le degré de rationnalité ou d'irrationnalité dépend des conditionnalités d'existence, de l'inné et de l'acquis. L'absence de rationnalité ou d'irrationnalité biaise la qualité de l'anticipation et conduit à des prises de décisions dont le résultat attendu est soit en partie réalisable mais insuffisant, soit erronné ou inexistant. L'absence d'anticipation au sein des entités est une des causes essentielles de la multiplication des problèmes à résoudre et de l'amplification des difficultés à surmonter. Qu'en est-il de nos acteurs financiers ? (...).

A = Re(A) + Im(A) = a (cosb + isinb) ;

avec a>0 ; b est l'angle de vue de la question abordée ; x = f(t) et y = g(t)

Postulat 13 :
L'économiste relativiste s'intéressera de très près à la théorie générale de la relativité d'Albert Einstein et à ses évolutions, aux mathématiques (algèbre et géométrie) et aux sciences de la vie et de la terre. Les systèmes éducatifs qui accépteraient cette théorie devraient permettre aux lycéens et aux étudiants d'avoir aussi une formation très poussée dans ces disciplines. Car, d'une part, la connaissance de l'origine de l'Innovation de source Big-bangaire par ces scientifiques est très avancée, et d'autre part, la théorie relativiste du Big-bang est la partie généralisante de celle de l'Innovation de source humaine.

Définition : Le Relativisme économique est la faculté que possède l'espèce humaine à dénicher dans sa mémoire collective, des idées lumineuses, des faits ou des actes, susceptibles d'aider à l'amélioration de sa qualité de vie, son bien être et de permettre son épanouissement, la pérennisation de l'ensemble des espèces et de leur environnement, en exploitant à bon escient, les innovations positives dans un espace de démocratie interne, externe et globale sain.

En ce sens, le Relativisme économique intègre l'espace-temps et le mouvement dans l'univers économique, qui lui même fait partie d'un univers global mouvant. C'est une théorie qui soutient que la recherche d'une croissance exponentielle infinie, se heurte aux limites physiques finies des facteurs de production et de l'espace terrestre. Et que toute création de monnaie déconnectée des réalités de l'économie réelle s'apparente à du racket du plus fort au plus faible, et est susceptible de mettre en danger la pérennité des espèces et la santé de l'environnement, et de provoquer l'extinction de la vie humaine.

Selon Challenges du 21/07/09, le système financier islandais représentait 11 fois le PIB de l'île, avant de chuter lourdement en 2008, et de provoquer le plongeon de la monnaie, une hausse violente du chômage et la démission du gouvernement. La récession de l'économie de l'île est estimée pour 2009 à plus de 10% par le ministère des Finances. Les trois nouvelles banques créées sur les cendres des banques commerciales en faillite en octobre 2008, Islandsbanki, New Kaupthing et New Landsbanki, sont concernées à hauteur de 1,5 milliard d'euros (270 milliards de couronnes). L'accord, dont l'application est prévue pour le 14 août 2009, prévoit que des actionnaires privés récupèrent la majorité du capital des banques Islandsbanki et New Kaupthing, même si l'Etat reste présent au conseil d'administration et dans le capital.

Un exemple, le boom de la fleur rose au Kenya : France 2 dans envoyé spécial a rediffusé un reportage le vendredi 23 janvier 2009 sur un lac asséché, pollué et presque vidé de poissons, privant les pêcheurs de leur outil de travail et de leur pitance. En même temps se développent des plantes hyacynthes qui se nourissent de cette pollution. Les plantes hyacynthes détruisent les filets et l'eau polluée est réchauffée. Cette situation a été engendrée par une entreprise produisant des fleurs roses. Pour parvenir à ses fins, cette dernière doit utiliser des pompes d'exploitation horticoles qui tournent à plein régime. Les fermes sont sous bonne garde et fonctionnent tous les jours. Les procédés d'exploitation nécessitent le recours aux engrais et pesticides qui sont nécessaires au bon développement de la rose, mais leur utilisation a un impact négatif sur la santé des populations, surtout que du fait de l'implantation de cette industrie, la population de la ville est passée de 20 000 individus à 120 000.

La culture de la rose réclame une importante consommation d'eau. Des espèces de poissons comme le tilapia sont en voie de disparition. Les employés respirent les produits chimiques utilisés qui affectent leur sytème respiratoire et les rendent malades. Quand ils sont malades, les dirigeants de l'entreprise les forcent à démissionner pour raison de maladie. Cet exemple prouve que la notion de profit dans ce genre de situation est mal cernée. Dans le profit que réalise une telle entreprise, il existe aussi une part importante de reconstitution de l'écosystème, d'instauration d'une vraie sécurité pour le personnel et les populations, et de réparation des dégâts collatéraux engendrés par l'exercice de ce genre d'activité. Ainsi donc, il y a un écart entre le profit supposé et le profit réel. Rien ne justifie certes la piraterie, mais quand les médias ont interrogé les pirates somaliens sur les raisons de leurs actes, ces derniers ont cité l'absence de poissons en eau profonde, les candidats à l'immigration dans certains pays disent la même chose.

Depuis l’effondrement du gouvernement central en Somalie, pays de neuf millions d’habitants dépourvu de marine et de gardes-côtes, ses ressources ont été pillées par de gros chalutiers qui pêchent illégalement dans ses eaux très poissonneuses. Pire encore, des entreprises et des hôpitaux européens se sont débarrassés là de leurs déchets toxiques nucléaires via des filières mafieuses en immergeant des barils dans l’océan au large des côtes de Somalie, provoquant l’apparition de maladies graves dans la population. Dans un premier temps, les habitants ont souffert d’éruptions cutanées étranges, de nausées et des bébés malformés sont nés. Puis, après le tsunami de 2005, des centaines de ces barils laissant fuir leur contenu se sont échoués sur le rivage. Les gens ont commencé à présenter des symptômes d’irradiation, et plus de 300 personnes sont mortes.

D'après Ahmedou Ould-Abdallah, l’envoyé des Nations unies en Somalie, « Quelqu’un rejette des matériaux nucléaires ici. Il y a aussi du plomb, des métaux lourds comme le cadmium et le mercure. » Il n’y a pas eu de nettoyage, aucune indemnisation, et pas [d’action] de prévention. Dans le même temps, d’autres navires européens pillaient les eaux somaliennes de leur ressource la plus importante : la pêche. Les grands chalutiers qui pêchent illégalement au large de la Somalie capturent chaque année pour plus de 300 millions de dollars de thons, crevettes, homards et autres espèces dans ces eaux dépourvues de protection. Les pêcheurs locaux ont soudainement perdu leurs moyens de subsistance, et ils sont affamés. La piraterie le long des côtes somaliennes, aujourd’hui endémique, est née comme un mécanisme d’auto défense des pêcheurs qui voulaient avant tout protéger leurs eaux ou tentaient de prélever une « taxe » sur les pilleurs.

Ce phénomène de pénurie est mondial. En effet, en soixante ans de pêche industrielle, le prélèvement de poissons est passé de 13 millions de tonnes de poissons en 1950 à 70 millions de tonnes en 2009. Les prises de poissons stagnent depuis 1980. Les trois quarts des stocks de poissons du monde sont exploités au maximum ou au delà de leurs capacités, et certaines espèces de poissons comme la morue au large de Terre-Neuve dans les années 1990, ou encore le thon ou le cabillaud sont largement décimées. (par Johann Hari, journaliste de The Independent, contreinfo.info, Alternatives Economiques).

En 2008, la piraterie a augmenté de 11 % dans le monde. Sur 293 navires attaqués, 50 ont été détournés, et 890 hommes d'équipage ont été kidnappés. Onze personnes ont été tuées et 21 portées disparues. Les Somaliens ont commis 40 % des actes de piraterie, parmi lesquels 85 % des détournements de bateaux. En 2008, ils ont enlevé 819 membres d'équipage et 242 sont détenus en Somalie, un chiffre supérieur à celui des FARC Colombiens qui détiennent 700 otages. De janvier à octobre 2008, les pirates somaliens ont obtenu 20 millions de dollars (15 millions d'euros) de rançon. La plus chère a été versée par l'assureur du Sirius Star, un supertanker saoudien : 3 millions de dollars. Le montant payé par les navires chargés d'armements lourds n'est pas connu. Les attaques ont lieu jusqu'à 600 milles nautiques au large des côtes. Le Sirius Star a été arraisonné à 450 milles. Les armateurs paient des primes d'assurance décuplées. De 900 dollars, elles sont passées à 9 000 dollars. Le coût de l'assurance est de 400 millions de dollars. La perte d'activité est un manque à gagner qui représente 75 % du sinistre. Le terrorisme maritime a un coût macroéconomique : les pirates font monter celui des marchandises acheminées par bateau. Ce coût est acquitté par le consommateur. (lemonde.fr du 14/04/09).

Le Kenya possède 30 fermes pour la production horticole et une association de défense de l'environnement au Kenya nommée Ibeca (association de conservation de la bio-diversité et de l'environnement indigènes), les accuse de dégrader le lac Naivasha (nord-ouest de Nairobi). James Kahora, directeur exécutif affirme que ces fermes horticoles tuent ce lac. Le lac Naivasha est situé à 100 km de Nairobi, il est l'un des dix meilleurs observatoires d'oiseaux dans le monde et un bijou pour la conservation de la bio-diversité sur le continent africain. Les éleveurs Masai accusent les établissements horticoles d'avoir fermé les couloirs naturels qui permettaient à leurs troupeaux de s'abreuver. (romandie.com du 23/06/09). Il existe dans le cas du boom de la fleur rose, un indicateur de faisabilité d'un projet (Fp), qui est le rapport entre l'écart de profitabilité et la valeur du profit réel (Pr). Il est égal au rapport de viabilité diminué d'une unité. Le rapport de viabilité d'un projet (Vp) est le quotient entre le profit supposé (Ps) et et le profit réel.

Fp = e / Pr = Vp - 1 ; avec Vp = Ps / Pr

On comprend tout de suite que lorsque l'indicateur de faisabilité est positif, le projet est viable, à condition qu'il soit accompagné par des mesures de contrôle et de vérification sur les conditionnalités de faisabilité, et également par la science qui est habilitée à évaluer les conditions de sauvegarde, de protection et de mise en oeuvre de la regénération du milieu ambiant. Nous reconnaissons également que la science a ses limites et n'explique pas tout à partir d'un instant t, il est donc important que la raison et l'expérience locale ou d'ailleurs y soient également associées. Lorsque cet indicateur est nul, le projet ne présente aucun danger, mais nécessite des mesures de précaution, et quand il est négatif, il n'existe aucun avantage à le développer, car les conséquences seraient désastreuses pour l'environnement et les hommes.

D'autres faits similaires ont été signalés par les médias comme les poussières ou les déchets radioactifs dont les précautions d'usage n'ont pas été prises pour sauvegarder l'environnement et la santé des populations. Par exemple, le site de romandie.com du 01 mars 2009 relate qu'un physicien français et un acteur américain se sont engagés aux côtés de représentants de peuples indigènes d'Afrique, d'Australie et des Etats-Unis, pour alerter les parlementaires américains des dangers de l'extraction de l'uranium. "Nous voulons que les parlementaires américains comprennent que l'extraction d'uranium est très polluante et qu'il n'y a pas de réponse scientifique actuellement à la question du stockage des déchets", a dit à l'AFP Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire du laboratoire français de la CRIIRAD (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité). Des responsables de la communauté nomade touareg du Niger, des Indiens d'Amérique, des Aborigènes d'Australie ont souligné les ravages causés par l'extraction minière sur leur environnement.

Areva contrôle 20% à 25% du marché mondial de l'uranium. En rachetant la société canadienne UraMin pour 2,5 milliards de dollars en juillet 2007, Areva a acquis en même temps des actifs en Afrique du Sud, en Centrafrique et en Namibie où la mine de Trekkopje deviendrait le premier site de production au monde. Au Niger, les deux filiales Somair et Cominak situées dans la région d'Arlit depuis les années 1960, ont extrait en 2007, 3153 tonnes d'uranium, ce qui représente plus de la moitié de la production du groupe qui est aussi présent au Canada et au Kazakhstan. Le groupe a également signé le 5 janvier 2009 un permis d'exploitation du gisement géant d'Imouraren dont la production est estimée à 5000 tonnes pendant plus de trente-cinq ans, dont les besoins en investissement sont de 1,2 milliards d'euros (800 milliards de francs CFA). Areva mène aussi des programmes d'exploration au Gabon, au Senegal et va s'implanter en RD Congo.

Au Niger, la société française Areva extrait de l'uranium depuis plus de 40 ans sans "aucun souci pour l'environnement, la santé des personnes, les animaux", a déclaré à l'AFP Sidi-Amar Taoua, un Touareg qui vit depuis sept ans aux Etats-Unis. L'extraction d'uranium "a engendré un conflit. Les Touaregs ont pris les armes pour défendre leur terre contre le régime du Niger qui est complice avec Areva". En janvier, Areva avait annoncé le dépôt d'une demande d'agrément des autorités américaines pour construire un site d'enrichissement d'uranium d'un coût de deux milliards de dollars, dans l'Idaho (nord-ouest). Les terres réservées aux Indiens dans le sud-ouest des Etats-Unis ont abrité plus de 1.300 mines d'uranium. Même si la plupart ont fermé, elles ont laissé derrière elles de l'eau polluée et des maladies telles que le cancer ou les affections rénales, selon le militant écologiste amérindien Manny Pino.

"Dans ce contexte de renaissance nucléaire, le gouvernement fédéral en oublie presque les inconvénients historiques de l'extraction d'uranium, et donne la priorité aux avantages économiques du nucléaire au détriment de nos terres, notre eau, et notre peuple". Mitch, un Aborigène qui milite contre les déchets radioactifs et l'extraction d'uranium en Australie, le plus gros producteur mondial du minerai, a ajouté: "les gains financiers de court terme vont nous laisser avec des déchets mortels pour les générations à venir". En fait, l'extraction d'uranium a connu une longue période d'expansion aux Etats-Unis entre les années 1940 et 1980, avant de diminuer dans les années 1990 alors que les cours s'effondraient. Quand les prix ont atteint 140 dollars la livre en 2007, les compagnies minières se sont jetées "comme des vautours", sur les régions riches en uranium, dont 70% se trouvent sur des terres habitées par des indigènes à faibles revenus, a renchéri James Cromwell, l'acteur qui interprète le rôle de George Bush père dans le film "W.".

Au Gabon, la Compagnie minière d'uranium de Franceville (Comuf), détenue à 68,4 % par Areva qui a fermé en 1999, après avoir exploité depuis 1960 une quantité de 26 000 tonnes d'uranium à la mine de Mounana, selon un rapport publié par une association française, la Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité (Criirad), a produit 7,5 millions de tonnes de boues radioactives, dont 2 millions de tonnes ont été déversées dans une rivière. Une partie de ces déchets radioactifs se trouvent à l'air libre dans une forêt proche. Dans ce même rapport, l'ONG soutient que des mesures effectuées en 2009 montrent que les logements des cadres et ouvriers de la Comuf ont été construits avec des matériaux radioactifs. D'autres déchets dangereux pour la santé et dont certains pourraient rester radioactifs pendant des milliers d'années, ont été enfouis sous la latérite non loin du site. Selon Areva, "l'enquête de la Criirad n'a pas été effectuée sur la base d'une méthode scientifique rigoureuse" comme d'une part selon lui, le confirme une commission locale de surveillance qu'il a mise en place, après avoir mené une étude d'impact environnemental dont les résultats ont été rendus publics le 27 mai 2010, et que d'autre part, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré aux autorités gabonaises, que la réhabilitation du site opérée par Areva avait été faite dans de "bonnes conditions et ne présentait pas de danger, de risque majeur pour la santé ou l'environnement"...

Enfin, si parmi les compagnies pétrolières Shell, Chevron, Total ou ExxonMobil travaillant au Nigeria, certaines ont pu polluer les zones d'exploitation pétrolifère, elles doivent nettoyer les places souillées, soigner et indemniser les populations. Selon Amnesty International (AI), la pollution du delta du Niger (la région pétrolifère) au Nigeria a privé 31 millions de personnes de leur droit le plus élémentaire à la nourriture, à l'eau et à la santé depuis 50 ans. "Les gens qui vivent dans cette région doivent boire de l'eau polluée, faire la cuisine et laver leur linge avec cette eau. Ils mangent des poissons, quand ils ont la chance d'en attraper, contaminés par le pétrole et d'autres toxines". Les terres agricoles du delta, une région grande comme l'Ecosse et l'un des plus grands systèmes marécageux de la planète, sont détruites par les marées noires "et après ces marées noires, l'air qu'on respire empeste le pétrole et le gaz". "Les habitants se plaignent de problèmes respiratoires, de lésions cutanées, mais leurs plaintes ne sont pas prises au sérieux". "La pauvreté de ces gens, en contraste avec la richesse générée par le pétrole, est devenue l'un des exemples les plus absolus et dérangeants de ce qu'une ressource naturelle peut se transformer en fléau." Une étude datée de 2006 a estimé que les fuites et autres accidents liés à l'exploitation du pétrole au Nigéria libèrent dans la nature chaque année depuis cinquante ans 250 000 barils d'or noir chaque année, surtout dans les mangroves du delta du Niger. Pour les compagnies, ce sont des actes de sabotage, mais les activistes affirment qu'il s'agit de graves négligences. Depuis 2006, les compagnies pétrolières ont provoqué au Nigéria 2405 fuites. (lemonde.fr, du 30/06/09, journal itelé du 02/07/09, Jeune Afrique).

Aux Etats-Unis par exemple, le groupe pétrolier Shell devra verser plus de 19 millions de dollars à l'Etat de Californie pour manquements aux normes environnementales dans ses stations-service de cet Etat de l'ouest du pays. L'accord amiable stipule qu'entre Shell et la Californie, le groupe néerlando-britannique devra payer une amende de 17,8 millions de dollars et 1,7 million de dollars de frais. Il met fin à une enquête de trois années, durant lesquelles les autorités ont passé au crible les procédures de remplissage et de maintenance des cuves souterraines de stockage d'essence, ainsi que le traitement des déchets dangereux dans plus de 1.000 stations-service de l'enseigne au coquillage jaune et rouge de Californie. Selon le procureur général de l'Etat, Jerry Brown, l'enquête a mis à jour plusieurs centaines d'infractions aux normes en la matière. "La compagnie pétrolière Shell a ignoré les lois de l'Etat (de Californie) qui régissent le stockage souterrain d'essence et celles concernant les déchets dangereux". (romandie.com du07/11/09).

Y aura-t-il, à l'avenir, un forage du riche, entouré de précautions comme aux États-Unis, et un forage du pauvre, comme en Afrique avec des autorités moins regardantes ? Dans les pays riches, les gouvernements s'impliquent très fortement quand il se produit une catastrophe écologique, pour faire pression sur les compagnies, afin qu'elles améliorent la qualité de leurs outils et leurs manières de travailler, même s'ils relachent souvent la vigilance comme dernièrement aux Etats-Unis avec la compagnie BP. Sous les fonds marins repose un cinquième des réserves d'or noir de la planète, une situation géographique qui ravive les ardeurs des majors pétroliers. Pourtant, son extraction nécessite une dextérité soigneuse et fine, car elle se heurte à de nombreux écueils.

L'épopée pétrolière est jalonée de marées noires, les unes différentes des autres par leurs formes et impacts. Les pires éruptions de puits (blowouts) de l'histoire n'étaient pas liées à la profondeur, même les dix accidents de plate-forme les plus meurtriers - 749 morts entre 1962 et 2005. Le forage en mer requiert une grande vigilance, elle est en soi une activité risquée. En 1989, l'Exxon Valdez - la pire marée noire de l'histoire des Etats-Unis avant celle-ci - a répandu 280.000 barils (46 millions litres) de pétrole au large de l'Alaska. Si l'on considère une base d'écoulement de 40.000 barils par jour, soit 6,4 millions de litres, on pourrait déduire que deux millions de barils (317 millions de litres) se sont échappés du puits endommagé depuis sa rupture le 20 avril 2010, soit huit fois la quantité perdue par l'Exxon Valdez, en Alaska en 1989. Cela signifie donc que l'écoulement de pétrole atteint un Exxon Valdez - ou encore deux Erika - par semaine. La différence fondamentale avec le naufrage d'un pétrolier, est que la quantité de pétrole pouvant s'échapper d'un forage est virtuellement illimitée.

BP est une société cotée à Londres, dont 41 % du capital appartient à des Britanniques et 39 % à des Américains. Son capital est dilué dans le public et réparti entre plus d'un million d'actionnaires, dont 21 % sont des petits porteurs et 79 % des fonds de pension ou d'investissement. Son action entre dans le portefeuille de placement de la plupart des petits épargnants anglo-saxons et des investisseurs institutionnels, en particulier des caisses de retraite. BP gère également le fonds de pension de ses salariés, dont une partie du portefeuille est constituée de ses propres actions. L'évolution de son titre et de ses bénéfices affecte donc les placements de milliers de ménages.

La compagnie a pris pied en Irak, renforcé son implantation en Russie, en Libye et à Oman, et a mis l'accent sur l'offshore. Elle est implantée non seulement dans golfe du Mexique, mais aussi au Ghana, dans la Caspienne, les eaux du Ghana et du Brésil. A la date du 11 juin 2010 et depuis le 20 avril 2010, date de l'accident de Deepwater Horizon, sa capitalisation boursière a perdu 49,6 milliards de livres (61 milliards d'euros). Le titre s'est fortement ressaisi à New York, jeudi 10 juin 2010. En début d'après-midi du 11 juin à la Bourse de Londres, BP gagnait plus de 8% à 395,5 pence après avoir fini la veille en baisse de 6,7%. Le titre BP a touché jeudi son plus bas niveau depuis avril 1997.

BP a investi 50 millions de dollars dans une campagne publicitaire à la télévision pour défendre son image. Elle a aussi payé des pages pleines dans les journaux, ainsi que Google et d'autres moteurs de recherche pour qu'un internaute qui tape des mots anglais comme «BP», «fuite de pétrole» et «poursuite légale» voit le site officiel de BP apparaître en haut de la liste. Des offensives tous azimuts pour sauver son image entachée par la fuite de pétrole gigantesque dans le golfe du Mexique. Premier producteur de pétrole des Etats-Unis, BP possède 40 % de ses actifs totaux aux Etats-Unis, essentiellement en Alaska et dans le golfe du Mexique.

Une formidable impuissance face à la marée noire monstre

Aux Etats-Unis. BP, la compagnie pétrolière britannique aurait manqué à ses devoirs en matière de sécurité. Quelques heures avant l'explosion de la plate-forme pétrolière au large de la Louisiane, BP aurait pu prendre la décision de boucher des fuites de gaz, et peut-être éviter une catastrophe naturelle «historique» ayant entraîné la mort de onze personnes. Selon les informations du Wall Steet Journal, citant deux entrepreneurs, des tests de sécurité ont été réalisés deux jours avant l'accident qui suggéraient une fuite de gaz à l'intérieur du puits, mais BP aurait quand même continué ses travaux de forage. Résultat, la plate-forme a explosé dans le Golfe du Mexique. Selon les enquêteurs du Congrès la boue empêchait le gaz de s'échapper du puits. BP aurait nettoyé cette boue... sans reboucher le «trou» avec un bouchon en béton. Cette fuite qui n'a pas été réparée aurait engendré des problèmes sur plusieurs valves de sécurité. Ces valves «n'ont pas pu faire leur travail», soit à cause de fuites hydrauliques, soit parce qu'elles ont été bloquées par des débris. La valve cruciale présentait une fuite hydraulique et le générateur censé actionner le dispositif était hors-service. Les flammes ont par la suite envahi l'installation.

Selon les informations du Washington Post contenues dans un courrier qu'il s'est procuré, rédigé par un responsable de Tranocean et signé par un dirigeant de BP, le groupe n'a pas été vigilant sur ses installations, car en 2004, BP a accepté que Transocean (propriétaire de la plateforme) remplace une pièce de la plateforme à l’origine de la marée noire, par "une valve temporaire" tout en sachant qu’il existait un risque de fuite. Cela signifie que BP connaissait le risque induit par le remplacement de la pièce, qui sert à fermer le puits situé à 1.500 mètres de profondeur en cas d’explosion. C’est cette pièce qui n’aurait donc pas fonctionné lors de l’explosion survenue sur la plateforme pétrolière Deepwater Horizon. Elf Aquitaine (groupe Elf racheté par Total en 2000), avait connu ce genre d’incident en mer du Nord, mais de moindre importance. En principe, la sécurité des têtes de puits est absolument indispensable et normalement les vannes doivent se fermer automatiquement après détection d'un incident.

Or, l'explosion de la plateforme de BP avait été précédée de trois signes avertissant de l'imminence d'un danger. Ces trois indices sont survenus moins d'une heure avant la catastrophe. Selon les représentants du Congrès américain Henry Waxman et Bart Stupak, qui s'appuient sur un rapport interne à BP, le premier avertissement est arrivé «51 minutes avant l'explosion». Le second signe avant-coureur s'est déclenché dix minutes plus tard, bien que le puits ait été fermé pour effectuer un test, «il a continué à s'écouler et la pression dans le conduit de forage a augmenté de façon inattendue». Le dernier signal est intervenu 18 minutes avant l'accident, «une pression anormale» a été par la suite observée, conduisant à la fermeture de la pompe. Trop tard. L'explosion de la plateforme s'est produite pendant les minutes qui suivaient.

Tyrone Benton, un employé de la plate-forme Deepwater Horizon a été témoin, quelques semaines avant l'explosion du puits de forage, d'une fuite sur une importante pièce de sécurité, selon un reportage diffusé lundi 21 juin 2010 au soir par la télévision publique britannique. La pièce défectueuse n'aurait pas été réparée, un système alternatif ayant été mis en place. M. Benton explique que la réparation aurait eu pour effet d'arrêter la production, à un moment où il en coûtait 500 000 dollars par jour pour faire fonctionner la plate-forme. "Nous avons vu une fuite sur le bloc d'obturation, nous en avons informé la compagnie, ils ont une salle de contrôle depuis laquelle ils peuvent fermer ce bloc et en activer un autre de telle sorte qu'ils n'ont pas besoin d'arrêter la production." Le professeur Tad Patzek, estime qu'une telle situation est "inacceptable", ajoutant que "si vous avez la moindre preuve que ce bloc d'obturation ne fonctionne pas correctement, il faut le réparer par tous les moyens possibles".

La plate-forme de forage semi-submersible Deepwater Horizon (maintenue en place grâce à des hélices), est située à 60 km des côtes de la Louisiane, elle appartient à Transocean - société défiscalisée des îles Cayman et numéro un mondial du forage offshore - mais elle est louée par BP jusqu'en septembre 2013.

Plus de 530 bateaux sont concernés par les opérations de récupération et d'encerclement de la marée noire. plus de 120 vols d'avions ont été opérés pour jeter du dispersant sur la nappe de pétrole. Selon le groupe, l'écoulement dans les eaux du golfe du Mexique est d'environ 5.000 barils par jour, soit 800.000 litres de brut, et 15 millions de litres de pétrole au total à cette date. Le puits est situé à 1.500 m de profondeur. La plate-forme Deepwater Horizon a sombré à 80 km des côtes de Louisiane le 22 avril 2010, après une explosion survenue deux jours auparavant. Des galettes de pétrole ont touché les côtes en Louisiane et dans l'Alabama. La marée noire fait craindre une catastrophe écologique majeure et menace également le secteur de la pêche et du tourisme dans la région.

Le développement des forages aux Etats-Unis en eau profonde au large de ses côtes, ne s'est pas accompagné d'une réglementation stricte pour protéger l'économie mondiale ou locale, les populations ou l'environnement. Ce sont les sociétés qui sont chargées des travaux qui définissent elle même l'essentiel des éléments de sécurité. Il y a par exemple une absence totale de législation sur la conception ou l'installation des valves anti-explosion des puits. Les autorités ne les inspectent pas non plus avant leur mise en place et leurs systèmes d'urgence ne sont pas testés une fois que le mécanisme est au fond de la mer. De plus, la réglementation n'impose pas la présence d'un système de secours. Ainsi, le dispositif anti-explosion est conçu selon les normes des industriels, il est fabriqué et installé par les industriels sans que les autorités ne supervisent la construction ou l'installation.

Selon la radio publique NPR, trois experts utilisant des techniques différentes ont estimé que la fuite était 5 à 10 voire 20 fois plus importante que l'estimation officielle de 800.000 litres par jour (revu à 2 ou 3 millions de litres par jour), certaines souces comme Mc Clatchy mentionnent une fuite de 95 000 barils par jour. Cette information a été confirmée par des scientifiques de plusieurs universités, travaillant à bord d'un navire de recherches, le Pelican, qui avait quitté Cocodrie, en Louisiane, le 3 mai. Ces derniers ont détecté la présence d'énormes nappes de pétrole sous-marine à grande profondeur dans le golfe du Mexique. Une chercheuse de l'université de Géorgie, Samantha Joye l'a révélé au quotidien le New York Times par ces mots : "il y a une quantité abominable de pétrole dans les profondeurs en comparaison avec ce que vous voyez à la surface. Il y a une énorme quantité de pétrole sur plusieurs couches, qui s'étagent sur trois, quatre ou cinq niveaux". Ce sont des nappes qui ont une épaisseur d'une centaine de mètres et qui s'étendent sur 16 km de long et sur 5 km de large. Elles ont provoqué une baisse de 30% de la quantité d'oxygène dans la zone, et menacent de tuer la majorité de la faune marine dans "les deux mois".

Le pétrole qui continue de s'écouler a poussé les autorités à augmenter la zone interdite à la pêche, elle atteint désormais près de 230.000 kilomètres carrés, soit plus d'un tiers des eaux territoriales américaines du golfe du Mexique. Il semble que l'impact de l'accident ait commencé à éveiller les consciences. Désormais, l'ouverture de nouveaux espaces au forage sur les côtes atlantique et pacifique sera moins aisée, selon les nouvelles mesures envisagées. Les Etats qui le souhaitent pourront interdire cette activité au large de leur territoire pour tout projet d'exploitation qui se situera à moins de 120 km de leurs côtes. Un autre Etat, qui se trouve à proximité du projet de forage, aura également la possibilité de s'opposer par un veto s'il est exposé à de possibles « impacts significatifs sur son économie ou son environnement ». Pétroliers et gaziers devront reverser 37,5 % de leurs bénéfices aux Etats américains et 12,5 % en faveur de programmes de conservation de la nature.

Le pétrole lourd a atteint les côtes américaines, d'autres nappes de brut ont été aspirées par un puissant courant marin qui circule en direction de la troisième barrière de corail du monde, en direction de la Floride dans les marais et il en arrive encore davantage. Ainsi, une partie du pétrole lourd a dérivé vers la Floride et éventuellement l'Atlantique. Des images satellites prises le 18 mai 2010 montrent, selon les chercheurs, que la marée noire est entrée dans le «Loop Current», un courant qui forme une boucle dans le golfe du Mexique et se dirige ensuite vers l'Atlantique à travers le détroit de Floride. «Le Loop Current est comme une autoroute qui achemine un large éventail de jeunes poissons et d'autres espèces d'animaux marins de leur lieu de naissance à leur lieu de croissance». Les côtes nord de Cuba, berceau d'un écosystème fragile, se trouvent aussi sur la trajectoire du courant et la probabilité pour que le cocktail composé de pétrole et de dispersants les atteigne est de «100%».

Les marais ont été atteints en profondeur et largement souillés.

Une orphie morte près de Venice, en Louisiane

D'autres types d'animaux ont été atteints. Ici des oiseaux, notamment des pélicans.

Au total, l'or noir qui s'écoule dans le golfe du Mexique a contaminé plus de 55 km de bayous et de plages de Louisiane. La pollution devrait encore s'accroître. L'Agence maritime américaine NOAA explique même que près de 80 km de bayous, plages et côtes de l'Etat sont déjà souillés par le pétrole.

Pour Barack Obama, président des Etats-Unis d'Amérique "il est évident que le système a échoué, et gravement", ajoutant que "depuis trop longtemps, pendant une décennie ou plus, une relation de proximité a existé entre les compagnies pétrolières et l'agence fédérale qui leur permet de forer". Il existe selon lui, une "relation confortable" entre l'industrie du pétrole et les instances de régulation fédérales qui existe depuis des années, et que les autorisations de forage pétrolier avaient été accordées sans que des études environnementales appropriées soient menées. M. Obama a ainsi été dur envers l'agence fédérale chargée de surveiller l'industrie pétrolière, le Mineral Management Service : «Durant la dernière décennie ou plus, une relation de complaisance s'est établie entre les pétrolières et l'agence qui délivre les permis de forage. Il semble que les permis ont été délivrés sans vérification. Cela ne se reproduira pas.»

Des agents du service fédéral de gestion des ressources minières (MMS) ont reçu divers cadeaux de la part des compagnies pétrolières et gazières. Un rapport affirme que des fonctionnaires ont accepté des billets pour des événements sportifs, des repas gratuits et autres cadeaux de la part de compagnies pétrolières et gazières. Certains de ces employés étaient chargés d'inspecter des plateformes dans le golfe du Mexique, comme Deepwater Horizon, la plateforme exploitée par BP qui a explosé le 20 avril. Une série de violations des règles de déontologie ont été relevées dans une antenne du MMS en Louisiane, entre 2002 et 2008. Le MMS a approuvé un document de BP de 582 pages, visant à lutter contre la marée noire, qui permetà BP d'utiliser des produits dispersant et de communiquer efficacement à travers les médias sans qu'un schéma de résolution de ce genre de catastrophe n'ait été prévu.

Le golfe du Mexique assure à lui seul 29 % de la production pétrolière américaine, surtout en eaux profondes, BP étant le leader. 80 % de la production locale sont issus de forages en eaux profondes. Plusieurs tentatives de colmatage ont déjà échoué. Une telle situation n'a jamais été prévue par la société. Les Etats-Unis doivent s'adresser à la concurrence, cela leur permettra de vérifier si de leur côté une telle situation avait été intégrée et anticipée dans leurs plans d'exploitation. L'ancien chef d'Etat major Colin Powell, conseille même au président Barack Obama de confier le commandement des opérations à l'armée américaine. Selon De Standaard et Het Nieuwsblad, les sociétés belges et néerlandaises de dragage disposent d'une technologie de premier plan acquise durant les dernières décennies pour lutter et colmater plus rapidement la fuite de pétrole dans le Golfe du Mexique. Mais une législation très protectionniste, le Jones Act, les prive de toute intervention aux Etats-Unis. Une entreprise belge Deme a indiqué qu'elle peut offrir une technologie qui n'est pas disponible sur place et ce pour chaque phase de la marée noire dans le Golfe du Mexique. Le Jones Act date de 1920 et est repris dans le Merchant Marine Act. Il stipule que le transport de fret par navire entre des ports américains doit se faire exclusivement avec des embarcations construites aux Etats-Unis, battant pavillon américain, appartenant aux Etats-Unis et commandés par des citoyens américains. La NASA ou d'autres institutions similaires à travers le monde doivent consacrer beaucoup plus de temps à la connaissance et la maîtrise du milieu marin profond, comme elles le font pour la lune ou la planète mars, afin de parer le moment venu à ce genre de catastrophe. Les compagnies pétrolières devront y contribuer efficacement.

Jusqu'au 1er juin 2010, entre 72 millions et 113 millions de litres de pétrole se sont écoulés dans la mer depuis l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon le 20 avril 2010. Dans le passé, Exxon a survécu à la marée noire de l'« Exxon Valdez », Total au naufrage de l'« Erika » et le groupe BP lui-même traversé beaucoup de turbulences. L'incapacité actuelle de la compagnie à colmater la fuite, met le groupe en danger. BP a déjà engagé des dépenses d'environ 990 millions de dollars. Même si son bénéfice net a été de près de 17 milliards de dollars en 2010, Credit Suisse évoque un total possible de près de 18 milliards de dollars : de 4 à 9,8 milliards pour le nettoyage des zones souillées et 8,6 milliards pour les actions en justice. Sans compter les dégâts en termes d'image, de relations avec les autorités américaines, etc. Sa capitalisation boursière a fondu de 44 milliards de livres (soit 52,5 milliards d'euros) et, parallèlement, le coût acquitté pour ses CDS, les fameux «credit default swap» qui protègent sa dette contre un éventuel défaut de paiement, continue à s'alourdir. Ces CDS ont déjà augmenté de 71 points de base sur le titre BP à 5 ans. BP possède plus de 18 milliards de barils équivalent pétrole de réserves prouvées en actifs, à la fin 2009.La compagnie risque néanmoins d'assumer l’intégralité des coûts générés par la catastrophe, y compris les salaires des ouvriers mis au chômage en raison du moratoire sur le forage en haute mer, ainsi que ceux des dégâts futurs engendrés par la marée noire.

Le titre Bp qui a chuté de manière vertigineuse cause des pertes considérables en Grande-Bretagne, surtout dans les caisses de pension. Le groupe pétrolier britannique ne pèse plus désormais que 77 milliards de livres environ contre 123 milliards livres avant l'explosion, le 20 avril 2010, de la plate-forme Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique. A ce rythme si rien n'est fait pour colmater la brèche ou pour annuler ses effets, le groupe connaîtra des difficultés énormes pour sa survie dans trois ou quatre mois. Lors d'une autre estimation, Crédit Suisse considère que la marée noire pourrait coûter à BP jusqu’à 37 milliards de dollars. Les coûts de nettoyage pourraient atteindre entre 15 et 23 milliards de dollars et les frais juridiques 14 milliards de dollars. Tout évolue vite. Les pronostics des analystes de Goldman Sachs évoquent une somme finale de 33 milliards de dollars sur dix ans. Quelque 180 plaintes en action collective ont déjà été déposées devant au moins six tribunaux fédéraux des Etats côtiers américains.

Evolution du cours en Bourse de BP depuis un an. A 348 pence, le titre du groupe se retrouve à son niveau de 1997 et enregistre un repli de 46% de son cours. Le 9 juin 2010, à Wall Street, le titre a dégringolé de 15% à un peu plus de 29 dollars, le titre a également perdu le même jour plus de 4% à la Bourse de Londres. L'action subit le contrecoup des craintes sur l'avenir de BP. Le coût lié aux conséquences de l'explosion s'élèverait au 10 juin 2010 à environ 1,43 milliard de dollars (1,2 milliard d'euros). Le groupe britannique souhaite pourtant octroyer 10,5 milliards de dollars (8,7 milliards d'euros) de dividendes à ses actionnaires. Depuis l'explosion de la plate-forme, l'américain ExxonMobil - la plus grosse capitalisation boursière de Wall Street - a abandonné 15%, et ses compatriotes ConocoPhillips et Chevron ont lâché respectivement 12,5% et 15%, les parapétroliers souffrent aussi. Halliburton et Transocean ont chuté respectivement de 31% et 54%. Le cours en Bourse du groupe Total le plus lourd sur le CAC 40 a trébuché de 14% depuis l'accident. Les parapétrolières souffrent énormément, comme Technip, spécialiste des projets clés en main pour les entreprises du secteur pétrolier, qui a dégringolé de 24%. Vallourec, le fabricant de tubes sans soudure, a cédé 9%. Schlumberger a dévissé de 7,2%.

La société Anadarko, la plus importante des sociétés de prospection en haute mer opérant au large des Etats-Unis, est partenaire de BP et est associée à 25 % dans la plate-forme DeepWater. Elle s'est engagée sur le site en décembre 2009, alors que les travaux de forage avaient déjà commencé. Les membres de son personnel n'étaient pas présents sur les lieux du drame. Les investisseurs lui ont infligé une sanction en amputant sa capitalisation de 13 milliards de dollars (10,6 milliards d'euros), elle ne vaut plus jusqu'à la date du 23 juin 2010, que 22 milliards de dollars. Pour être dispensée de prendre part à l'indemnisation, elle a un défi à relever, celui de prouver que l'accident survenu a été provoqué par "une négligence grossière ou une malversation délibérée" de la part de BP, afin d'éviter une facture d'au moins 15 milliards de dollars qui lui incomberait, selon la société d'investissement Raymond James, qui estime que le coût du désastre dépassera les 60 milliards de dollars.

Une tentative de colmatage de la part de BP. Le couvercle, un silo en forme de dôme pesant 100 tonnes et mesurant 12 m de haut, est déposé au fond de l'eau pour pomper le brut, afin de le récupérer à bord d'un pétrolier situé à la verticale. Des cristaux de glace se sont formés rapidement et le dispositif a été retiré.

La nouvelle procédure consiste à sectionner les pipelines endommagés et à ajuster une structure, permettant de détourner le pétrole et de le siphonner jusqu'à un navire en surface. Parallèlement, des puits secondaires sont construits. Ils doivent être terminés en août 2010.

Cette énième tentative de BP pour stopper la marée noire semble fonctionner. Mais la pollution menace toujours d'atteindre les côtes de la Floride. Des traces de pétrole et de goudron ont été repérées samedi 5 juin 2010 sur des plages au nord-ouest de la Floride. British Petroleum estime désormais par la voix de son directeur d’exploitation que « la grande majorité » du pétrole qui s’échappe de la fuite devrait être récupérée grâce à l’installation d’un entonnoir placé à 1 500 m de fond sur la tête de puits. BP est accusé d’avoir multiplié les mensonges depuis le début de la marée noire et d’avoir collectionné les échecs pour stopper l’écoulement de brut, la dernière en date avant la pose de l'entonnoir est une opération de "cimentation" par de la boue du trou. Pourtant, les Etats-Unis et plus particulièrement la ville de Houston (Texas), grande capitale pétrolière, gèrent presque toutes les études d’ingénierie et de sécurité. Grâce à cette pose de l'entonnoir, les autorités récupèrent actuellement 15.000 barils par jour et espèrent bientôt porter ce chiffre à 28.000 barils, ce qui est encore loin du compte.

Des navires d'appui autour de la plateforme Deepwater. La dernière tentative de colmater la fuite de pétrole a échoué le 29 mai 2010. Si la fuite est arrêtée le 1er août 2010, pour 5000 barils par jour la loi permet une pénalité de base de 561 millions de dollars, pour 25 000 barils par jour, la pénalité de base est de 2,8 milliards de dollars, pour 50 000 barils par jour, la pénalité de base est de 5,6 milliards de dollars. Si par contre les pénalités sont aggravées, elles seront respectivement de 2,2 milliards de dollars, 11 milliards de dollars et 22 milliards de dollars. Il semble qu'au regard des éléments en présence, pour BP, la pénalité sera aggravée.

L'Angola et les Etats-Unis sont les premiers producteurs en eau profonde. En 2008, selon l'Institut français du pétrole (IFP), l'offshore a fourni 30 % de la production mondiale de pétrole, soit 25,2 millions de barils par jour, dont 3,2 millions ont été extraits en offshore par plus de 1 000 m de fond.

La production issue du forage en eau très profonde représente 12% de la production offshore. " À elles seules, les plateformes de la région du Golfe du Mexique fournissent 1,6 million de barils de pétrole par jour, près du tiers de la production américaine." Le marché de la construction offshore s’est réduit de 3% en 2009 par rapport à 2008, après avoir crû de 27 milliards, à 54 milliards de dollars les quatre années précédentes. Le marché du forage en mer a progressé de 2,5 % par rapport à 2008, à 44 milliards de dollars.

Les réserves terrestres s'épuisent ou restent sous le contrôle étroit des compagnies nationales des États de l'Opep. Pour l'industrie pétrolière, l'offshore profond représente l'avenir. Après cet accident, pensent-ils toujours la même chose ?

BP a une fois de plus le 15 juillet 2010 fait une autre tentative pour stopper l'écoulement du pétrole dans le golfe du Mexique, suite à la panne de l'obturateur du précédent dispositif, va-t-elle enfin tenir ?

(Lefigaro.fr, AFP, Reuters, 20minutes, challenges.fr, cyberpresse.ca, lemonde.fr, REUTERS/Lee Celano, lesechos.fr, leparisien.fr, lepoint.fr, REUTERS, letemps.ch).

Les scientifiques s'inquiètent.

Les scientifiques réunis à Monaco le 30 janvier 2009 soutiennent que les écosystèmes marins du monde risquent d’être gravement compromis par l’acidification des océans, à moins que n’interviennent des réductions drastiques des émissions de CO2. Plus de 150 océanographes de premier plan ont fait part de leurs inquiétudes à travers la « Déclaration de Monaco », qui met en garde sur l’accélération de l’acidification des mers. Une déclaration qui se fonde sur les conclusions d’un précédent sommet international, elle stipule que l’évolution des niveaux d’acidité est 100 fois plus rapide que la variabilité naturelle. Les scientifiques se sont appuyés sur les priorités de recherche identifiées par un symposium consacré à l’océan et à l’élévation des teneurs en CO2 qui s’est tenu en Octobre 2008. « Nous, scientifiques qui nous sommes réunis à Monaco pour rassembler les connaissances sur l’acidification des océans, déclarons que nous sommes profondément préoccupés par les récentes évolutions rapides de la chimie des océans et de leurs potentiels à affecter dans quelques décennies les organismes marins, les réseaux alimentaires, la biodiversité et les pêcheries. »

Cette déclaration invite les décideurs à stabiliser les émissions de CO2 « à un niveau assurant la sécurité et évitant non seulement de dangereux changements climatiques, mais également une dangereuse acidification des océans ». Les chercheurs avertissent que l’acidification des océans, qu’ils désignent comme « l’autre problème du CO2 », peut rendre la plupart des régions de l’océan inhospitalières pour les récifs coralliens d’ici à 2050, si les niveaux de CO2 dans l’atmosphère continuent de croître. Ils indiquent par ailleurs que ce phénomène pourrait provoquer des changements substantiels dans les stocks de poissons, menaçant la sécurité alimentaire de millions de personnes. « La chimie est tellement fondamentale et les changements interviennent de manière tellement rapide et importante que les impacts sur les organismes apparaissent inévitables », déclare le Dr James Orr, le président du symposium. « Désormais, les questions sont : à quel point cela sera-t-il néfaste et à quel point cela arrivera rapidement. » (contreinfo.info du 01/02/09).

Même en cessant complètement les émissions, les quantités de chaleur et de CO2 accumulées dans les oceans continueront à se libérer lentement, prolongeant le réchauffement durant des centaines d’années. Avec l’augmentation des émissions de dioxyde de carbone, la planète subira des perturbations de l’environnement à long terme. Les dégâts provoqués vont persister, même lorsque les émissions seront contrôlées, affirme l’auteur d’étude, Susan Solomon, qui est l’un des climatologues les plus réputés. « Les gens ont cru que si nous cessions d’émettre du dioxyde de carbone le climat serait revenu à la normale dans 100 ans ou 200 ans. Ce que nous montrons, c’est que ce n’est pas vrai. Il s’agit essentiellement d’un changement irréversible qui durera plus d’un millier d'années », affirme Mme Solomon. Les océans absorbent actuellement une grande partie de l’excès de chaleur de la planète, et une grande partie du dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère. Mais le dioxyde de carbone et la chaleur finiront par être restitués par l’océan. Et ce processus aura lieu pendant plusieurs centaines d’années.

Illustration : niveau résiduel de CO2, température et élévation du niveau de la mer en l’an 3000, selon le niveau de pic des émissions de CO2 (ligne du bas).

Le taux de mortalité des arbres a doublé en moins de trente ans dans les forêts de l’ouest américain. Ce phénomène, qui concerne toutes les espèces, serait dû au stress hydrique, en corrélation avec le réchauffement climatique, estiment les chercheurs. La mortalité a augmenté de façon spectaculaire, concerne toutes les espèces, et ne dépend pas de l’âge ou de la localisation des arbres. Elle a doublé dans les régions nord ouest en 17 ans, en Californie en 25 ans et dans les régions intérieures en 29 ans. Les scientifiques attribuent ce phénomène à l’allongement des périodes de sécheresse durant l’été, en corrélation avec le réchauffement climatique. Ils ont étudié la possibilité que la pollution atmosphérique soit responsable de cette mortalité, sans résultat probant. (contreinfo.info du 01/02/09).

Les scientifiques préconisent une réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990 pour l’ensemble des pays développés. Pour l'instant, les pays riches ne se sont engagés que sur un total de moins de 10%. Les États-Unis, deuxième plus grand pollueur du monde, plus grand émetteur mondial de l’histoire, se sont engagés à une réduction d’environ 4% par rapport aux niveaux de 1990, soit 17% sur les niveaux de 2005. (contreinfo.info du 06/11/09).

Selon l'Organisation météorologique mondiale (l'OMM), la concentration de la plupart des gaz à effet de serre avait atteint en 2008 des niveaux jamais égalés depuis l'époque préindustrielle. En 2008, les 200 stations de mesures, réparties dans une cinquantaine de pays, ont calculé qu'en moyenne, le nombre de molécules de dioxyde de carbone (CO2) est aujourd'hui de 385,2 parties par million (ppm), soit une hausse de 2 unités par rapport à 2007. C'est une croissance exponentielle de 0,52 % qui se répète depuis de nombreuses années. Le président de l'organisation, Michel Jarraud, affirme que « les nouvelles ne sont vraiment pas bonnes : la concentration de gaz à effet de serre continue d'augmenter et même à un rythme un peu plus rapide, nous sommes de fait plus près du scénario pessimiste envisagé par le Groupe international d'experts sur le changement climatique (GIEC). » La concentration a même progressé de 38 % depuis 1750, elle atteignait 280 ppm avant la révolution industrielle.

Les dernières estimations montrent que les émissions de CO2 ont progressé de 2 % en 2008, et devraient baisser légèrement en 2009 du fait de la crise économique. Le CO2, principal gaz à effet de serre d'origine humaine émis dans l'atmosphère contribue en moyenne depuis 1750 pour 63,5 % à l'accroissement du forçage radiatif global, ce taux est passé à 86 % au cours des cinq dernières années. Les émissions de méthane qui ont nettement augmenté entre 2007 et 2008 alors qu'elles étaient restées stable de 1999 à 2006. Les CFC qui s'attaquent à la couche d'ozone ont vu leur concentration diminuer lentement après avoir été interdits par le Traité de Montréal. D'autres gaz industriels tels les hydrochlorofluorocarbones (HCFC) existent. (lesechos.fr du 24/11/09).

Une large enquête des services géologiques américains US Geological Survey a montré que tous les poissons d'eau douce testés aux Etats-Unis contiennent du mercure, un puissant neurotoxique. "Les scientifiques ont détecté une contamination au mercure dans chacun des poissons testés dans les 291 rivières et points d'eau à travers le pays". Un quart de ces poissons ont un niveau de mercure qui dépasse le seuil autorisé pour leur consommation "en quantité normale" par des humains et déterminé par l'Agence américaine pour la protection de l'environnement (EPA). Les deux-tiers des poissons contiennent même trop de mercure pour une consommation sans danger par d'autres mammifères se nourrissant de poissons. La pollution des eaux par le mercure se fait essentiellement à travers la pollution atmosphérique et les retombées des pluies mais aussi par les industries minières de charbon et d'or. (romandie.com du 20/08/09). Certains scientifiques prévoient que si le réchauffement climatique continue à ce rythme, tous les poissons disparaîtrons de la surface du globe à l'horizon 2048.

Selon Scott A. Mandia, Météorologue, les calottes glaciaires et les glaciers sont en train de fondre rapidement. Les différents modèles climatiques montrent que les gaz à effet de serre sont responsables d’un mécanisme majeur du forçage du climat. Les bases de données GISS, UAH, et RSS montrent un réchauffement global d’environ 0.2°C par décennie au cours des 30 dernières années. La stratosphère, est en cours de refroidissement (même en tenant compte de la perte d’ozone), l'océan s’est réchauffé. Les plantes et les animaux meurent et/ou modifient leurs habitudes migratoires. Et Selon certains experts, un doublement du CO2 dans l’atmosphère provoquera un réchauffement du climat d’au moins 1°C, les rétroactions résultantes induiront au moins 2°C de réchauffement supplémentaire, et plus probablement 3°C. Des mesurent révèlent une élévation du taux de CO2 de 2 ppm par an, en augmentation (sauf en 2008 où il y a eu une légère baisse due à la récession mondiale) et l'on atteint des niveaux qui n’ont pas été observés au cours des 15 derniers millions d’années. De nombreux scientifiques (climatologues, météorologues, géologues, modélisateurs, et océanographes, biologistes, biologistes marins, zoologues, chimistes, astrophysiciens, économistes, chercheurs sur les questions environnementales et autres), travaillant dans de nombreux domaines de recherche, ont publié des données montrant les effets du réchauffement planétaire, et indiquant que les êtres humains en sont les principaux responsables. (contreinfo.info du 03/12/09).

Cependant, Vincent Courtillot, géophysicien et directeur de l'Institut de physique du globe de Paris a une autre version. Il affirme que les activités de l'homme ne sont pas responsables du changement climatique. Selon lui, son groupe scientifique démontre que la température moyenne du globe descend depuis dix ans, elle procède de la même manière que le fait la température du soleil qui baisse également. Donc pour lui et quelques autres scientifiques, le gaz carbonique n'est pas responsable des observations climatiques du 20ème siècle.

Pour freiner le réchauffement climatique ou sécuriser les approvisionnements énergétiques fondés sur des ressources fossiles limitées, il faut une révolution. L'énergie représente les deux tiers des rejets de gaz à effet de serre d'origine humaine. L'inaction pourrait coûter 5 % de PNB mondial par an, selon Sir Nicholas Stern, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, et une politique de réduction des rejets de gaz à effet de serre coûterait 1 % du PNB par an. Comme pour toute prévision, le rapport Stern est contestable et contesté, mais son étude économique est la plus poussée sur le sujet. En examinant, secteur par secteur, région par région, la panoplie des outils disponibles, l'AIE chiffre à 10 500 milliards de dollars l'investissement nécessaire pour limiter le réchauffement. Chaque année d'attentisme ajouterait à la facture 500 milliards. (lefigaro.fr du 07/12/09).

Au nord du Brésil, la situation reste préoccupante malgré quelques progrès depuis quelques années. La déforestation représente 20 % des émissions de gaz à effet de serre, plus que les transports.

Même si les arbres stockent du CO2 au cours de leur croissance, ils le relâchent après être abattus. L'Amazonie, l'Indonésie et le bassin du Congo sont au cœur des enjeux. Le recul de la forêt est passé de quelque 30 000 km² par an en 2004 à 7 000 km² en 2009. La forêt indonésienne est la deuxième couverture forestière par la taille, après le Brésil, mais l'Indonésie «est le troisième plus gros émetteur de CO2 au monde après les États-Unis et la Chine». Dans le bassin du Congo, l'équivalent de la surface de la France est exploité de façon industrielle. (lemonde.fr du 10/12/09).

Selon un rapport de l'Institut international de la gestion de l'eau (IWMI) présenté mardi 18 août 2009 matin à la Semaine de l'eau organisée à Stockholm (Suède), l'Asie est parvenue à l'autosuffisance alimentaire, grâce à l'irrigation qui tient une place centrale dans l'agriculture. 34% des surfaces agricoles sont irriguées en Asie contre 8 % en Europe et 10 % en Amérique du Nord. En Chine (1,3 milliard d'habitants) et en Inde (1,1 milliard), la culture du riz irrigué a permis l'autosuffisance alimentaire à partir des années 1970, mais les recettes de la «révolution verte» (irrigation, engrais, semences à haut rendement) ont atteint leurs limites, les nappes phréatiques sont polluées et leur niveau est descendu de façon dramatique au cours des dernières années. En Inde, par exemple, le nombre des pompes électriques individuelles s'est accru considérablement, ce qui fait que dans l'État d'Haryana (nord du pays), le niveau des nappes est descendu de 60 mètres en dix ans et une partie des sols sont salés et ont perdu leur fertilité. "Le gaspillage des ressources en eau est gigantesque".

L'Inde a 1,1 milliard d'habitants, d'où émerge depuis quelques années une large classe moyenne, elle deviendrait le pays le plus peuplé du monde à l'horizon 2050 selon le fonds des Nations unies pour la population (UNFPA). Environ 60% des 140 millions d'hectares cultivables dépendent encore des pluies de la mousson. L'Inde ne produit que 3.000 tonnes par hectare, alors que d'autres pays en produisent 6.000. Cette situation pousse l'Inde à concentrer ses efforts sur la qualité et les technologies agricoles afin de résoudre les problèmes de stockage entre deux récoltes et de conservation par le froid. Il ya une pénurie de sucre et de légumes due à une médiocre mousson entre juin et septembre 2009. Les prix des denrées alimentaires ont par voie de conséquence flambé de 19% en 2009. Le prix du sucre a quasiment doublé depuis janvier 2009.

Le réchauffement climatique et la fonte progressive des glaciers himalayens pourraient aggraver la pénurie en eau dans les prochaines décennies en limitant les réapprovisionnements. Entre 1961 et 2003, le taux des surfaces irriguées est passé de 27 % à 82 % dans certaines régions d'Asie du Sud. Pour réparer les dégâts, l'Asie doit revitaliser ses vastes systèmes d'irrigation, qui représentent 70 % des terres irriguées dans le monde entier et trouver de nouvelles méthodes pour remédier aux dégradations dues à des années de négligence. Pour y parvenir, il faut une meilleure utilisation de l'eau, grâce à de nouveaux moyens de stockage ou de circulation et à de nouveaux services et réglementations. Car l'eau va devenir une ressource rare. La proportion de la population de l'Asie dans la population mondiale est de 58%, alors que ses ressources en eau représentent seulement le tiers des ressources en eau de la planète.

La population asiatique est de 4,2 milliards d'habitants en 2009, elle augmentera de 2,5 milliards en 2050 pour se rapprocher de 7 milliards d'habitants, la demande asiatique d'alimentation humaine et animale devrait en conséquence doubler dans les quarante prochaines années. La plupart des pays du continent asiatique risqueraient d'importer un quart du riz et du blé dont ils auront besoin pendant cette période, si des réformes majeures dans la gestion de l'eau et de l'irrigation ne sont pas engagées rapidement. Le riz, dont la culture est tributaire de l'eau, est la principale ressource alimentaire de la Chine et de l'Inde. D'ici 2025, les prélèvements en eau augmenteront de 50% dans les pays en développement et de 18% dans les pays développés. Et 1,8 milliard de personnes dans le monde habiteront dans des régions ou des pays en pénurie d'eau, et deux tiers de la population mondiale seront sous-conditionnés de stress hydrique, c'est-à-dire dans une situation où la demande est au dessus des ressources disponibles. Selon les projections des Nations unies, le monde comptera 9,1 milliards d'habitants en 2050, contre 6,8 milliards en 2009. Soit une augmentation de 34 %.

La production annuelle de viande a plus que doublé sur la planète entre 1980 et 2007, et celle de lait a augmenté de près de moitié. Selon un rapport de la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation, publié jeudi 18 février 2010, la production mondiale de viande devrait doubler pour atteindre 463 millions de tonnes pour répondre à la demande mondiale. Un Chinois qui consommait 13,7 kg viande en 1980 en mange maintenant en moyenne 59,5 kg. Dans les pays développés, on mange plus de 80 kg/personne/an. Habituellement, lorsque le revenu augmente, la consommation de produits carnés et laitiers augmente aussi. L'agriculture produit actuellement 4600 kilocalories/jour/habitant, suffisant pour nourrir 6 milliards d'individus. Cependant, sur ce total, 800 sont perdues au champ (maladies, insectes, stockage...), 1500 sont dédiées à l'alimentation des animaux, qui n'en restituent en moyenne que 500 dans l'assiette et 800 sont encore perdues en gaspillage dans les pays développés.

Entre 1970 et octobre 2009, la consommation de viande est passée de 25 kg par personne et par an à 38 kg, sous l'impulsion des pays développés, de la Chine et de certains pays d'Amérique du Sud. Ces conversions à des régimes carnés accroissent encore les besoins en matières premières agricoles : en tenant compte de l'alimentation des bêtes, il faut 4 calories végétales pour produire 1 calorie animale dans le cas du porc ou du cochon ; un ratio qui monte à 11 calories végétales pour le boeuf ou le mouton. Pour nourrir la population mondiale d'ici à 2030, il faudrait accroître la production alimentaire mondiale de 40%. En 2009, le nombre de personnes sous-alimentées de manière chronique a franchi le cap du milliard, un symbole de l’échec du capitalisme outrancié imposé depuis cinq siècles. Actuellement, 25% des habitants les plus nantis de la planète utilisent 80% des ressources disponibles et génèrent 70% de la pollution mondiale. De plus, l'élevage coûte cher à l'environnement avec 8% de la consommation mondiale d'eau, 18% des émissions de gaz à effet de serre (davantage que les transports) et 37% du méthane (21 fois plus réchauffant que le CO2) émis par les activités humaines. Plus d'un tiers (37%) de la production mondiale de céréales sert à nourrir le bétail -56% dans les pays riches- selon le World Ressources Institute.

En outre, de nombreuses espèces vivantes tendent à disparaître, ce qui va réduire les composants de la chaîne alimentaire. Par exemple, la population de spécimens de thon rouge en âge de se reproduire est anéantie, leur survie est donc menacée. La méditerranée qui est le lieu de reproduction de l'espèce se dépeuple, les stocks ont baissé de 75% entre 1950 et 2010. Selon une analyse virtuelle de la population des thons de la Méditerranée et de l'Atlantique, effectuée en 2008 par les scientifiques de la Commission inernationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA), en estimant les captures entre 1995 et 2007, la mesure absolue du déclin est estimée à 74,2%, et la plus grande partie (60,9%) s'est déroulée entre 1997 et 2007. En 1957, les stocks étaient de 305136 tonnes, ils ont chuté à 201479 tonnes en 1997 et sont descendus à 78724 tonnes en 2007. La France est le premier pays pêcheur du thon rouge avec 20% des captures déclarées, viennent ensuite l'Espagne avec 16%, l'Italie avec 14%...

Le Japon consomme 70% du thon en provenance de la Méditarranée. Les scientifiques de la Commission internationale de la conservation des thonidés de l'Atlantique ont recommandé en 2007 des quotas de captures allant de 8000 tonnes à 15000 tonnes. En 2007, les quotas réglementaires étaient fixés à 28500 tonnes, en 2009 à 22000 tonnes, en 2010 à 19950 tonnes et 18500 tonnes en 2011. Cependant, ces mesures réglementaires n'ont pas été respectées, les quantités pêchées en "estimations de prises réelles", ont été de 60000 tonnes en 2007 et 50000 tonnes en 2009. Une résolution de la Principauté de Monaco pour l'interdiction de la pêche estime, elle, à 30000 tonnes les prises illégales de thons rouges dans l'Atlantique et la Méditerranée.

(lefigaro.fr du 17/08/09, ASSOCIATED PRESS, Alternatives Economiques, alterinfo.net du 22/12/09, Le Monde Magazine, lematin.ch du 07/12/10, lesechos.fr du 19/02/10, lexpress.fr du 23/02/10, cites.org, Diplomatie 43).

L'époque de "l'eau facile" est terminée

L'époque de "l'eau facile" est terminée et des politiques de "régulation de la demande" sont désormais indispensables, a estimé lundi 9 mars 2009 à Paris Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l'eau. "Le temps de la croissance exponentielle de la demande est terminé. L'eau facile, c'est terminé. Nous devons entrer dans des politiques de régulation de la demande". "Depuis 50 ans, les politiques de l'eau dans le monde entier ont consisté à apporter toujours plus d'eau. On ne s'est absolument pas soucié de la consommation d'eau qui a pris des proportions de gaspillage éhonté dans certains pays". "Certaines villes des Etats-Unis consomment jusqu'à 1.000 litres d'eau par jour et par habitant là où dans une région d'Afrique on en consommera 40. Il y a des inégalités qui sont aujourd'hui inacceptables". "Nous devons nous interroger sur notre rapport avec l'eau, tous, partout dans le monde, et faire en sorte de consommer moins d'eau". (romandie.com du 09/03/09).

Une situation insolite pour l'humanité. Entre 1970 et 2007, les importations et les exportations sont passées de 20% du produit intérieur brut (PIB) des différents pays à 51% en moyenne mondiale. Mais n'en déplaise aux absolutistes, dans le même temps selon la Banque mondiale, le PIB qui progressait de 3,3% par an pendant les années 1960 a reculé à 1,9% par an dans les années 1970, et à 1,4% pendant les années 1980 et 1990, même s'il est remonté à 1,8% entre 2001 et 2007. Les absolutistes qui avaient promis monts et merveilles doivent se mordre les doigts. En 1960, les pays riches comptaient 710 millions d'habitants qui gagnaient en moyenne 8654 dollars, alors que les 399 millions d'habitants des pays dits pauvres touchaient en moyenne trente fois moins. En 2007, la population des pays dits riches est passée à 1,056 milliard d'habitants avec un revenu moyen de 28777 dollars, alors que les 1,296 milliard d'habitants classés pauvres touchaient quatre vingt-neuf fois moins par habitant.

Source : fr.yahoo.com

Enfin, la théorie de la Relativité économique existe depuis la fin des années 1990, les prévisions se sont révèlées justes et à la lumière de la crise des subprimes, elle est entrain d'être mise au goût du jour et généralisée. Les premières idées ont commencé à germer à la fin des années 1980, suite à des incohérences, des insuffisances et des aberrations théoriques décelées sur les bancs d'un amphi universitaire, puis elles ont été exploitées à partir de 1995.

Le Point de vue de Cristina Kirchner, présidente de l'Argentine

Lors du sommet ibéro-américain à San Salvador, la présidente argentine, Cristina Kirchner, a fait entendre la voix dissonante de son pays dans le débat précédant le sommet du G20 le 15 novembre 2008, auquel elle participera. Elle S’est attaqué au modèle néo-libéral déchu qui fut imposée pendant des années aux pays en développement, elle a appelé les dirigeants des pays industrialisés à faire preuve de leadership afin de proposer une alternative ne sacrifiant pas les secteurs les plus vulnérables de la société. Cette crise est l’une des plus graves à laquelle l’humanité ait été confrontée dans son histoire, a-t-elle dit. Il faut bien comprendre que contrairement à ce qui est enseigné, « l’économie n’est pas une science exacte. Il ne s’agit pas de la valeur des monnaies, il ne s’agit pas de monétarisme. L’économie est profondément une science sociale reflétant les désirs, les besoins, les aspirations et les espoirs de la société. »

Ceux qui ont conçu le ‘consensus de Washington’ croyaient possible que l’argent s’auto-reproduise, sans travail, ni production. « Ils ont de brillants jeunes hommes assis devant des ordinateurs qui rêvent d’instruments financiers promettant des profits infinis, sans que quiconque ne comprenne comment ce pourrait être possible. » Pour elle, la faillite de ce système était inévitable. Lorsque l’économie n’est pas considérée comme étant au service de l’humanité, on en arrive à des choses telles que le système privé de retraite imposé à l’Argentine en 1994. Ces fonds privés ont organisé le pillage des souscripteurs au point que le gouvernement a été obligé d’intervenir pour garantir ces pensions. Les administrateurs de ces fonds se sont comportés en véritables bandits : ils ont amassé des commissions et des profits exorbitants, laissant les retraités mourir. La dette engagée par l’Etat afin de sauver le système privé de retraite s’élève, selon elle, à 50% de la dette extérieure de l’Argentine. (alterinfo.net du 07/11/08).

L'Autriche a-t-elle joué au gigantesque Casino ?

De gigantesques sommes du patrimoine national ont été perdues à tout jamais dans ce casino mondial. L'Autriche est engagée dans les pays de l'Est de l'Europe par 600 milliards d’euros, ce qui représente près du double du produit brut intérieur. Les crédits ne seront jamais remboursés et ces engagements ont déjà perdu entre 50 et 80% de leur valeur ; pour sauver ce qui reste, on injecte de nouveaux crédits. Les cours des banques et sociétés d’assurances, fortement exposées, telles que Raiffeisen International, Erste Bank ou Vienna Insurance ont chuté comme des feuilles mortes en automne 2008, des banquiers fort honorés tels que Treichl ou Konrad ou encore Stepic en sont à demander de l’aide auprès de l’Etat. La banque de crédit communal (Kommunalkreditbank), fondée à l’origine pour soutenir les communes, a perdu des centaines de millions dans des spéculations à Chypre et en Islande ; elle fut vendue à l’Etat pour deux euros. La Volksbank doit faire son deuil de 362 millions d’euros dans ses participations à cette banque et en plus réinvestir 300 millions pour des «affaires structurelles» avec des banques en faillite en Islande, avec Lehman&Brothers, etc. Elle en est à solliciter un milliard d’euros auprès de l’Etat.

En outre, Les contrats de leasing transfrontaliers, conclus par les communes et des entreprises relevant de l’Etat, s’élèvent à 20 ou 30 milliards euros. La firme Tiwag a vendu son usine électrique de Sellrain-Silz pour environ 1,5 milliard d’euros, puis l’a reprise en leasing pour cent ans. Le prix de vente fut déposé dans des banques étrangères. Mais, les banques de dépôts s’effondrent l’une après l’autre, et de larges franges du prix d’achat disparaissent et ce qui reste c’est l’obligation pour la firme Tiwag de payer l’emprunt pendant cent ans! De même, les huit usines électriques sur le Danube ont été bradées de la même façon, de même que le métro et le réseau de tramways viennois, sans oublier une partie du réseau de canaux viennois, des réseaux de courant et de gaz dans le Burgenland, les gares, les locomotives, les wagons et les installations de signaux des chemins de fer autrichiens (ÖBB), le chauffage à distance de la ville de Linz, les installations de surveillance aérienne d’Austro Control, les services de triage de la poste, etc. Rien qu’en Basse-Autriche, 150 communes se sont laissé embarquer dans ces contrats de leasing transfrontaliers, vendant tout, de la mairie à la distribution de l’eau et aux stations d’épuration, bref tout ce qui pouvait être monnayé.

Maintenant ils tentent de récupérer de Raiffeisen les pertes que cette banque leur a causées par ses conseils. Le comble a été atteint par les services communaux d’Innsbruck qui, du temps du préfet van Staa, avaient vendu leur réseau de canaux, puis souscrit un contrat de leasing pour ce réseau pour 250 ans! Tout le monde a cru, à l’aide aussi de fraude fiscale, pouvoir faire de grosses affaires ; mais actuellement les contrats contraignants, ressemblant fort à une expropriation, font apparaître les risques encourus. Les banques autrichiennes ont investi 2,7 milliards d’euros en Islande, dont 1 milliard rien que par Raiffeisen. Seule une petite partie de ces investissements dirigés par la suite vers les Etat-Unis sera récupérée. Les dédommagements des investisseurs particuliers, à qui on avait promis que les «produits structurés» étaient «inattaquables», provoqueront d’autres pertes. Depuis des années, les Etats-Unis sont en faillite et doivent être soutenus par l’étranger à hauteur de 2 à 3 milliards de dollars par jour. Cependant, les «génies financiers» autrichiens vidèrent les caisses de pensions et transférèrent les économies des Autrichiens aux Etats-Unis pour y acquérir des hypothèques pourries. Les retraités confiants en sont pour leurs frais et doivent accepter des réductions de leurs rentes. Le fonds de grève des syndicats, d’un montant de 3 milliards d’euros, à disparu dans les Caraïbes et les membres du syndicat national ont été grugés par leurs dirigeants.

De plus, la compagnie d’aviation Austrian Airlines (AUA) avait obligé ses actionnaires à augmenter le capital, déposa une partie aux Etats-Unis et la perdit. Elle est maintenant vendue pour 1 euro pour autant que le gouvernement se montre prêt à y injecter 500 millions pour aguicher l’acheteur. Depuis sa création, cette compagnie a toujours dû être soutenue, n’arrivant pas à vivre par elle-même. Les Chemins de fer autrichiens (ÖBB) en firent de même, investissant les subventions accordées pour le développement de l’entreprise à l’étranger. Les pertes se montent, selon la publication économique Wirtschaftsblatt du 19/10/08, à 600 millions d’euros. Le nouveau gouvernement de coalition se voit maintenant contraint d’injecter de nouveaux milliards de subventions dans les Chemins de fer autrichiens. (alterinfo.net du 18/12/08 par Friedrich Romig, qui a enseigné l’économie politique à Vienne, Graz et Aix-la-Chapelle).

Les quatre grandes banques autrichiennes - Bank Austria, Erste, Raiffeisen et Volksbanken - se sont en effet lancées au début des années 1990 à la conquête des marchés de l'Europe de l'Est et s'y sont taillé la part du lion. Engagée à hauteur de 230 milliards d'euros, l'Autriche est le premier investisseur européen de la région, avec près de 20 % du marché, devant l'Allemagne, l'Italie et la France. Mais la crise a eu pour effet la dépréciation des monnaies nationales. Or, dans ces pays d'Europe de l'Est, plus de la moitié des prêts consentis sont libellés en devises étrangères. Le montant des crédits à rembourser s'en est donc trouvé multiplié par les pertes de change. Un tiers des ménages roumains ont ainsi vu leurs remboursements d'emprunt augmenter de 30 %. Une bombe à retardement pour des banques telles que Erste, la plus engagée sur le marché roumain. En Ukraine, placée sous perfusion par le Fonds monétaire international (FMI), la devise locale, la hrivna, a perdu 30 % de sa valeur. La banque Raiffeisen, pionnière sur ce marché, y a misé 6 milliards d'euros. Le gouvernement autrichien a mis sur pied un plan de sauvetage doté de 100 milliards d'euros, dont 15 milliards mis à la disposition des banques pour des recapitalisations. Volksbanken et la banque régionale Hypo Alpe Adria, principal investisseur en Croatie, y ont eu recours. (lemonde.fr du 14/02/09).

L’agence de notation Moody’s Investors Services a fait part dans un communiqué résumant les grandes lignes de son rapport que les banques de six pays (Autriche, Italie, France, Belgique, Allemagne et Suède) détenaient à elles seules 84% des avoirs revendiqués par les banques ouest-européennes en Europe de l’Est. Au sein de ces pays, les banques autrichiennes sont de loin les plus exposées, devant les banques italiennes et scandinaves. Dans les pays visés, certaines banques concentrent le plus gros des risques. Le rapport vise les établissements autrichiens Raiffeisen et Erste Bank, mais aussi la Société générale, l’italien UniCredit et le belge KBC. (marches.lefigaro.fr du 17/02/09).

Les banques autrichiennes ont investi quelque 277 milliards de dollars (216 milliards d'euros) en Europe de l'Est. L'Autriche devance ainsi très nettement l'Allemagne et l'Italie, qui ont prêté chacune environ 220 milliards de dollars. Les intérêts des banques autrichiennes en Europe orientale représentent l'équivalent de 70 % du PIB national. Viennent ensuite la Belgique (33 %), la Suède (25 %) et la Grèce (20 %). L'Autriche est en grand danger. Si ses banques enregistraient une perte de 10 % sur les prêts qu'elles ont consentis à l'Est, le préjudice s'élèverait à 7 % du PIB. Même si le déficit budgétaire autrichien est inférieur à 1 % du PIB, le montant total de la dette nationale représente 60 % du PIB. (fr.news.yahoo.com du 23/02/09).

En choisissant de se retirer absolument de la sphère économique sous la pression théorique des absolutistes, l'Etat a fait montre de son incapacité à élaborer en son sein des structures intellectuelles de résistance, ce que nous appelons la matière idéeique lumineuse structurée pour contrecarrer les plans nauséabonds du fondamentalisme économique et intellectuel. Il faudrait mille Madoff pour que l'économie mondiale brûle 50 000 milliards de dollars, un montant équivalent au PIB mondial qui assure la subsistance de plus de six milliards d'êtres humains. "Les institutions et les élites du monde économique (universités, organismes de régulation, banques centrales, responsables gouvernementaux ou académiques, organisations diverses employant des économistes, Le Nobel d'économie) ont perdu leur légitimité avec l’échec du système". Voici une analyse de Paul Krugman, prix nobel d'économie 2008 révélatrice de cet échec cuisant.

Un monde devenu fou ?

La révélation que Bernard Madoff - un investisseur brillant (ou tout au moins vu comme tel), philanthrope, une figure de la communauté - était un escroc, a choqué le monde entier, de façon fort compréhensible. L’ampleur prise par son escroquerie pyramidale de 50 milliards est difficile à comprendre. En prenant en compte les rendements spectaculaires et réguliers que Madoff prétendait générer, son escroquerie porte sur plus de 64 milliards de dollars. A quel point l’histoire de Madoff est-elle différente de celle de la finance dans son entier ?

Le secteur des services financiers a obtenu une part toujours croissante des revenus de la nation durant ces 20 dernières années, ce qui a rendu les dirigeants de ce secteur incroyablement riches. Or la majorité des entreprises du secteur ont détruit de la valeur, au lieu d’en créer. La grande richesse acquise par ceux qui ont géré l’argent des autres a eu un effet corrupteur sur notre société dans son ensemble. En 2007, le salaire moyen des employés du secteur « valeurs mobilières, contrats sur les matières premières et investissements » s’établissait à plus de quatre fois le salaire moyen pratiqué dans le reste de l’économie. Gagner un million de dollars était banal, et même des revenus de 20 millions de dollars ou plus étaient assez communs. Les revenus des Américains les plus riches ont explosé depuis 20 ans, alors que dans le même temps les salaires des travailleurs ordinaires stagnaient. Les hauts revenus de Wall Street ont été l’une des principales causes de cette divergence. Le système de rémunération en vigueur à Wall Street récompense généreusement l’apparence de profit, même si ultérieurement cette apparence se révèle n’être qu’une illusion.

En prenant l’hypothèse d’un gestionnaire de fonds qui fait jouer un effet de levier en ajoutant un paquet d’argent emprunté à celui apporté par ses clients, puis investit ce total dans des actifs risqués à haut rendement, comme ces titres douteux adossés aux emprunts immobiliers. Pendant un certain temps - disons, tant que la bulle immobilière continue de gonfler - il (c’est presque toujours un « il ») fera de gros profits et recevra de gros bonus. Puis, lorsque la bulle éclate et que ses investissements se transforment en déchets toxiques, ses investisseurs perdront gros - mais lui conservera ses primes. M. Madoff par contre aurait apparemment sauté quelques étapes, en se contentant de voler l’argent de ses clients plutôt que d’empocher de gros frais de gestion tout en les exposant à des risques qu’ils ne comprenaient pas. Il y a beaucoup d’argent en jeu dans cette histoire. Ces dernières années, le secteur financier représentait 8% du PIB américain, contre moins de 5% une génération plus tôt. Si ces 3% supplémentaires ont été obtenu sans raison - et c’est probablement le cas - cela représente 400 milliards de dollars par an de gaspillage, de fraude et d’abus. Mais la facture de cette ère de l’Amérique des escroqueries pyramidales va certainement au-delà du gaspillage de dollars. Car les gains injustifiés de Wall Street ont corrompu et continuent à corrompre le monde politique, Démocrates comme Républicains. Depuis les fonctionnaires de l’administration Bush comme Christopher Cox, le président de la Securities and Exchange Commission, qui a détourné le regard lorsque s’accumulaient les preuves de fraude financière, jusqu’aux Démocrates qui n’ont toujours pas mis fin à la scandaleuse niche fiscale qui bénéficie aux dirigeants des hedges funds et des fonds privés d’investissements (bonjour M. le sénateur Schumer !), les hommes politiques ont répondu à l’appel de l’argent.

"Aux Etats-Unis, la dette du secteur financier est passée de 22 % du PIB en 1981 à 117 % du PIB au troisième trimestre de 2008, alors que la dette des entreprises non financières qui était de 53 % est passée à 76 % du PIB". "Plus de 325'000 emplois ont été supprimés dans les services financiers dans le monde depuis août 2007, selon un rapport du Bureau international du travail (BIT), publié lundi 23 février 2009".

Krugman s'interroge alors à quel point l’avenir de son pays a-t-il été compromis par cette fascination pour l’enrichissement rapide qui a attiré pendant des années bon nombre de jeunes parmi les meilleurs et les plus brillants dans les banques d’affaires, au détriment de la science, du service public et d’à peu près tout le reste ? Il ajoute, les grandes richesses gagnées - ou qui auraient du l’être - par un secteur financier surdimensionné ont sapé notre sens de la réalité et altéré notre jugement. Il rappelle que pratiquement tous les dirigeants n’ont pas su voir les signes annonciateurs d’une crise imminente. Comment était-ce possible ? Comment, par exemple, Alan Greenspan a-t-il pu déclarer il y a quelques années que « le système financier dans son ensemble est devenu plus résilient » - grâce à rien moins que les produits dérivés ? Sa réponse ? Il existe une tendance innée chez l’élite à idolâtrer les hommes qui font beaucoup d’argent, et à en déduire qu’ils savent ce qu’ils font. Il conclut que l'humanité subit les conséquences d’un monde devenu fou, devenu Madoff. (contreinfo.info du 22/12/08, lefigaro.fr du 12/03/09).

Le destin de l'humanité

Martin Luther King

Je fais le rêve que les hommes un jour, se lèveront et comprendront qu'ils sont faits pour vivre ensemble comme des frères.

Je fais le rêve que, un jour, chaque noir de ce pays, chaque homme de couleur dans le monde entier sera juger sur sa valeur personnelle plutôt que sur la couleur de sa peau.

Je fais le rêve que, un jour, les ventres vides seront remplis, que la fraternité sera un peu plus que quelques mots à la fin d'une prière.

Je fais le rêve que, un jour, la guerre prendra fin, que les hommes transformeront les épées en soc de charrue et leurs lances en ébranchoirs, que les nations ne se lèveront plus les unes contre les autres et qu'elles n'envisageront plus jamais la guerre (...).

Avec cette foi, nous saurons tailler une pierre d'espoir dans la montagne de desespoir.

Avec cette foi nous pourrons travailler ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, aller en prison ensemble, soutenir la liberté ensemble. Ce sera un jour merveilleux. Les étoiles du matin chanteront ensemble et les fils de Dieu pousseront des cris de joie.

Nous pensons dans la relativité économique générale que pour en sortir et réparer les dégâts, il faudrait qu'à côté du rêve américain, il y ait un rêve humain, seul sensé être en mesure d'exorciser les stigmates de l'égoïsme absolutiste. Le FMI a indiqué que l'insuffisance des montants engagés par les plans de sauvetage sera pour lui la cause de la survenance d'une grande dépression. Certes, il est vrai que les plans de relance sont nécessaires, mais ils sont insuffisants pour rétablir les équilibres et engranger la croissance recherchée. Faire des plans de sauvetage et de relance les éléments centraux de sauvetage de l'économie dans la période actuelle, c'est se tromper de cible principale. Natixis et UBS ont reconnu l'existence d'actifs toxiques dans leurs bilans et ont crée des structures spécifiques pour les accueillir. Des spécialistes forts renommés clament haut et fort l'existence de ces actifs toxiques par centaines de mille ou millions de milliards de dollars. Dans le cas où cette information serait crédible, ne pas en tenir compte, ferait preuve d'une cécité intellectuelle volontaire, dangereuse pour l'humanité et criminelle.

A propos des plans de relance, l'économiste Joseph Stiglitz a souligné mardi 27 janvier 2009 que le FMI et les institutions internationales refont "les mêmes erreurs" que lors de la crise asiatique de 1997 en imposant des conditions trop restrictives aux pays touchés par la crise actuelle et auxquels il octroie des prêts. "Quand le Fonds monétaire international (FMI) prête comme actuellement de l'argent au Pakistan, à l'Islande, à l'Ukraine, il leur impose des taux d'intérêt élevés et une politique monétaire restrictive", a souligné le prix Nobel d'Econoomie 2001. "C'est exactement à l'opposé des politiques expansionnistes menées par la France ou le Royaume-Uni", a-t-il précisé lors d'une rencontre avec des journalistes à propos du documentaire "Le monde selon Stiglitz", coproduit par Arte et diffusé le 10 mars 2009.

"Le résultat, c'est que cet argent (prêté), assorti de telles conditions, va probablement affaiblir l'économie" de ces pays et rendre "plus difficile pour eux de rembourser ces fonds". Les institutions financières internationales doivent s'assurer que "l'argent prêté n'est pas dépensé en corruption", "il y a des mesures de précaution de base" à prendre avec l'utilisation de fonds prêtés, mais les institutions internationales vont "bien au-delà", affirme M. Stiglitz. "Elles limitent ce que ces gouvernements peuvent faire et nuisent à la démocratie" tout comme à "l'efficacité" des politiques. "L'ironie c'est que la crise actuelle n'était pas le résultat de mauvaises politiques dans les pays en développement mais aux Etats-Unis, pays qui dispose d'un droit de veto au FMI", et dont le modèle de capitalisme "a échoué lamentablement". "La bonne nouvelle c'est que le FMI a décidé qu'il y a quelques pays à qui il va donner un peu plus de marge de manoeuvre", à l'instar du Brésil, de la Corée du Sud ou de Singapour". M. Stiglitz a répété son leitmotiv selon lequel "il y a une autre façon d'organiser la mondialisation, plus efficace et juste pour les pays en développement". Si l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) "fournit des règles" pour le commerce internationale qui sont "défectueuses", elles valent mieux que de ne pas en avoir, car "en l'absence de règles, le danger, c'est de se réfugier dans le protectionnisme". Il déplore toutefois "les subventions massives que les pays développés" ont mises en place pour protéger leurs industries face à la crise, car "les pays pauvres ne peuvent en faire autant" ce qui crée un système "injuste". (boursorama.com du 27/01/09). Selon le président du parlement ukrainien Vladimir Litvine, "Il y a une série de recommandations du FMI qui sont apparemment impossibles à réaliser dans un avenir prévisible en Ukraine", par exemple, le relèvement progressif de l'âge de mise à la retraite et la hausse des tarifs du logement. (fr.rian.ru du 09/03/09).

Pour confirmer les craintes de Joseph Stiglitz, Riga vient d'ailleurs en effet de bénéficier d'un prêt de l'Union européenne, du Fonds monétaire international (FMI) et de ses voisins scandinaves d'un montant de 7,5 milliards d'euros c'est-à-dire le quart du PIB estimé pour 2009. En échange de leur aide, les médecins du FMI exigent de la Lettonie qu'elle avale l'amère potion de la rigueur. Le président a donné l'exemple en réduisant son traitement de 8 %. Le premier accueil a été violent avec une manifestation qui a dégénéré, le 13 janvier 2009, en émeute au sein même du Parlement. Lundi 26 janvier 2009, quelques centaines d'agriculteurs étranglés par les crédits ont manifesté à Riga. Avec une croissance annuelle de 10,4 % entre 2005 et 2007, ce pays de 2,2 millions d'habitants était le plus dynamique des Vingt-Sept. «Championne d'Europe de la surchauffe», selon une note de la mission économique française à Riga, la Lettonie, exportatrice de bois et d'équipements (machines agricoles, électroménager), détenait, en contrepartie, le record de l'inflation : 15,4 % en 2008. Cette année, selon les prévisions de Bruxelles, elle passera lanterne rouge de l'UE avec un PIB en chute de 6,9 %. (lefigaro.fr du 30/01/09). La hausse des prix à la consommation en Lettonie a ralenti en janvier 2009 à 9,8% comparé à janvier 2008, après 10,5% en décembre 2008 et 11,8%, a annoncé lundi 9 février 2009 le Bureau national des statistiques. Sur un mois, les prix ont augmenté en janvier 2009 de 2,2% par rapport à décembre 2008. Le taux moyen d'inflation en 2008 s'est élevé à 15,4%, comparé à 10,1% en 2007. Le produit intérieur brut (PIB) letton a chuté brutalement de 10,5% sur un an au quatrième trimestre 2008 après une baisse de 4,6% au troisième trimestre 2008, selon les estimations du Bureau national des statistiques publiées lundi 9 février 2009. La chute s'est accélérée dans le domaine de la production et des services. Selon les estimations, la production manufacturière a baissé de 11,3%, le commerce de détail de 15,6% alors que les services en hôtellerie et restaurants de 24,8%. Les recettes fiscales ont également baissé de manière significative, a annoncé le bureau. La Lettonie, pays balte de 2,3 millions d'habitants, traverse de graves problèmes économiques, après quelques années de croissance record dans l'UE. Selon les estimations de la Banque centrale et du gouvernement letton, le produit intérieur brut de ce pays pourrait baisser de 5% en 2009. (lesechos du 09/02/09).

C'est sans doute pour contrer les décisions du FMI, selon les quotidiens Vedomosti et RBC Daily du 5 février 2009, que les pays de la CEEA (Communauté économique eurasiatique) ont convenu de créer un fonds anticrise de 10 milliards de dollars. La Russie y contribuera à hauteur de 7,5 milliards de dollars, car pour l'instant, ses alliés ne sont pas en mesure d'alimenter ce fonds. La Russie y versera 7,5 milliards de dollars, soit la majeure partie du fonds et le Kazakhstan un milliard de dollars, a annoncé le président biélorusse Alexandre Loukachenko au cours d'une conférence de presse qui s'est tenue à l'issue du sommet. Selon les membres des délégations, les présidents auraient également dû s'entendre sur les versements d'autres pays : la Biélorussie, l'Arménie, le Kirghizstan et le Tadjikistan. Cependant, M. Loukachenko a déclaré que ces Etats détermineraient le montant de leurs quotes-parts dans un délai d'un mois. Comme l'a déclaré le président russe Dmitri Medvedev, la cotisation de chaque Etat doit être proportionnelle à son économie. Un Etat ne fournissant pas de contribution ne pourra pas prétendre recevoir l'argent du fonds. La Biélorussie, le Kirghizstan et l'Arménie, principaux alliés militaires de la Russie au sein de l'OTSC (Organisation du Traité de sécurité collective) ont reçu ces derniers temps de Moscou des crédits de stabilisation (1 milliard de dollars, 2 milliards de dollars et 500 millions de dollars respectivement). Minsk espère toujours recevoir un crédit de 100 milliards de roubles (environ 2,8 millions de dollars) d'aide désintéressée. Des investissements d'un montant de 1,7 milliard de dollars et 150 millions de dollars d'aide désintéressée ont été promis à Bichkek. Parallèlement, le même jour, les présidents de l'Arménie, de la Biélorussie, du Kazakhstan, de l'Ouzbékistan, du Tadjikistan et du Kirghizstan ont décidé, avec leur homologue Dmitri Medvedev, de créer des "forces armées collectives" afin de répondre à d'éventuelles menaces extérieures. La veille, c'est encore la Biélorussie qui avait signé un accord sur la création d'un système unifié de défense antiaérienne et le Kirghizstan avait annoncé la fermeture d'une importante base militaire américaine installée depuis 2001 sur son territoire. Moscou souhaitait depuis longtemps la fermeture de ces installations, stratégiques pour l'approvisionnement de l'OTAN en Afghanistan. (fr.rian.ru, lemonde.fr du 05/02/09).

Selon la Banque de Russie, l'excédent dégagé par le commerce extérieur russe a baissé de moitié en janvier 2009 par rapport à la même période de 2008, passant de 18,862 milliards de dollars à 9,361 milliards. La première baisse du solde en glissement annuel a été enregistrée en octobre 2008, de 4,7%. En novembre, la baisse s'est chiffrée à 38% et en décembre 2008 le solde a déjà été divisé par trois. La contraction de l'excédent se produit sur fond de baisse des cours des principaux produits d'exportation russes (métaux, énergie, chimie). (fr.rian.ru du 12/03/09)..

Le Premier ministre Vladimir Poutine cité par les agences russes, souhaite également doter la Russie d'agences de notation financière qui lui soient propres et capables de mieux comprendre les "spécificités du marché russe". "Nous avons intérêt à l'établissement d'agences de notation nationales fortes, qui sauront mieux étudier dans leurs évaluations les spécificités du marché russe et aussi proposer des services de qualité et accessibles, non seulement aux grandes entreprises mais aux groupes de taille moyenne". Il a confié cette responsabilité au ministère des Finances qui sera désormais habilité à accréditer les agences de notation. Il a ajouté que l'absence d'agences russes a conduit "une dépendance totale des entreprises russes envers les agences de notation internationales, qui se concentrent sur les économies, et les pratiques en affaires d'autres Etats". Cette prise de position intervient moins d'une semaine après la décision de l'agence de notation financière Fitch d'abaisser la note souveraine de la Russie en raison de la chute des cours du pétrole et des difficultés provoquées par la crise financière. L'agence a par la suite dégradé la note d'une série d'entreprises russes. La Russie avait déjà vu sa note abaissée début décembre 2008 par l'agence de notation Standard & Poor's. (fr.biz.yahoo.com du 09/02/09).

La relativité économique soutient que dans le passé, le monde "libre" a longtemps condamné le goulag soviétique, à raison, mais que les conséquences qui découleraient d'une très grande dépression devraient être supérieures aux effets des goulags soviétiques, puisqu'ils mettraient en danger la vie de centaines de millions, sinon de milliards de personnes sur la planète entière, victime de la terreur financière ultralibérale.

Le communisme en parlant de la religion (que nous ne confondons pas avec l'absolutisme humain) a commis une erreur d'appréciation en la considérant comme l'opium du peuple, ce qui a justifié par le passé dans certaines contrées de nombreux massacres d'êtres humains, car le problème a été saisi sous un mauvais angle, même si nous reconnaissons que le marxisme possède dans sa théorie beaucoup d'éléments positifs comme sa diatribe sur les méfaits du capitalisme financier et la répartition des richesses créées, notamment sur les questions de la plus value. Pour Karl Marx, ce sont les conditions de l'accumulation du capital qui empêchent la création d'emplois et provoquent la constitution d'une armée de réserve des chômeurs.

Che GUEVARA est un symbole et une icône pour le prolétariat international. Il avait des raisons nobles et sa lutte était légitime et fondée. Sera-t-il vraiment nécessaire d'appliquer sa méthode pour se faire entendre au 21ème siècle ? La justice, l'égalité, la liberté, la paix ou le progrès s'obtiennent-ils nécessairement au bout du fusil ?

Evolution de la part des profits dans plusieurs grands pays de 1965 à 2005 (source Banque des Règlements Iinternationaux)

Selon le rapport Cotis remis mercredi 13 mai 2009 à Nicolas Sarkozy, le partage de la valeur ajoutée (richesse annuelle produite) est resté "plutôt stable" en France ces 20 dernières années, avec un tiers destiné aux profits et deux tiers à la masse salariale, la part consacrée aux salaires a baissé comparée à d'autres périodes, notamment celle précédant le premier choc pétrolier (-2 à -3 points de valeur ajoutée). Les raisons qui ont "déprimé la rémunération par tête" sont, la faiblesse des gains de productivité, qui réduit le "grain à moudre" en faveur des salaires, la proportion croissante d'"emplois à faible qualification et à durée de travail incomplète", moins bien payés que les autres.

Le sentiment du salarié médian est d'être à la fois "rejoint" par les Français les moins rémunérés et "distancé" par les mieux payés, car les 20 dernières années, les salaires des moins rémunérés, aidés par les revalorisations du Smic, ont progressé plus vite que pour les Français du milieu de l'échelle. En outre, tout en haut de l'échelle, pour le centième voire pour le millième le mieux rémunéré, les salaires ont progressé "extrêmement vite, beaucoup plus vite que pour le reste des rémunérations françaises". Le partage des profits se caractérise notamment depuis le début des années 1990 par une hausse des dividendes, entraînée par la flambée des cours boursiers. (google.com du 13/05/09).

Aujourd'hui, le capitalisme financier a commis une autre erreur en élevant l'argent au rang d'un dieu salvateur et faiseur de croissance en jouant abusivement sur l'augmentation des taux d'intérêt et la création spéculative de monnaie. Il est certain que si les informations fournies par Lyndon Larouche et d'autres spécialistes s'avèrent fondées, le monde doit s'attendre à affronter une dépression économique comme il ne l'a jamais connu, surtout en continuant d'ignorer cette variable centrale qu'est les actifs toxiques. Les plans soulageront un certain temps, ce qui fera plaisir à certains, mais ne pourront pas empêcher l'avènement de la catastrophe ultime, car ces plans sont complémentaires et non substitutifs, puisque l'Etat n'a pas les moyens de compenser les extravagantes sommes d'argent virtuelles converties en actifs toxiques. Même si la Chine qui possède des excédents commerciaux élevés venait à accroître le niveau des salaires de ses travailleurs ou le taux de change de sa monnaie par rapport au dollar, rien n'y ferait puisque ces excédents si élevés soient-ils ne sont qu'une goutte d'eau dans la mer, car ils n'atteignent pas, et de loin, les centaines de milliers ou de millions de milliards de dollars annoncés.

En réalité, les actifs toxiques jouent un rôle macabre dans l'économie mondiale, par leur ampleur, cela dénote une stratégie voilée de mainmise et de confiscation des ressources naturelles et productives de la planète terre et de l'univers par une "main invisible" virtuelle, car leur valeur monétaire dépasse de loin et de façon exponentielle celle du Produit Intérieur Brut mondial. En effet, comme pour les centrales d'achat qui font pression sur la fixation à la baisse des prix du producteur, le pouvoir d'achat et de pression de la "main invisible" virtuelle est phénoménal, il crée une distorsion à l'échange et au change, ce qui instaure virtuellement une parité inégale dans les rapports d'échange et de change entre entités ou systèmes sur les marchés. La difficulté pour ces stratèges en herbe, est que, ces richesses ne sont pas immédiatement mobilisables par les émetteurs de ces actifs toxiques, pour leur permettre d'opérer une éventuelle compensation ou monétisation totale, et de plus, certaines de ces richesses, sont pour l'heure immobilisables, car encore hors de portée.

C'est en essayant de jongler à petite échelle avec le pouvoir d'achat virtuel que les entreprises comme Enron et Satyam se sont brûlées. Enron a été emportée à tout jamais dans les abysses de l'océan financier vers le néant, Satyam ne devra sans doute sa survie que grâce à l'intervention musclée et rapide de l'Etat indien. Le pouvoir d'achat virtuel confère à son détenteur une certaine puissance économique virtuelle, qui additionneé à la puissance économique réelle, place ce dernier à un niveau de puissance plus élevé que ceux qui n'utilisent que les capacités de l'économie réelle pour construire leur puissance économique. Et, comme un verre rempli d'eau la puissance économique virtuelle atteint à un certain moment des limites infranchissables, auquel cas, elle déborde la coupe et coule dans le vide. C'est ce qui s'est passé avec les actifs toxiques, car la partie supportée par la puissance économique virtuelle s'est annulée voire négativisée. En s'annulant, les forces d'entraînement de l'économie virtuelle vont créer un déséquilibre et disparaître, tout en induisant un choc brutal avec les forces d'entraînement de l'économie réelle, puis en devenant négative, couplée à d'autres facteurs comme l'ampleur des déficits ou de la dette, la puissance économique réelle va être entamée profondément. Cette situation mettra en mouvement d'autres types de forces comme les forces de rappel ou de destruction, sous l'effet de l'onde de choc.

Ainsi, nous affirmons qu'à côté des marchés réels, il existe un marché virtuel d'actifs toxiques hyper-surdimensionné dont la fâcheuse tendance est de se matérialiser. C'est parce que ce marché virtuel se matérialise que des perturbations inouies apparaissent sur les marchés réels, mais en cherchant à devenir tangible, le marché virtuel se heurte aux contraintes physiques des capacités et qualités réelles de la finance et l'économie, qui à leur tour, sont subitement emportées dans un tourbillon et en même temps secouées par des ondes sysmiques de forte magnitude, entraînant un tsunami financier et sans doute un tsunami économique. La principale solution réside dans l'assainissement de la source de la virtualité, pour nettoyer, dompter et anéantir l'hydre, afin de préserver les générations futures de la contamination, et limiter les dégâts causés par sa propagation.

En fait, la présence simultanée des deux marchés, impose deux états d'équilibre, l'un Smithien et réel, l'autre virtuel. L'équilibre sur le marché virtuel est le lieu de croisement de l'offre et la demande d'actifs toxiques, et celui sur le marché réel est le lieu de croisement de l'offre et la demande d'actifs non toxiques. Le prix d'équilibre sur le marché virtuel est plus élevé que celui existant sur le marché réel pour une certaine quantité de produits, compte tenu de l'engouement des investisseurs pour ces types de produits. L'investisseur préférant acquérir les actifs dont les rendements sont plus élevés. Cependant, la transformation des actifs toxiques en actifs réels, va dans un premier temps ramener le prix des actifs toxiques au niveau de celui des actifs réels, mais la perte de confiance en ces produits va le faire chuter encore plus bas, voire l'annuler ou le rendre négatif comme celui d'un poisson pourri, à partir du moment où personne n'en veut plus, alors que la suspicion s'installe davantage parmi les institutions financières. Plusieurs investisseurs vont alors se rabattre sur d'autres types d'actifs, ce qui fera accroître le prix de ces derniers (matières premières, or, énergie...), le secteur virtuel est entré en léthargie. Par exemple, "les banques d’investissement, qui sont la fierté de Wall Street, ont virtuellement cessé d’exister, puisqu'en 12 mois exactement, elles ont publié des pertes excédant les profits qu’elles ont réalisés au cours des 25 dernières années".

Cependant, l'ampleur des volumes d'actifs toxiques immobilisés va réduire les capacités d'investissement sur les marchés et induire une réduction des fonds mobilisables. Les interventions des pouvoirs publics et des Banques Centrales vont dans un premier temps redonner confiance, compte tenu des apports en liquidités, ce qui va éloigner les investisseurs des matières premières et faire plonger leurs prix, mais l'annonce des résultats calamiteux fera replonger le système dans l'incertitude. Certains investisseurs préféreront acheter des obligations à taux nul, pour être sûr de se rapprocher de la liquidité. Petit à petit la situation générale se dégrade, jusqu'à la faillite de plusieurs établissements et l'affaissement des valeurs boursières de toutes les entités économiques et financières. Dans le même temps les actifs toxiques restent dans les bilans des établissements financiers qui espèrent pouvoir s'en séparer à temps opportun, ou les utiliser si par enchantement la crise venait à s'estomper.

Les plans de sauvetage et de relance tenteront d'atténuer les difficultés rencontrées dans la finance et l'économie, mais la confiance ne revenant pas, le crédit se faisant de plus en plus rare, les derniers verrous qui empêchaient jusque là la crise de se répandre dans l'économie réelle sont tombés, les licenciements pleuvent, les résultats s'aménuisent, les dettes et les déficits s'accroissent, les investissements se réduisent, la demande baisse et l'offre est ajustée, les valeurs boursières sont massacrées, la crise devient économique et globale, jusqu'à quelle magnitude et amplitude?

Soit R' le revenu issu de l'activité des actifs toxiques et R celui issu de l'activité des actifs non toxiques. Il existe un lien entre les deux.

R' = [(1+t1) (1+t2) (1+t3) ........ (1+tn) / (1+t)n] x R

C'est l'équation de la crise actuelle.

Le capital de départ des actifs toxiques est ce que nous appelons le capital vicieux, et celui des actifs non toxiques est le capital vertueux. Nous supposons que le capital investi dès le départ est le même dans les deux marchés, où t est la rémunération des actifs réels, qui est relativement stable pendant n périodes. ti est la rémunération des actifs toxiques pendant ces mêmes périodes et sa valeur est plus élevée que celle de t et s'accroît en fonction des périodes écoulées et de l'humeur des spéculateurs. (1+t)n doit être lu (1+t) à la puissance n ; i est un indice représentant le rang, et prend des valeurs qui vont de 1 à n. Il est clair que lorsque les actifs toxiques sont atteints, les autres actifs sont contaminés. Etant donné que le revenu global d'une telle nation ou d'un tel système est constitué d'une partie en actifs toxiques et l'autre en actifs non toxiques, il serait vain d'essayer de conserver les actifs toxiques en l'état, car ils empêcheraient à toute forme de relance de créer les conditions initiales d'une reprise saine.

En reprenant la relation des conditions d'équilibre de la relance Keynesienne dans les conditions dynamiques, nous obtenons la relation suivante :

R = [K (1+t)n /K ((1+t)n + K' (1+t1) (1+t2) (1+t3)........(1+tn))] (C+I+G+X-M)

C'est l'équation de la relance keynesienne associée à celle de la crise en intégrant les actifs toxiques et les capitaux de départ K et K' (K' > K) qui sont cette fois-ci distincts. Tout effort de relance avec les actifs toxiques est un exercice douloureux et fastidieux, nécessitant de prendre en compte les paramètres du marché virtuel dont les actifs se trouvent toujours dans les bilans de certains établissements, ainsi que les paramètres d'évolution de la crise. D'après Gilles Bonafi sur le site internet alterinfo.net, le 16 février 2009, le quotidien britannique The Daily Telegraph (12 février 2009) affirme avoir consulté un document confidentiel de la Commission européenne qui évalue le montant total des « actifs toxiques » des banques européennes à 18000 milliards d’euros. UBS et Crédit Suisse, possèdent des bilans de 3000 milliards de dollars soit 10 fois le PIB du pays. Lyndon Larouche parle de millions de milliards de dollars d'actifs toxiques frauduleux en circulation.

La solution réside en un assainissement qui annulerait leur valeur toxique et remettrait les compteurs à zéro, pour permettre aux initiatives planifiées d'injecter une énergie nouvelle aux forces de reconstruction, afin d'occasionner un redémarrage tiré par les forces d'entraînement. Parallèlement des précautions seraient prises pour empêcher l'économie de retomber dans les travers précédents. Cette initiative doit être globale et concerner en même temps l'épicentre de gravité de la crise, pour éviter que des mesures isolées ne soient court-circuitées par un effet de masse qui annulerait les effets désirés.

Selon Greenspan, la crise actuelle n'a pas été provoquée par la faiblesse du taux directeur américain. L'origine de la crise est à rechercher dans le bas niveau des taux des crédits immobiliers, qui, eux-mêmes, étaient largement déconnectés des taux fixés par la Fed. "Entre 2002 et 2005, les variations des taux d'intérêt immobiliers ont précédé de 11 mois les variations des prix du logement". "Cette corrélation entre les prix des logements et les taux hypothécaires est très parlante, et est un bien meilleur indicateur de la hausse des prix du logement que ne l'est" le niveau du taux directeur (au jour le jour) de la Fed. A ses yeux, c'est une explication "bien plus crédible" que celle incriminant une quelconque "politique +argent facile+ menée par la Réserve fédérale". De juin 2003 à juin 2004, le taux directeur de la Fed avait été laissé à 1%, alors le plus bas niveau qu'il eût touché, avant de remonter progressivement jusqu'à 4,50% en janvier 2006. M. Greenspan affirme que la corrélation entre le taux directeur de la Fed et les taux des emprunts immobiliers a été évidente "pendant des décennies", mais qu'elle a "diminué jusqu'à devenir insignifiante" entre 2002 et 2005. (lesechos.fr du 12/03/09).

Le site jdf.com confirme notre intuition

Au total, la capitalisation boursière mondiale (qui correspond à la somme de tous les cours de Bourse multipliés par le nombre d'actions propre à chaque société) a vu son montant fondre de moitié en 2008. Plus de 25.000 milliards de dollars auraient été détruits en quelques mois... La valorisation des Bourses mondiales repose sur des transactions entre acheteurs et vendeurs. Plus les acheteurs sont prêts à payer cher un titre, et plus son cours monte. C'est la loi de l'offre et de la demande. Il suffit cependant qu'un petit nombre « tire les cours vers le haut » pour créer une richesse virtuelle générale. Ces 25.000 milliards qui se sont « évaporés » ont-ils réellement jamais existé ? En théorie, ils existent, mais ils ne peuvent être réalisables par tous les investisseurs. Seule une poignée peut passer du virtuel au réel. L'impression de richesse est générale, mais sa réalisation ne peut qu'être discriminatoire. La Bourse fonctionnerait donc comme un entonnoir. Pour que la valeur virtuelle donnée aux actions devienne réelle, il faut pouvoir les vendre. (jdf.com du 19/02/09).

Enièmes exemples d'une vaste escroquerie pyramidale

Le patron d’une entreprise de literie Kazutsugi Nami, aurait berné des milliers de consommateurs en créant une monnaie virtuelle et en promettant un rendement de 36% par an. Il a été arrêté jeudi 5 février 2009 à Tokyo pour une gigantesque escroquerie à l’investissement dont le montant serait compris entre 126 et 226 milliards de yens (1,1 et 2 milliards d’euros), selon les médias japonais. 21 autres personnes de l’entreprise ont également été appréhendées. Le nombre des victimes est compris entre 37000 à 50000 personnes. Le japonais Kazutsugi Nami, 75 ans, se disait investi d’une «mission divine pour éliminer la pauvreté sur Terre» et promettait un rendement de 36% par an. Ses victimes, surtout des retraités, lui vouaient un véritable culte, et lui confiaient leurs économies. «Nami aimait répéter ‘je suis la loi’. Il avait un pouvoir de contrôle sur les esprits de ses membres», écrit dans un rapport le groupe d’avocats chargés de défendre les victimes. Il avait émis en 2004 une monnaie virtuelle appelée « enten », qui était utilisable sur des sites de vente en ligne, dans plusieurs hôtels et magasins en payant avec son téléphone portable. Les souscripteurs versaient à Kazutsugi Nami, un minimum de 100000 yens (872 euros) et recevaient une somme équivalente en «enten». En principe, ils pouvaient récupérer leur investissement au bout d’un an. La chaîne NTV a montré des images de consommateurs se ruant dans une «foire enten» et qui s’émerveillaient de pouvoir tout acheter avec cette monnaie électronique.

En 2007, sa société avait cessé de verser les intérêts aux investisseurs et ne rachetait plus les «enten» aux commerces partenaires de l’opération. Quelques jours avant son arrestation, il reprochait aux investisseurs, sur son blog, d’avoir fait échouer son projet de monnaie virtuelle, en n’apportant pas assez d’argent. Il avouait en 2007 à une journaliste qui lui demandait s’il était payé en «enten» : «Dieu merci, mon salaire est versé en yens». Par le passé, le septuagénaire s’est déjà illustré dans des affaires douteuses. En 1971, il avait crée une société de commercialisation de gadgets censés réduire les gaz d’échappement de voitures et accroître la puissance du moteur. 250000 personnes étaient tombées dans le panneau. La société a été placée en faillite mais Kazutsugi Nami a échappé à la prison. Quelques années plus tard, il vendait une «pierre miraculeuse» censée transformer l’eau du robinet en eau minérale. Cette affaire lui avait valu un séjour en prison en 1978. C’est dans cette cellule qu’il aurait, dit-il, échafaudé les prémisses de son projet d’investissement et de monnaie virtuelle. (jdf.com, boursorama.com du 05 et 06/02/09).

Selon un rapport de 22 pages, dont l'intégralité de 400 pages, rédigé par l'inspecteur de la SEC (Securities and Exchange Commission) David Kotz, la commission a laissé passer plusieurs occasions d'enquêter correctement sur des accusations visant Madoff, à cause de l'"inexpérience" du personnel chargé d'examiner ses opérations. "La SEC a été plus que suffisamment informée, sous forme de plaintes détaillées et argumentées au cours des années, pour ordonner un examen ou une enquête complète sur une fraude pyramidale menée par Bernard Madoff et (sa société) BMIS". Or, "bien que trois examens et deux inspections aient été effectués, aucune inspection ni examen minutieux et compétent n'a jamais été réalisé". Les équipes chargées de ce travail étaient "relativement inexpérimentées" et les inspections ont été "insuffisamment préparées". La première plainte a été portée à l'attention de la SEC en 1992, soit seize ans plus tôt, la SEC est passée à côté de «nombreux» signaux d'alarme. Mais ses inspections étaient "trop étroitement ciblées" et "aucune tentative sérieuse" n'a été faite pour analyser les nombreuses anomalies dans les transactions de Madoff. Selon la présidente de la SEC Mary Schapiro, le rapport "montre clairement que l'agence a raté de nombreuses occasions de découvrir cette fraude". "C'est un échec que nous continuons à regretter, et qui nous a conduits à réformer en de nombreux points la manière dont nous régulons les marchés et protégeons les investisseurs". (tempsreel.nouvelobs.com, lefigaro.fr, e24.fr du 03/09/09). C'est aussi en partie à cause de l'esprit ambiant qui régnait à propos de la non régulation qui a permis de faire baisser la garde.

Selon le rapport, les anciens présidents de la SEC Christopher Cox, William Donaldson et Arthur Levitt, l'ex-directrice de la division d'application des règlements Linda Thomsen ou l'ancienne directrice de la division d'inspections Lori Richards, n'étaient pas au fait des enquêtes menées sur les activités du financier Bernard Madoff. Il n' y avait pas de liens entre les dirigeants de l'institution et les employés qui conduisaient des enquêtes. David Kotz a jugé qu'aucun d'entre eux n'a mal agi mais conclut que Bernard Madoff a profité de son statut et de sa réputation dans le secteur financier et a utilisé les noms de hauts responsables de la SEC pour intimider certains employés. Trois employés du Bureau régional de la SEC pour le Nord-Est ont écarté une plainte détaillée déposée en 2005 par Harry Markopolos au motif que celui-ci était un concurrent de Bernard Madoff, et non son employé ou un investisseur. Deux d'entre eux ont quitté l'institution depuis mais une, Simona Suh, est aujourd'hui à la tête d'une branche de la SEC. Pour l'actuelle présidente de la SEC Mary Schapiro, l'affaire Madoff résultait d'un échec que la SEC regrettait encore. (lepoint.fr, fr.reuters.com du 05/09/09).

Pour Dave Lindorff, l'économie américaine est entrée dans une torpeur et court le risque de ne pas retrouver le niveau où elle se trouvait en 2007. L’Amérique – et les Américains individuellement – ont vécu avec prodigalité pendant des années dans une économie irréelle, poussée par le crédit facile qui a gonflé la valeur des biens immobiliers à des niveaux incroyables et qui a conduit les gens à dépenser bien au-delà de leurs moyens. Les travailleurs de la classe-moyenne ont été encouragés à acheter des maisons surdimensionnées de façon obscène, avec une mise de départ de 5% - voire rien du tout. Ils ont été leurrés à acheter des voitures de la taille de camions, une pour chaque membre de la famille en âge de conduire. Ils ont installé des piscines individuelles dans leur jardin, refusant de partager l’eau avec leurs voisins dans les piscines communales... A présent, tout cela s’effondre. La valeur des propriétés est en chute-libre. Les ventes de voitures se sont complètement ramassées. Le chômage augmente à vitesse grand V (il approche à présent du taux officiel de 8%. Au cours des vingt dernières années, l’Amérique a dégénéré en une nation de consommateurs, avec 72% de son PIB consacré à la consommation des ménages – essentiellement pour acheter des biens produits à l’étranger et importés aux Etats-Unis. Les ressources naturelles ont été gaspillées, le pillage de l'environnement, la décimation du système de retraite, la création d’un vaste complexe médico-industriel qui suce le sang des familles aussi bien que celui des entreprises et le système éducatif en déclin sont des facteurs qui vont peser sur la reconstruction des fondamentaux de l'économie.

Une autre "fraude massive" ?

Les autorités américaines ont accusé mardi 17 février 2009 le milliardaire texan Allen Stanford, patron du Stanford Group et trois de ses sociétés de "fraude massive". Dans une plainte déposée auprès du tribunal fédéral de Dallas, la Securities and Exchange Commission (SEC) accuse Stanford et deux autres responsables de Stanford Financial Group d'avoir frauduleusement vendu pour huit milliards de dollars de certificats de dépot à haut rendement. Une quinzaine d'agents fédéraux étaient entrés dans les bureaux de Houston de Stanford Financial Group, qui gère plus de 50 milliards de dollars d'actifs. Selon la plainte de la SEC, Stanford a vendu pour huit milliards de dollars de certificats "en promettant des taux de rendement élevés qui dépassent ceux disponibles par le biais de vrais certificats de dépôts proposés par des banques traditionnelles". Selon la SEC, la société Stanford International Bank, filiale bancaire du groupe, aurait promis aux investisseurs des «taux d’intérêt improbables et non justifiés», soi-disant dus à sa «stratégie d’investissement exceptionnelle» qui aurait permis à l’établissement d’obtenir des retours sur investissements à deux chiffres pendant 15 ans. Stanford International Bank, Stanford Group et Stanford Capital Management sont les trois entreprises citées par la SEC. Il s’agit de la plus récente histoire de schéma de Ponzi à faire la manchette depuis l’éclatement du scandale Madoff à Noël. Les compagnies de Robert Allen Stanford, 58 ans, est un milliardaire bien connu du Texas sont des commanditaires réguliers dans le monde su sport.

Au fil des années, Stanford a commandité, entre autres, les golfeurs Vijay Singh, Camilo Villegas et David Toms. En janvier 2009, Vijay Singh a signé un contrat avec Robert Allen Stanford pour que le logo de Stanford Financial devienne le principal écusson sur son sac de golf. Et comme Bernie Madoff, Robert Allen Stanford est un grand philanthrope. Il a donné beaucoup d’argent à l’Hôpital pour enfants St. Jude de Memphis, au Tennessee. Au total, l’ensemble des sociétés Stanford revendique des clients dans 140 pays, et des actifs sous gestion s’élevant à 50 milliards de dollars. M. Stanford se fait appeler "Sir Allen", à la suite de son anoblissement en 2006 par l'Etat d'Antigua et Barbuda, dont il a acquis la nationalité. Il est le petit-fils du fondateur de la première "Stanford Company", fondée en 1932 au Texas, et réside aux Iles vierges américaines, selon la biographie postée sur le site de Stanford Financial Group. (lepoint.fr, blogues.cyberpresse.ca, marches.lefigaro.fr, fr.news.yahoo.com, romandie.com du 17/02/09).

D'après la plainte formulée par le régulateur boursier, Allen Stanford et ses acolytes James Davis et Laura Pendergest-Holt ont sciemment « dénaturé » les faits auprès des acquéreurs de leurs certificats de dépôt. Ils leur auraient assuré que l'argent collecté était réinvesti dans des instruments financiers liquides et « sûrs ». Le portefeuille ainsi constitué était soi-disant suivi de près par une équipe de plus de 20 analystes et, comble de la vertu, audité annuellement par les régulateurs antiguais. Selon la SEC, les sommes étaient largement investies dans des fonds de « private equity » et de l'immobilier et gérées par deux personnes seulement. Les accusés auraient menti à leurs investisseurs en maintenant que la SIB n'était aucunement exposée à la fraude de Bernard Madoff. La plainte de l'autorité américaine relève également une fraude de quelque 1,2 milliard de dollars liée à la vente par les professionnels de la structure de conseil financier d'Allen Stanford de produits relatifs à des fonds mutuels aux données falsifiées.(lesechos.fr du 18/02/09).

Cette affaire de fraude concernant M. Stanford, porte en réalité, selon le gendarme de la Bourse américaine, la SEC, sur 9,2 milliards de dollars de faux placements. Allen Stanford, qui avait été classé par le magazine Forbes 405ème personne la plus riche du monde, a plusieurs fois protesté publiquement de son innocence, alors que la SEC l'accuse d'un "immense schéma de Ponzi", un système de fraude pyramidale où il s'agit de piocher dans l'argent collecté auprès des investisseurs pour leur payer des intérêts, sans réaliser les rendements promis aux clients. Il s'était fait anoblir il y a quelques années par l'Etat d'Antigua et Barbuda. (24heures.ch, europe1.fr, lapresseaffaires.cyberpresse.ca du 19/06/09).

Naomi Klein par contre soutient que la Réserve Fédérale est une propriété privée, un cartel responsable du crédit et de la monnaie aux Etats-Unis, qui porte la responsabilité de la création des circonstances ayant conduit à la crise des supprime aux Etats-Unis, qui à son tour a déclenché l’entière catastrophe internationale qui se déroule sous nos propres yeux. Pour elle, Rockefeller & Co ont délibérément manigancé cette crise pour créer une panique et une sinistrose massives, afin de gagner le soutien au Nouvel Ordre Mondial dont Rockefeller rêve depuis longtemps – avec les banquiers gangsters [les « bangsters »] remplaçant les politiciens élus. Pour cela, toutes les devises majeures devront redescendre à zéro à travers l’hyper-inflation dans les années à venir, afin qu’ils puissent réintroduire une nouvelle devise adossée à l’or. Elle pense que les banquiers ont amassé la majeure partie des ressources mondiales en or, y compris tout l’or qui se trouvait auparavant à Fort Knox. Surtout que pour une étrange raison, il n’y a eu aucun inventaire de l’or américain depuis la présidence d’Eisenhower, ce qui conduit beaucoup de personnes à penser que la Fed se le soit entièrement appropriée. (alterinfo.net du 08/02/09).

Roubini, Krugman, Ambrose Evans-Pritchard et Martin Wolf expriment leurs inquiétudes. En fait, le Président Barack Hussein OBAMA a hérité d'une situation minée, empoisonnée et potentiellement explosive...

Pour Roubini : A Wall Street, combien de zombies existe-t-il ?

Combien d’établissements seraient aujourd’hui en faillite sans l’apport répété de liquidités et les facilités mises en place par la Fed, qui leur permettent de continuer à exister alors que leur valeur liquidative est vraisemblablement largement dans le rouge ? Roubini estime que les pertes de l’ensemble du système financier US pourraient s’élever jusqu’à 3600 milliards de dollars, dont une moitié pour les banques. Or leur capitalisation agrégée n’est que de 1400 milliards. Conclusion ? Le système bancaire US est virtuellement en faillite. Les USA sont à l’épicentre de cette explosion de la bulle d’actifs douteux et de dettes irrécouvrables, mais l’Europe ne serait pas à l’abri, la situation est la même et les déboires récents des banques anglaises sont là pour confirmer ses dires. Nouriel Roubini estime que le système bancaire est « techniquement en état d’insolvabilité ». « J’estime que les pertes pourraient atteindre 3600 milliards de dollars pour les établissements financiers américains, avec une moitié pour les banques, » a avertit Roubini lors d’une conférence qui se tenait à Dubaï. « Si c’est le cas, cela signifie que le système bancaire US est effectivement insolvable, car il ne dispose que de 1400 milliards de capitalisation. C’est une crise bancaire systémique. » Selon Bloomberg, le total des pertes constatées par le système financier avoisine les 1000 milliards de dollars. Bank of America, qui a annoncé 1,8 milliards de pertes, vient de recevoir 128 milliards en garanties et en capital, fournis par les autorités US. La banque Citigroup, avec 8,3 milliards de pertes au dernier trimestre 2008, prévoit de se scinder en deux entités.

Pour Roubini, il faut encore s'attendre à une baisse des indices mondiaux de l'ordre de 15 % à 20 %. Steen Jakobsen, chez Saxo Bank à Londres, prévoit, lui, un recul de 25 % à 30 % des marchés en Europe et aux Etats-Unis, qui s'ajoutera au plongeon déjà inouï de 30 % à 40 % en 2007. Or, pendant la Grande Dépression de 1929, le Dow Jones avait, à l'époque, perdu 89 % de sa valeur en trois ans, pour ne retrouver son niveau d'avant la crise qu'en 1952. Actuellement les marchés s'écroulent, ils reflètent donc une situation économique qui frôle de plus en plus la dépression. Selon une étude de RGE Monitor, le produit intérieur brut (PIB) mondial devrait se contracter de 0,5 % en 2009, avec une récession estimée à 3,4 % aux Etats-Unis et de 2,7 % pour l'ensemble des pays du G7. Tous les acteurs de l'économie souffrent. Les actions de géants de l'industrie comme General Electric, Xerox, Microsoft ou encore Sony ont ainsi plongé après la révélation de leurs difficultés (licenciement massif et inédit chez Microsoft, chute des profits de GE de 43 % au dernier trimestre, pertes attendues chez Sony...). Les cours des entreprises du bâtiment, de la construction, de la distribution ou de l'automobile, particulièrement sensibles à un ralentissement de la conjoncture, plongent.

Le secteur financier inquiète profondément les acteurs économiques. Les dépréciations en 2007 ont été estimées à quelque 1 000 milliards de dollars (770 milliards d'euros) dans le monde depuis 2007, liées à la présence de crédits toxiques dans les comptes des banques comme les subprimes et leurs dérivés, et les pertes des établissements continuent de se creuser. Le cours boursier de Royal Bank of Scotland (RBS) a perdu 65,1 % de sa valeur, et la banque a estimé sa perte à 31 milliards d'euros en 2008. La Deutsche Bank (- 12,7 %), première banque allemande, s'attend à une perte annuelle de 3,9 milliards d'euros. La belge Fortis affiche, elle, une ardoise de 19 milliards d'euros sur l'année 2008. D'ailleurs, les es principales Banques européennes ont déjà reçu plus de 110 milliards de capital depuis l'automne 2008. Ce qui équivaut à la moitié de l'enveloppe débloquée par les Etats pour venir soutenir leurs banques mal en point ou ayant besoin de renforcer leurs fonds propres pour continuer à financer l'économie.

Pour aller dans le même sens, Ambrose Evans-Pritchard a ajouté dans un article sur contreinfo que lorsque les bilans des établissements pèsent plusieurs fois le PIB de la nation, aucune autorité ne dispose évidemment des fonds nécessaires pour éponger les pertes. Les seules solutions sont donc l’émission monétaire et/ou la dette. Les USA, forts du statut de monnaie de réserve du dollar, ont pu se permettre jusqu’à présent ces deux expédients sans en souffrir, personne n’ayant intérêt à une dévaluation du dollar qui provoquerait un raz de marée planétaire sur les réserves et les patrimoines. En Grande Bretagne, les craquements répétés ces derniers jours de son système bancaire affaiblissent la Livre, et ses établissements sont massivement endettés en devise étrangère, à hauteur de 4400 milliards de dollars, deux fois la taille de l’économie britannique. Au Royaume-Uni, selon ce dernier, les réserves de change sont virtuellement nulles : 60.6 milliards de dollars. Les banques détiennent également des actifs à l’étranger à un niveau correspondant à ces dettes. Mais que valent vraiment ces actifs ? Si l’Islande a sauvé sa peau en refusant d’honorer les dettes extérieures contractées par ses banques sans scrupules, en les laissant faillir et en transférant leurs pertes dans des structures de cantonnement, elle est une petite île qui a du poisson et beaucoup de métaux.

La Grande-Bretagne ne peut pas emprunter cette voie, car ses dettes sont trop importantes. Si Londres prenait des mesures aussi désastreuses, cela provoquerait une panique mondiale entraînant les actifs dans une spirale de dépréciation mortelle, et le monde entier dans une grave dépression. Le laisser aller budgétaire de Gordon Brown (avec un déficit qui a atteint 3%), le comportement bien imprudent de la City, et la pitoyable gestion du boom immobilier au Royaume-Uni, ont tous trois contribué à amener le pays au bord de la catastrophe. L’Angleterre n’a jamais fait défaut sur sa dette depuis le Moyen Age. Il existe un risque réel qu’elle puisse y être contrainte aujourd’hui. La situation n’aurait pas été meilleure si la Grande-Bretagne avait rejoint l’euro il y a dix ans. La bulle aurait été tout aussi dangereuse, voire pire, comme l’Irlande et l’Espagne peuvent en témoigner. (contreinfo.info du 21/01/09, lesechos.fr, lemonde.fr du 24/01/09).

Comme Krugman, Martin Wolf juge insuffisant le plan de relance d’Obama.

Equivalent à 5% du PIB sur deux ans, ce plan est nettement en dessous des 7% de déficit d’activité prévus par le Congressionnal Budget Office pour 2009 et 2010. Le problème majeur, c’est que les déficits publics requis pour compenser la baisse de la demande privée vont venir s’ajouter aux déficits structurels que les USA laissent filer depuis des années. Une situation qui sera rapidement intenable. Il faut donc agir rapidement sur deux fronts : accélérer le processus de liquidation des actifs douteux, car quel qu’en soit le coût, il sera moindre que celui d’un secteur financier dysfonctionnel durant des années. Il faut également restructurer l'économie américaine qui ne pourra plus désormais avoir une balance courante structurellement déficitaire, et reéqilibrer l'économie mondiale pour espérer sortir de la crise. Les difficultés auxquelles sera confronté Obama sont plus profondes et ont un caractère global. Richard Koo explique dans un brillant ouvrage que la combinaison de la chute du prix des actifs et d’un fort endettement contraint le secteur privé à cesser d’emprunter et à rembourser ses dettes. Le gouvernement devient alors le consommateur et l’emprunteur de dernier ressort. C’est en comprenant cela que le Japon a évité la dépression. Il est vrai que les USA ont trois avantages : au Japon la destruction de richesse avait représenté 3 fois le PIB. Aux USA, elle sera moindre. D’autre part les entreprises US sont moins endettées et la prise en compte des pertes s’est faite bien plus rapidement qu’au Japon. Mais par d’autres aspects, les USA sont plus vulnérables. Alors que durant la crise japonaise, l’activité économique mondiale restait suffisamment forte pour absorber les exportations japonaises, aujourd’hui la récession est mondiale. De plus les USA sont un pays déficitaire et endetté. Il est dangereux de croire que le redémarrage de l’économie se fera de lui-même. De plus le déficit extérieur structurel des USA va peser sur la relance.

L’ampleur des déficits budgétaires qui seront nécessaires pour financer la relance est plutôt effrayante. Le secteur privé US très endetté va devoir épargner à hauteur d’environ 6% du PIB durant plusieurs années. Si le déficit structurel de la balance courante reste de 4% du PIB, le déficit budgétaire total requis en compensation atteindrait 10% du PIB. Et il ne s’agirait là que du déficit en période d’activité normale - de plein emploi. Le Congressionnal Budget Office prévoit que l’activité économique se situera 7% en dessous de son potentiel durant les 2 ans qui viennent. Si c’est le cas, le déficit total du budget de l’Etat devrait être encore bien supérieur. Voilà pourquoi la relance budgétaire de 5% du PIB sur deux ans est trop limitée, surtout que le CBO estime que l’activité sera cette année 8,3% en dessous de son potentiel. En outre, les réductions d’impôts sont également critiquables car elles risquent de se transformer en épargne, impliquant une hausse future de la fiscalité. La difficulté principale se repose sur plutôt les énormes déficits budgétaires prolongés auxquels il sera difficile d’échapper. Il faut que les investisseurs soient assurés de ne pas perdre leur mise, et que les fonds levés soient utilisés dans des investissements de qualité. De plus, ces déficits ne doivent pas se prolonger durant les deux termes d’une présidence renouvelée. Le retour à une situation normale n’aura pas lieu spontanément. Les USA vont devoir procéder à des ajustements structurels de leur économie. Les USA doivent mettre sur pied un programme crédible de deleveraging, de liquidation de la dette et des actifs douteux. Ils ne peuvent se permettre de voir se prolonger durant des années ce processus douloureux qui n’en est qu’à son début. Il faut procéder à des dépréciations des actifs douteux et à la recapitalisation du secteur financier. Cela signifie également de nombreuses faillites de foyers endettés et la dépréciation contrainte des crédits hypothécaires. Cela entraînera une augmentation rapide de la dette publique, mais qui serait sans doute inférieure à l’accumulation de gros déficits budgétaires durant des années. Le déficit de la balance courante doit également être réduit. Le secteur privé US n’est plus en mesure de vivre à crédit pour compenser les déficits de la balance extérieure, et le gouvernement ne pourra se le permettre que quelques années. A long terme, l’économie mondiale doit être rééquilibrée. C’est un défi politique international gigantesque, mais indispensable pour assainir la situation.

De la même manière, Paul Krugman, dans le New York Times du 9 janvier 2009 a écrit que le Congressional Budget Office (CBO) a publié sa dernière étude prospective sur l’activité économique dans laquelle le CBO estime qu’en l’absence de plan de relance, le taux de chômage augmenterait au-delà de 9% au début de 2010, et resterait élevé durant les années à venir. Cette projection, pourtant sombre, est en fait optimiste par rapport aux prévisions de certains analystes indépendants. Le CBO affirme toutefois que « la production économique au cours des deux prochaines années sera en moyenne de 6,8% en dessous de son potentiel. » Ce qui se traduit par une baisse de la production de 2 1OO milliards. L'activité économique américaine pourrait chuter de 1 000 milliards en dessous de sa pleine capacité. Les estimations moyennes indiquent qu’un dollar de dépenses publiques génère environ 1,50 dollar de PIB supplémentaire. Mais seulement 60% du plan Obama portera sur les dépenses publiques. Le reste consiste en des réductions d’impôt - et de nombreux économistes sont sceptiques quant à l’augmentation des dépenses que provoqueront ces réductions d’impôt, notamment les allégements fiscaux pour les entreprises.

Selon Krugman, le problème majeur, c’est que le plan Obama ne comblera vraisemblablement pas plus de la moitié de l’écart de production, et pourrait finalement n’accomplir qu’un tiers de ce qui est nécessaire. Il y a seulement un nombre limité de projets d’investissement publics prêts pour un démarrage immédiat - de projets qui peuvent être lancés assez rapidement pour venir en aide à l’économie à court terme. Mais il existe d’autres formes de dépenses publiques, en particulier sur les soins de santé, qui pourraient être bénéfiques tout en aidant l’économie maintenant qu’elle en a besoin. (Contreinfo du 21/01/09).

Krugman s’inquiète également de l’apparition de signes déflationnistes dans l’indice mesurant le coût du travail, alors même que les USA n’en sont selon le Congressional Budget Office qu’au début d’une baisse de la production qui sera la plus longue et la plus forte depuis les années 1930. Les entreprises tentent de réduirent les prix et les salariés acceptent des salaires révisés à la baisse, ce qui provoque sur l’ensemble de l’économie un dangereux processus de contraction de l’activité, encore amplifié par le fait que la baisse généralisée du niveau des prix et des revenus a pour conséquence d’alourdir le poids du remboursement des dettes. Ce comportement qui semble rationnel à l’échelle individuelle est désastreux pour la collectivité lorsqu’il est adopté par l’ensemble des acteurs. Lorsque tout le monde essaie d’épargner plus dans une économie où les taux d’intérêt sont proches de zéro, les revenus chutent pour tout le monde et la situation empire, c'est le paradoxe de l’épargne. Lorsque toutes les banques vendent des actifs pour tenter de réduire leur exposition et la taille de leur bilan, cela a pour résultat une chute du prix de ces actifs et aggrave leurs problèmes de capitalisation, c'est le paradoxe du « deleveraging ». Une entreprise peut tenter de préserver son activité, ou un travailleur son emploi, en acceptant de baisser ses prix ou son salaire, mais quand tout le monde agit de même, cela produit une déflation de la dette - c’est à dire une augmentation de la charge réelle du remboursement de cette dette, qui pèse sur l’économie - et commence à induire des anticipations déflationnistes dans les décisions d’investissement et de crédit, ce qui déprime d’autant l’économie. Et une fois que l’on est pris dans le piège de la déflation, il devient très difficile d’en sortir, c'est le paradoxe de la déflation.

Le chiffre réellement effrayant publié le 30 janvier 2009 n’est pas celui du PIB, quoi que parfaitement mauvais, mais celui de l’indice du coût du travail, qui montre que les gains salariaux chutent rapidement. Les salaires ne sont pas déjà orientés à la baisse (bien que les réductions de salaires dans certaines entreprises sont plus fréquentes qu’à aucun moment depuis les années 1930), et nous n’observons pas pour l’instant de déflation réelle des prix à la consommation, mais nous nous en rapprochons. Or nous ne sommes pourtant que dans les premiers stades de la crise, selon le directeur du Congressional Budget Office, qui écrit : en l’absence d’un changement dans la politique budgétaire, le CBO prévoit que l’écart entre la production et le potentiel de production de la nation sera le plus important, en durée et en valeur depuis la Dépression des années 1930. C'est le le point clé dans le débat sur la relance, car les effets de la politique budgétaire sont incertains, l’accroissement massif de l’endettement est risqué, mais ne rien faire serait encore plus risqué, à cause d'une forte probabilité d'inaction, la déflation risque de s’installer dans l’économie. Nous pourrions être damnés si nous la faisons, mais nous serions à coup sur damnés si nous ne la faisons pas. (contreinfo.info du 01/02/09).

D'ailleurs l'économiste en chef de la Banque mondiale, Justin Yifu Lin semble avoir pris la réelle mesure de la difficulté, il a proposé lundi 9 février 2009 lors d'une conférence à Washington, la mise en place d'un "plan Marshall" mondial face à la crise économique, qui permettrait aux pays qui n'en ont pas les moyens de relancer leur économie. "Il faut que nous soyons plus imaginatifs. Et j'aimerais proposer un plan mondial de reprise dans l'esprit du plan Marshall", a affirmé M. Lin, en référence à l'initiative américaine qui a permis de relancer les économies européennes ruinées après la Seconde guerre mondiale. "Je propose que les pays à revenus élevés, emmenés par les Etats-Unis et les pays riches en réserves comme la Chine et les pays exportateurs de pétrole, rassemblent 2.000 milliards de dollars dans les cinq années à venir, c'est-à-dire environ 1% du produit intérieur brut des pays riches, pour aider les pays pauvres à participer au plan de relance budgétaire coordonné mondial". M. Lin s'est montré alarmiste sur la situation de l'économie mondiale.

La Banque mondiale avait publié en décembre 2008 des prévisions selon lesquelles la croissance mondiale serait de 0,9% seulement en 2009, tandis que le volume des échanges reculerait de 2,1%. Selon M. Lin, "cette récession, cette crise a des chances de durer longtemps. Si on regarde l'effondrement du marché boursier, du marché de l'immobilier et leurs conséquences sur l'économie mondiale c'est comme une grande dépression". "L'économie a des chances d'être prise dans une sorte de cercle vicieux. A cause des capacités de production en excès, nous savons que la rentabilité des entreprises chute. Certaines vont faire faillite. Ou au moins, elles devront réduire leurs effectifs". "Donc le chômage va grimper. Les gens vont probablement devenir plus prudents. Et dans ce genre de situation la consommation chute. Et la chute de la consommation va rendre l'excès des capacités de production encore plus grand". (lemonde.fr du 09/02/09). Cependant, M. Lin a lui aussi "zapper" les actifs toxiques qui sont pourtant la gangrène à soigner...

La Banque mondiale veut inciter les pays riches à mettre en place un fonds pour les plus vulnérables (vulnerability fund) afin de venir en aide aux pays les plus pauvres touchés par la crise. "Je propose que les pays développés acceptent de consacrer 0,7% du montant de leurs plans de relance à un fonds de la vulnérabilité pour soutenir les plus démunis. Je pense que cela est faisable et que ce serait un développement très positif du sommet du G20" qui doit se réunir à Londres début avril, a déclaré vendredi 13 février 2009 à Rome son président Robert Zoellick. Lors d'une rencontre avec la presse en marge de la réunion des ministres des Finances du G7, M. Zoellick a souligné que la période actuelle était "dangereuse". "Ce qui a commencé comme une crise financière est devenu une crise économique et se transforme en crise de l'emploi. Cela pourrait devenir une crise humanitaire si les pays n'agissent pas".

La Banque mondiale estime que, si la crise persiste, de 200.000 à 400.000 enfants de plus pourraient mourir tous les ans sur la période 2009-2015, soit un total de 1,4 à 2,8 millions, et que 46 millions de personnes de plus pourraient plonger dans la pauvreté. "Il est normal que les pays développés se recentrent sur eux et veuillent que leur argent reste chez eux mais dans un tel environnement, le nationalisme économique n'est une solution ni économique, ni nationaliste car s'il y a une crise chez les autres, cela entraînera tout le monde dans une spirale dangereuse". Le président de la Banque mondiale a aussi affirmé que le "découplage est mort". Cette théorie économique voulait que les pays en développement tireraient la croissance lorsque celle-ci ralentirait dans les pays riches. (romandie.com du 13/02/09).

Barack Obama et son équipe s'activent, mais des pesanteurs subsistent

En effet, sans doute pour répondre aux critiques, le Trésor américain a dévoilé mardi 10 février 2009 un nouveau plan de soutien au secteur financier d'un montant potentiel de plus de 2.000 milliards de dollars, destiné à décharger les banques d'actifs à risques et à faciliter le crédit aux entreprises et aux ménages pour sortir les Etats-Unis de la récession. Le secrétaire au Trésor Timothy Geithner a souligné la nécessité de nouvelles initiatives en expliquant que les précédentes - mises en œuvre par l'administration Bush - n'avaient pas rencontré la confiance de l'opinion publique. "Il s'agit d'un défi plus complexe que tout ce à quoi notre système financier a jamais été confronté, dont la résolution requiert de nouvelles mesures et une attention continue". Geithner a assuré que son "Plan de stabilité financière" pourrait décharger les bilans des banques de 1.000 milliards de dollars d'actifs à risques, dits "toxiques", tout en débloquant 1.000 autres milliards de crédits destinés aux consommateurs et aux petites et moyennes entreprises. "Nous sommes confrontés à une crise financière extrêmement complexe", a-t-il dit par la suite sur la chaîne de télévision CNBC. "Il faudra beaucoup de temps pour la résoudre, ce sera difficile, mais nous continuerons jusqu'à ce qu'elle soit résolue."

Beaucoup de sommes d'argent publics ont été investis dans les établissements financiers sans que n'apparaisse à l'horizon le bout du tunnel.

Au centre du nouveau dispositif se trouve une nouvelle structure associant capitaux publics et fonds privés en partenariat avec la Federal Deposit Insurance Corp (FDIC), l'autorité de garantie des dépôts bancaires, et la Réserve fédérale. Son objet serait de sortir des actifs dit "toxiques" du système bancaire, afin de consolider les bilans des établissements de crédit. Ce fonds public-privé devrait dans un premier temps disposer de 500 milliards de dollars mais sa taille pourrait être doublée, a précisé Geithner. Un autre volet majeur du nouveau plan prévoit d'étendre le dispositif "Talf" (Term Asset-backed Securities Loan Facility) de la Fed destiné initialement au soutien au crédit à la consommation, aux prêts étudiants et au crédit automobile. Cette facilité pourrait être portée de 200 à 1.000 milliards de dollars grâce au quintuplement des financements apportés par le Trésor, ce qui lui permettrait de générer des prêts d'un montant équivalent. "Le spectacle d'énormes montants d'argent du contribuable apportés à des institutions qui ont contribué au déclenchement de la crise, avec une transparence et une surveillance limitées, ont ajouté à la défiance de l'opinion publique". Quelques minutes après son discours, le Sénat a adopté le plan de relance économique de la Maison blanche, d'un montant global de 838 milliards de dollars (787 milliards retenus), ouvrant la voie à de délicates négociations avec la Chambre des Représentants pour aboutir à un texte commun. Apparemment le marché financier n'est pas satisfait du fait que l'Etat associe le secteur privé au projet, puisqu'il a mal réagi en montant les enchères spéculatives. Wall street aurait souhaité encore plus d'argent public, sans contrepartie. La crise économique est désormais la principale menace pour la sécurité des Etats-Unis, a affirmé jeudi 12 février 2009 le directeur national du renseignement américain, Dennis Blair, devant la Commission du renseignement du Sénat. "La première préoccupation liée à la sécurité, pour les Etats-Unis, est, à court terme, la crise économique mondiale et ses implications géopolitiques", a déclaré Dennis Blair lors de sa présentation à la Commission du renseignement des menaces pesant sur les Etats-Unis. Dennis Blair a expliqué jeudi 12 février 2009 que la crise économique pourrait conduire à la chute de certains gouvernements si elle durait plus de deux ans. Elle a déjà ainsi nuit à la confiance du monde dans le libre-échange et dans la domination économique des Etats-Unis. "Le temps est probablement la plus grande menace pour nous. Plus la reprise mettra de temps à s'enclencher, plus grande sera la probabilité de graves dégâts pour les intérêts stratégiques américains", a affirmé Dennis Blair.

Par ailleurs, selon RBC Capital Markets plus de 1.000 banques américaines, soit une sur huit, risquent de faire faillite dans les trois à cinq ans à venir en raison d'une hausse des pertes sur les créances commerciales venant s'ajouter aux énormes pertes liées à la déconfiture du marché immobilier. Une sutuation qui rappelle les pires moments de la faillite des caisses d'épargne, lorsque 1.386 établissements avaient mis la clé sous la porte de 1988 à 1990, selon les données du Federal Deposit Insurance Corp (FDIC). La plupart des faillites concerneront des établissements ayant moins de deux milliards de dollars d'actif. "Les pertes sur créances du secteur bancaire US se mesureront en centaines de milliards de dollars durant ce cycle-ci", dit l'analyste de RBC Gerard Cassidy dans un entretien. "Le FDIC devra une fois de plus relever les taux de garantie des dépôts qu'il facture aux banques et solliciter le Trésor, sans doute pour des milliards de dollars. Au final, c'est le contribuable qui en pâtira, ainsi que l'actionnaire ordinaire". Le FDIC a fermé neuf banques depuis le début de l'année 2009 et 25 en 2008. Fin septembre, il comptait 171 établissements sur sa liste "à problème". Il existe 8.309 établissements garantis par le FDIC, disposant de 13.610 milliards de dollars d'actif et 8.750 milliards de dollars de dépôts, selon le site du FDIC.Les réserves de garantie du FDIC ont diminué de 23,5% au troisième trimestre 2008, à 34,6 milliards de dollars au 30 septembre 2008. (lepoint.fr, fr.news.yahoo.com du 09 et 10/02/09, boursorama.com du 12/02/09).

Riverside Bank, basée à Cape Coral, détenait 539 millions de dollars en actifs et 424 millions en dépôts. De par le montant de ses actifs, c'est la quatrième plus grosse faillite bancaire depuis le début l'année 2009. La FDIC a trouvé repreneur de l'intégralité des dépôts par la TIB Bank, une autre banque de Floride. Cette dernière reprendra également 125 millions de dollars d'actifs. Corn Belt Bank, représente 272 millions de dollars en actifs et 234 millions en dépôts, la banque de l'Illinois The Carlinville National Bank s'est engagée à reprendre la totalité de ces dépôts et environ 61 millions de dollars d'actifs. Sherman County Bank dont le siège était à Loup City et qui visait principalement une clientèle d'agriculteurs, détenait 129,8 millions de dollars d'actifs et gérait 85,1 millions de dollars de dépôts. Une autre banque du Nebraska, Heritage Bank, a repris la totalité de ses dépôts, mais seulement un sixième de ses actifs, pour une valeur de 21,8 millions de dollars. La FDIC a estimé le coût de la faillite Sherman County Bank à 28 millions de dollars, celui de Riverside Bank à 201 millions de dollars, et celui de Corn Belt Bank à 100 millions de dollars. Il reprendre le solde des actifs de Riverside Bank et de Corn Belt Bank, dans l'attente de trouver un repreneur. (lesechos.fr du 14/02/09). Au total en 2009, 12 établissements ont fait faillite.

Une banque régionale dans l'Etat de l'Oregon a fait faillite. Il s'agit de la quatrième fermeture en un week-end et la treizième faillite d'un établissement bancaire depuis le début de l'année 2009. Pinnacle Bank, basée à Beaverton a été fermée vendredi soir. L'établissement détenait environ 73 millions de dollars d'actifs et 64 millions de dollars de dépôts. Le régulateur américain FDIC a passé un accord avec la banque régionale Washington Trust Bank, de l'Etat voisin de Washington, selon lequel ce dernier s'est engagé à reprendre l'intégralité des dépôts de la banque en faillite et à assumer les pertes sur 66 millions de dollars d'actifs de Pinnacle Bank. La FDIC reprendra le solde des actifs de cette dernière. Le régulateur a évalué à 12 millions de dollars le coût de cette faillite. Vendredi 13 février 2009 soir, la FDIC avait annoncé la faillite de trois autre banques régionales: Sherman County Bank dans le Nebraska, Riverside Bank of the Gulf Coast en Floride et Corn Belt Bank and Trust Company dans l'Illinois. Au total, treize banques de dépôts ont fait faillite depuis le début de l'année. (lematin.ch, tdg.ch, lenouvelliste.ch du 14/02/09). Le régulateur bancaire américain FDIC a encore annoncé vendredi 20 février 2009 la fermeture de la quatorzième faillite d'un établissement bancaire depuis le début de l'année 2009. Silver Falls Bank, basée à Silverton, a été fermée vendredi soir, a annoncé la FDIC dans un communiqué. L'établissement détenait environ 131,4 millions de dollars d'actifs et 116,3 millions de dollars de dépôts. Une autre banque régionale de l'Oregon, la Citizens Bank de Corvallis, a repris l'intégralité des 116,3 millions de dollars en dépôt à la banque en faillite. La Citizens Bank a également accepté de racheter 13 millions de dollars d'actifs, la FDIC gardant le solde des actifs de la Silver Falls bank. Le régulateur a évalué à 50 millions de dollars le coût de cette faillite, la deuxième en Oregon en une semaine. (lesechos.fr du 29/02/09).

Le vendredi 27 février 2009 deux banques régionales dans le Nevada (ouest) et l'Illinois (nord) ont fermé. Au total, seize banques ont déclaré faillite depuis le début de l'année 2009. Security Savings Bank, qui avait son siège à Henderson (Nevada), contrôlait 238 millions de dollars d'actifs et 175 millions de dollars de dépôts. Les dépôts seront transférés à un établissement de Las Vegas, la Bank of Nevada, qui a repris également près de la moitié de ses actifs (111 millions de dollars). Le coût de cette faillite pour la FDIC a été estimé à 59 millions de dollars. Heritage Community Bank, qui avait son siège à Glenwood (Illinois), détenait 233 millions de dollars d'actifs et 219 millions de dépôts. Ces derniers seront repris par un établissement de Chicago, MB Financial Bank, qui a racheté la presque totalité de ses actifs (230,5 millions). La FIDC a indiqué avoir signé avec MB Financial Bank un accord de "partage des pertes", qui consiste à laisser les actifs aux mains du privé pour une meilleure gestion. La banque qui reprend les actifs avec la FDIC signe un contrat prévoyant que l'organisme public absorbe la majorité des pertes. (lematin.ch du 28/02/09).

La FirstCity Bank de Stockbridge, en Géorgie, est devenue la 18e banque des Etats-Unis à faire faillite en 2009. En 2008, 25 banques américaines ont dû fermer leurs portes, plombées par la crise financière. A la fin décembre 2008, 252 établissements bancaires en difficulté faisaient l'objet d'une surveillance étroite de l'autorité américaine de régulation du secteur, la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation). La FirstCity avait 778.000 dollars en dépôt qui excédaient le plafond de son assurance, avec 297 millions de dollars d'actifs et 278 millions en dépôt à la date du 18 mars 2009. Sa faillite devrait coûter une centaine de millions de dollars au fonds de garantie de la FDIC, qui assure jusqu'à 250.000 dollars par compte. Au total, le régulateur bancaire américain FDIC a annoncé vendredi 21 mars 2009 la fermeture de trois banques régionales, en Géorgie, au Colorado, et au Kansas, ce qui porte à vingt le nombre d'établissements de dépôts à avoir fait faillite aux Etats-Unis depuis le début de l'année 2009. La Géorgie est l'un des Etats les plus touchés par la crise économique. Deux autres banques ont fait faillite depuis le début de l'année dans cet Etat, et cinq avaient déjà connu ce sort en 2008. Le coût de cette nouvelle banqueroute pour le fonds d'assurance de la FDIC est estimé à 100 millions de dollars. A Colorado Springs (ouest), la Colorado National Bank, avec des actifs de 123,5 millions de dollars d'actifs, voit ses 82,7 millions de dollars de dépôt repris par la Herring Bank, basée à Amarillo au Texas (sud). La Herring Bank a accepté de racheter environ 117,3 millions de dollars des actifs de son homologue, le FDIC gardant le solde pour le vendre ultérieurement. Il s'agit de la première faillite d'une banque de dépôt au Colorado depuis plus de 10 ans. Enfin une banque du Kansas, Teambank, basée à Paola et affiliée à la Colorado National Bank, a également été fermée, et ses dépôts ainsi que la plupart de ses actifs, repris par une banque du Missouri, Great Southern Bank, basée à Springfield. Au 31 décembre dernier, Teambank avait 669,8 millions de dollars d'actifs, dont 656,5 seront repris par la Great Southern Bank, et 492,8 millions de dollars de dépôts. La FDIC a conclu un accord de partage des risques avec la Herring Bank et la Great Southern Bank. Ces deux opérations ont un coût estimé à respectivement à 9 et 98 millions de dollars.

Les autorités américaines ont en outre annoncé vendredi 21 mars 2009 la mise sous tutelle de deux grosses mutuelles de crédit professionnel, US Central et WesCorp, totalisant respectivement 34 et 27 milliards d'actifs. Ce sont les plus grosses défaillances d'institutions financières depuis la faillite de la banque californienne Indymac, liquidée en juillet 2008, qui avait 32 milliards d'actifs. Le régulateur des caisses d'épargne (NCUA) a annoncé avoir pris cette mesure pour "stabiliser le système des mutuelles de crédit aux entreprises", un examen du bilan de ces organismes ayant révélé des pertes bien supérieures à ce qui était prévu. Il s'agit des plus gros établissements de leur catégorie, des mutuelles n'ayant pas de relations directe avec des clients, mais fournissant services et produits aux caisses d'épargne. US Central est basé à Lenexa (Kansas, centre), et WesCorp à San Dimas (Californie, ouest). (fr.news.yahoo.com, lesechos.fr, lemonde.fr, romandie.com du 21/03/09). Les banques américains ont perdu 32,1 milliards de dollars (23,6 milliards d'euros) au quatrième trimestre 2008, soit plus que le chiffre de 26,2 milliards de dollars initialement annoncé en février 2009, selon l'instance de régulation des banques, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC). Elles avaient engrangé 575 millions de dollars (423,7 millions d'euros) de bénéfices au quatrième semestre 2007. (fr.news.yahoo.com du 20/03/09).

De plus, New Frontier Bank, une grosse banque régionale du Colorado, basée à Greeley, a été fermée vendredi 11 avril 2009 par le régulateur FDIC, devenant le plus important établissement bancaire à faire faillite en 2009 aux Etats-Unis. Elle disposait de 2 milliards de dollars d'actifs. C'est la 23ème banque de dépôt à être fermée par les autorités depuis le début de l’année 2009. Merced Bank, une banque californienne qui a disparu début février 2009 et qui disposait de 1,7 milliard de dollars d'actifs, était jusque là la plus grosse faillite enregistrée en 2009. New Frontier Bank accueillait pour 1,5 milliard de dollars de dépôts, dont environ 154 millions excédaient la limite de la garantie de la FDIC. Ces fonds n'ont pas été repris par la DINB et leurs propriétaires devraient probablement perdre l'essentiel voire la totalité de ces sommes. Le coût du sinistre pour la FDIC sera de l'ordre de 670 millions de dollars. Un peu plus tôt, la FDIC avait annoncé la fermeture d'une autre banque régionale, sise en Caroline du Nord (sud-est), la Cape Fear Bank. Une caisse d'épargne de l'Etat voisin de Caroline du Sud, la First Federal Savings and Loans Association, qui a son siège à Charleston, a repris les activités de la banque faillie, et rouvrira à son enseigne les huit agences bancaires de la Cape Fear Bank, basée à Wilmington. Au 31 mars, la Cape Fear Bank avait 492 millions de dollars d'actifs, dont 95% (468 millions) ont été rachetés par la First Federal Savings and Loans, et 403 millions de dollars de dépôts. Cette opération a un coût estimé à 131 millions de dollars pour la FDIC. (AFP du 11/04/09).

L'organisme de crédit japonais SFCG a fait faillite lundi 23 février 2009 alors que le resserrement du crédit continue de frapper nombre d'entreprises nippones, entraînant la chute des actions de plusieurs sociétés concurrentes exposées au même risque. Sa dette est de 3,6 milliards de dollars, la plus importante depuis le début de l'année 2009 au Japon en termes d'endettement. Les entreprises japonaises subissent de plein fouet la crise économique. Un nombre record de 33 entreprises cotées ont fait faillite en 2008 au Japon, la plupart ayant été étranglées par le resserrement des conditions du crédit. Dix autres ont déjà fait faillite depuis le début de l'année 2009. Au dernier trimestre de l'année 2008, le pays a enregistré une chute de 12,7 % de son PIB en rythme annualisé. Un chiffre deux fois plus mauvais qu'en zone euro et aux Etats-Unis. Et c'est le troisième trimestre de contraction du PIB enregistré par la deuxième économie mondiale. En 2008, le pays du Soleil-Levant n'a pas connu les déboires des systèmes bancaires des autres pays développés, à l'origine de la crise actuelle. Mais, après la décennie perdue des années 1990, le redressement de l'économie nippone ces dernières années a surtout été tiré par les exportations. Or la demande mondiale ne suit plus, et ce pilier fondamental de la croissance s'effondre. Les exportations japonaises ont chuté de 35 % sur un an en décembre 2008. La hausse du yen, de 17 % sur un an, défavorise encore plus les exportateurs. Confrontées à une pénurie des carnets de commandes, les entreprises cessent d'investir et les emplois sont menacés. Effet domino subséquent, le moral des ménages vire au noir et la consommation flanche. (fr.reuters.com du 23/02/09).

Les manifestations du comportement du marché s'apparentent à celles de l'industrie nucléaire, elles présentent des caractéristiques civiles et "militaires" à la fois. Elles sont civiles lorsque les actes issus du marché ont pour fonction la satisfaction des besoins de la société en améliorant les conditions de vie, d'existence et de pérennisation, et "militaires" lorsque ces mêmes actes sont susceptibles d'anéantir un grand nombre d'individus à la fois et de détruire son environnement, en l'absence de mesure de sécurité et de précaution. Pour le relativiste que nous sommes, nous disons, qu'en jouant avec le feu nucléaire économique, les absolutistes ont déjà occasionné de sérieux dégâts à l'ensemble de l'économie mondiale avec des armes à uranium appauvri. Et en ne levant pas le doigt posé sur la gachette afin de conserver leurs privilèges éhontés, les armes économiques nucléaires à uranium enrichi vont à leur tour entraîner des réactions thermonucléaires économiques en chaîne qui conduiront inéluctablement à un tsunami économique dont les conséquences seront hyper-dévastatrices. Comme le directeur national du renseignement américain, Dennis Blair, Lyndon Larouche s'en inquiète.

« Le peuple américain appelle à l’aide et il est tout à fait possible de le secourir ; Mais pas avec ces clowns de Washington qui continuent de pinailler : « Peut-être que ceci va marcher, peut être que cette tactique peut aider, peut-être pouvons nous restaurer la confiance… ». Avec cela, Obama pourrait très vite devenir impopulaire et l’on perdrait le potentiel actuel : d’avoir un leadership suffisant au sein de la présidence, pour faire ce qui doit être fait. « Si le président Obama propose le bon remède au peuple américain – et le remède je le connais, je suis le seul expert en la matière, les faits ayant montré l’incompétence des autres – et qu’il demande leur soutien à la manière de de Gaulle en 1961 lorsqu’il fut menacé par un coup d’Etat militaire, ou comme l’a fait Roosevelt lorsque la situation l’exigeait, il sera soutenu. Si Obama appelle ce soutien populaire et qu’il est convenablement conseillé sur ce qu’il lui appartient de proposer, le peuple le soutiendra ! Finit les banquiers et les conseillers de Wall Street ! Si le peuple est convaincu que le Président est prêt à prendre les mesures qui s’imposent pour régler leurs problèmes et ceux du pays, alors Wall Street sera mis au ban ». « Mais ça ne marchera pas si l’on continue ces petites négociations entre politiciens avant d’aller voir le Président pour lui dire « Nous pensons que vous devriez faire tel et tel compromis… ».

« Ce Président a besoin d’un soutien à la hauteur de la popularité qui l’a porté à ce poste. Il doit appeler le soutien du peuple américain, sans quoi, s’il continue à laisser faire ces clowns comme avec le Plan Geithner, il va perdre son assise populaire. Je pense que le Président est prêt à faire ce qu’il faut, il lui faut juste comprendre de quoi il s’agit, et il obtiendra ce soutien populaire. Et lorsqu’il aura rallié les gens derrière lui, les clowns et les financiers n’auront qu’à aller se cacher ; ils ne pourront entraver cette marche ». « Le temps est venu de la jouer dure, on parle de mettre en œuvre une stratégie solide, comme si l’on était mobilisé dans la Troisième ou Quatrième Guerre mondiale. L’effondrement du système est généralisé à l’ensemble de la planète, il n’y a qu’a voir ce qui arrive à la Russie ou à la Chine : c’est une désintégration économique et financière totale. Et la plupart des chefs d’Etats ne pipent mot pour soutenir les seules mesures qui puisse nous en sortir. (…) » (alterinfo.net du 12/02/09).

« Comme je l’ai spécifié dans ma proposition du Homeowners and Banks Protection Act (HBPA) de l’été 2007, nous devons geler les saisies de logements pour toute la durée de la crise. Ensuite, nous devons procéder à un audit de toutes les banques de dépôts – l’ensemble du système de la Réserve fédérale – puis activer une procédure de banqueroute organisée. Les dettes illégitimes seront purement et simplement annulées et les dettes légitimes seront honorées. La banqueroute organisée permettra de remplacer le système de Réserve fédérale par une Banque nationale. A partir de là, en utilisant les prérogatives constitutionnelles du Président et du Congrès, nous autoriserons l’émission massive de crédit pour lancer des investissements massifs dans la haute technologie et les projets d’infrastructure. Ces crédits autorisés seront véhiculés par ce nouveau système bancaire régulé. La recapitalisation des banques par l’investissement dans les infrastructures, ramènera progressivement notre système bancaire à une situation saine. « C’est ainsi qu’Hamilton et Roosevelt firent, et c’est ainsi qu’Obama, je l’espère, fera. C’est la véritable tradition du Système américain et il n’y a pas d’autre alternative possible. » (alterinfo.net du 28/02/09).

Selon James K. Galbraith, qui exprime des vues identiques à ceux de Lyndon Larouche, une nouvelle étude de l’économiste Marshall Auerback illustre clairement la façon dont les objectifs de Roosevelt dépassaient tout ce qu’on a pu voir jusqu’alors dans cette crise : le gouvernement [Roosevelt] a employé environ 60% des chômeurs pour des travaux publics et des projets d’aménagement, incluant la plantation d’un milliard d’arbres, la modernisation de l’Amérique rurale, la construction de projets divers tels que la « Cathédrale de l’Apprentissage » à Pittsburgh, le Montana State Capitol, une grande partie du « front de lac » de Chicago, le Lincoln Tunnel à New York et le Triborough Bridge, la Tennessee Valley Authority et les porte-avions Enterprise et Yorktown. D'autres structures furent également construits ou rénovés, 2.500 hôpitaux, 45.000 écoles, 13000 parcs et terrains de jeux, 7800 ponts, 1 120 000 km de routes, et un millier d’aérodromes. Il employait également 50 000 enseignants, a reconstruit l’ensemble du système scolaire des zones rurales, et embauché 3000 écrivains, musiciens, sculpteurs et des peintres, dont Willem de Kooning et Jackson Pollock.

Roosevelt a donné du travail aux Américains sur une vaste échelle, ramenant le taux de chômage à des niveaux qui étaient tolérables, même avant guerre, revenant de 25% en 1933 à moins de 10% en 1936, si l’on comptabilise ceux qui étaient salariés par le gouvernement comme ayant un emploi, ce qui était bien le cas. En 1937, lorsque Roosevelt a tenté d’équilibrer le budget, l’économie a rechuté à nouveau, et en 1938 le New Deal a été relancé. Cette fois encore, le chômage a été ramené à environ 10%, dès avant la guerre. Le New Deal a reconstruit l’infrastructure de l’Amérique, en fournissant les fondations (par exemple, les centrales électriques,) à partir desquelles la mobilisation de la Seconde Guerre mondiale pourrait être lancée. Mais il a aussi sauvé le pays politiquement et moralement, en fournissant des emplois, de l’espoir et en restaurant la confiance dans le fait que la démocratie est une valeur qu’il faille préserver. Ils étaient nombreux, dans les années 1930, à ne pas penser ainsi. (contreinfo du 24/03/09).

En fait, la sagesse et la raison commandent que la Présidence s'enquérisse de la véracité des informations sur l'état de la densité exacte des actifs toxiques en circulation et fasse appel au Peuple, à l'Armée, au Renseignement, à la Sécurité intérieure et à toutes les institutions de l'Etat pour que sans faille, ils se rangent derrière leur Chef suprême en temps de crise exceptionnelle, pour sauver ce qui peut l'être dans les plus brefs délais. Il s'agit de mesurer correctement les risques et d'estimer les risques d'erreurs, et de se demander si la nation et le reste du monde sont réellement capables de les surmonter. En ce cas d'espèce, une war-room spéciale est nécessaire, le temps presse.

Une histoire vraie

Une personne à qui nous avions beaucoup d'estime nous dit au début des années 90, en France : en pleine forêt si vous êtes poursuivis par une meutte de lions, quelle serait la meilleure façon de les échapper ? nous répondîmes, monter sur un arbre. Il poursuivit, si par mégarde vous découvriez qu'il existe un boa ou un python perché sur les cîmes de cet arbre ? Nous ne sûmes quoi lui répondre. De plus ajouta-t-il, si vous vous aperceviez de l'existence d'un fleuve en dessous des branches de l'arbre que feriez-vous ? Nous répondîmes que nous sauterions dans l'eau. Mais dit-il, si avant de sauter vous vous aperceviez que le fleuve en question est infesté de crocodiles ? Nous ne sûmes pas de nouveau quoi lui répondre, et quelques jours plus tard, ce cher monsieur mourut. Pourtant, en y réfléchissant maintenant, si les nouvelles technologies avaient été répandues à l'époque ou si nous avions plus d'imagination, nous lui aurions par exemple répondu, le téléphone portable est une solution pour faire appel à l'aide extérieure (la police, les pompiers...), à condition que des antennes relais existassent dans ces lieux.

Cette histoire ressemble curieusement à celle de la crise systémique mondiale qui est cernée partout par des armes nucléaires économiques, dont les élytes ne savent pas exactement quoi faire pour les désamorcer en vue de minimiser les dégâts. Ils procèdent donc par tâtonnement. D'aucuns proposent la solution de l'inflation dans un désert d'emplois et d'activités, et des profits en décélération rapide. D'autres proposent uniquement des plans de relance avec des investissements privés en chute libre, des balances commerciales déficitaires partout dans le monde, des déficits budgétaires chroniques, des dettes explosives, une demande atone et des individus avec des poches "trouées". Alors que l'économie croule toujours sous le poids d'actifs toxiques dont l'utilité reste à démontrer. Et l'on espère que par enchantement, la croissance redémarre, même si cela pouvait se réaliser, dans ces conditions, combien de temps tiendrait-elle avec les modiques sommes injectées comparée à la valeur des actifs pourris en circulation ?

Pour annuler les effets des actifs toxiques, l'inflation devrait atteindre des niveaux extraordinairement astronomiques, les populations ne tiendraient pas le coup, et des conflits sociaux s'amorceraient inéluctablement. Avec des prix trop bas c'est le revenu global qui s'amenuiserait et des cercles vicieux s'installeraient. Il y a là une impossibilité logique de ne compter que sur la relance gouvernementale. Il faut que des actions d'envergure soient portées contre les causes réelles et non seulement contre les effets de la crise. Plus le temps passe, plus la situation s'aggravera davantage. Il est pour cela important de s'entourer des compétences complémentaires adéquates, car comme dans un jeu de dames, les observateurs perçoivent plus facilement les erreurs et anticipent les meilleures tactiques et stratégies pour vaincre.

D'ailleurs Roubini s'alarme aussi, car les derniers chiffres de croissance du PIB (à un taux annuel) au quatrième trimestre 2008 dans le monde sont encore pires que ceux de la première estimation pour les États-Unis (-3,8%), avec : -6,0% pour la zone euro ; -8% pour l’Allemagne, -12% pour Japon, 16% pour Singapour, -20% pour la Corée. L’économie mondiale est maintenant littéralement en chute libre. Et la contraction de la consommation, des dépenses d’investissement, de l’immobilier, de la production, de l’emploi, des exportations et des importations signale plutôt une accélération au lieu d'une décélération du processus. Pour éviter le risque croissant que cette crise soit de la forme de la stag-deflation qu’a connu le Japon : un L s’étendant sur plusieurs années, en une combinaison délétère de stagnation, de récession et de déflation), il faut que soient menées aux USA et dans les autres économies des politiques agressives, cohérentes et crédibles combinant les outils monétaires (traditionnels ou non orthodoxes), les mesures de relances budgétaires, un nettoyage du système financier et une réduction de la charge de la dette pesant sur les agents privés (ménages et sociétés non financières).

Malheureusement, dit-il, les efforts et les mesures adoptées dans la zone euro restent bien loin derrière celles des États-Unis :

a) La BCE tarde à mettre en oeuvre la réduction des taux et à se doter d’outils non-traditionnels pour combattre la forte contraction de la liquidité et du crédit ;

b) La relance budgétaire est trop modeste car les nations qui peuvent la financer (Allemagne) font preuve de tiédeur à ce sujet, alors que celles qui en ont le plus besoin (Espagne, Portugal, Grèce, Italie) sont celles qui peuvent le moins se le permettre car elles ont déjà un important déficit budgétaire.

c) Il y a un manque de dispositifs transfrontaliers permettant un partage de la charge budgétaire que représente le renflouement des institutions financières.

Aux Etats-Unis, deux éléments essentiels pour éviter une quasi-dépression font encore défaut :

a) Un nettoyage efficace du système bancaire qui pourrait nécessiter de procéder à un tri entre les banques solvables et insolvables et à la nationalisation de plusieurs établissements, éventuellement certains parmi les plus importantes.

b) Une réduction du fardeau insoutenable de la dette de millions de ménages insolvables, consistant principalement en une réduction de la valeur nominale de leurs prêts hypothécaires et pas seulement en un assouplissement des conditions de remboursements.

En outre, selon lui, dans de nombreux pays, les banques pourraient s’avérer non seulement trop grosses pour être laissées faillir, mais également trop grosses pour être sauvées, car les ressources fiscales et financières des États pourraient ne pas être assez importantes pour procéder à un sauvetage de cette ampleur en cas d’insolvabilité du système financier. Cette grave crise économique et financière provoque également une réaction marquée contre la mondialisation financière, le libre-échange et le modèle économique de libre marché. Car l’économie capitaliste de marché ouverte aux échanges et aux flux financiers est peut-être le pire régime économique, à l’exception de tous les autres, car les modèles d’économie hors marché ont échoué. (contreinfo.info du 20/02/09).

Pour Ambrose Evans-Pritchard, l'Europe de l’Est court un risque systémique

Si la classe politique mondiale ne la gère pas convenablement, la débâcle Est-Européenne est assez forte pour abattre les systèmes bancaires fragilisés des pays d’Europe occidentale et déclencher la deuxième phase de notre catastrophe financière. Le Ministre des Finances autrichien Josef Pröll a déployé des efforts frénétiques la semaine dernière pour mettre en place un plan de sauvetage de 150 milliards d’euros pour les pays de l’ex-bloc soviétique. Il a bien fait. Les banques autrichiennes ont prêté 230 milliards d’euros dans la région, ce qui équivaut à 70% du PIB de l’Autriche. « Un taux de défaillance de 10% conduirait à l’effondrement du secteur financier autrichien, » écrit le quotidien Der Standard de Vienne. Malheureusement, c’est sur le point de se produire. La Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), estime que le volume de créances douteuses devrait atteindre 10% et pourrait s’élever jusqu’à 20%. La presse viennoise indique que la Bank Austria et sa maison mère italienne Unicredit font face à un « Stalingrad monétaire » à l’Est. Stephen Jen, le responsable du secteur devise chez Morgan Stanley, indique que l’Europe de l’Est a emprunté l’équivalent de 1 700 milliards de dollars à l’étranger, dont la plus grande partie sous la forme de crédit à court-terme. Ces pays devront rembourser - ou refinancer - 400 milliards de dollars en 2009, somme égale à un tiers du PIB de la région.

La Russie elle même ne parvient que difficilement à honorer les 500 milliards de dollars de dettes de ses oligarques lorsque le cours du pétrole stagne aux alentours de 33 dollars le baril. Le budget a été bâti sur une estimation de prix de 95 dollars pour le brut de l’Oural. La Russie a dépensé 36% du total de ses réserves de change depuis le mois d’août pour la défense du rouble. « C’est le plus grand mouvement de fuite sur une monnaie dans l’histoire », déclare M. Jen. En Pologne, 60% des prêts hypothécaires sont en francs suisses. La valeur du zloty a diminué de moitié contre le franc. La Hongrie, les Balkans, les pays baltes et l’Ukraine sont autant de variantes douloureuses de cette situation. Le résultat de cette folie collective qui a gagné les prêteurs et les emprunteurs est comparable à la déroute des subprimes aux Etats-Unis. Mais il existe cependant une différence essentielle : les banques européennes sont impliquées sur ces deux secteurs. Ce qui n’est pas le cas pour les banques américaines. La quasi totalité des dettes du bloc de l’Est sont dues à l’Europe de l’Ouest, en particulier en Autriche, Suède, Grèce, Italie, et aux banques belges. En plus de cela, les Européens détiennent un étonnant 74% sur l’ensemble des 4 900 milliards de créances sur les marchés émergents. Ils sont cinq fois plus exposés à ce secteur que les banques américaines ou japonaises, et leur effet de levier est supérieur de 50% selon les données du FMI. L’Espagne est engagée jusqu’au cou en Amérique latine, qui a fini par être atteinte à son tour par le marasme. Au Mexique la production automobile a chuté de 51% en Janvier, et le Brésil a perdu 650.000 emplois en un mois. Quand à la Grande-Bretagne et la Suisse elles sont très présentes en Asie. Que cela prenne quelques mois ou quelques semaines, le monde va bientôt s’apercevoir que le système financier européen est coulé, et qu’il n’existe pas encore pour l’Union Européenne un équivalent de la Réserve Fédérale américaine qui soit prêt à agir comme prêteur de dernier recours ou d’inonder les marchés avec des fonds débloqués en urgence. Selon les préceptes de la « règle de Taylor » la Banque Centrale Européenne devrait déjà réduire ses taux à zéro et acheter des obligations et des actifs adossés à des crédits immobiliers sur une grande échelle. Mais son pouvoir est limitée par la géopolitique - un véto germano-néerlandais - et le traité de Maastricht.

C’est l’Europe de l’Est qui explose aujourd’hui. Erik Berglof, économiste en chef de la BERD, m’a confié que la région pourrait avoir besoin de 400 milliards d’euros d’aide pour honorer les prêts et soutenir le système de crédit. Les sommes nécessaires sont au-delà des fonds dont dispose le FMI, qui a déjà aidé la Hongrie, l’Ukraine, la Lettonie, la Biélorussie, l’Islande et le Pakistan - et la Turquie sera la prochaine. Ses réserves de 200 milliards de dollars (155 mds d’euros) s’épuisent rapidement. Son sauvetage de l’Ukraine à hauteur de 16 milliards de dollars n’a pas produit les effets escomptés. Le pays subit une contraction du PIB de 12% avec l’effondrement du cours de l’acier et poursuit sa chute vers le défaut de paiement, laissant Unicredit, Raffeisen et ING dans le pétrin. Le Pakistan réclame à nouveau 7.6 milliards de dollars. Le gouverneur de la banque centrale de Lettonie a déclaré que son économie était « cliniquement morte » après une baisse du PIB de 10,5% au quatrième trimestre 2008. Les manifestants s’en sont pris au Parlement et au Trésor. La dette publique de l’Italie 112% du PIB en 2009, une estimation récemment révisée à la hausse de 11%).

Wolfgang Münchau s'interroge sur la zone euro

La situation actuelle rappelle la crise du Système Monétaire Européen de 1992, lorsqu’un pays après l’autre faisait l’objet d’attaques spéculatives - obligeant le Royaume-Uni et l’Italie à sortir du système. Dans une union monétaire, on ne peut plus spéculer sur les taux de change. Mais grâce aux Credit Defaut Swaps, il est possible de parier sur l’éclatement de la zone euro. La semaine dernière, les spéculateurs ont parié sur une défaillance de l’Irlande, ce qui a rendu plus coûteux pour elle le refinancement de sa dette, et cette éventualité devient du même coup une prophétie auto-réalisatrice. Mais l’Irlande ne représente pas le plus grand danger pour la zone euro. Si le pays s’effondre, l’eurozone viendra à son aide. Les Allemands eux-mêmes acceptent désormais cette perspective.

La situation de l’Europe Centrale et Orientale recèle un danger bien plus imminent. La possibilité d’un effondrement financier pose le problème politique le plus urgent auquel l’Union Européenne ait à faire face en ce moment. Si cette situation est mal gérée elle pourrait mettre à bas l’eurozone. Cette crise frappe l’Europe Centrale et Orientale de manière disproportionnée en raison de deux erreurs politiques commises par les gouvernements de la région. La première a consisté à encourager les ménages à souscrire des prêts hypothécaires en devises étrangères. En Hongrie, la quasi-totalité de ces prêts sont libellés en devises, principalement le franc suisse. Ce choix du franc suisse est manifestement ridicule et témoigne d’une forme d’analphabétisme économique. Des emprunts en devises pouvaient être effectués en euros, dans la mesure où la Hongrie doit finalement rejoindre la zone euro. Mais la Hongrie ne rejoindra probablement pas la Fédération Suisse. L’argent que les ménages hongrois ont économisé grâce aux taux d’intérêt pratiqués en Suisse a été plus que perdu en raison de la hausse du franc suisse. La deuxième erreur politique est directement liée à la première. Les nouveaux membres de l’Union Européenne ont considéré l’entrée dans la zone euro comme une option relevant d’un choix politique. Il s’agit d’une mauvaise interprétation de leurs propres traités d’adhésion. Quand ils ont souscrit à l’adhésion à l’UE, ils ont également signé pour l’euro. Seuls le Royaume-Uni et le Danemark se sont préservé un droit de s’abstenir. En tant que pays récemment industrialisés, ils n’étaient pas dans l’obligation de rejoindre l’euro immédiatement, et avaient l’obligation de mener des politiques compatibles avec une adhésion à terme. S’ils avaient mené ces politiques, ils seraient presque tous membres aujourd’hui. La Slovénie et la Slovaquie ont montré qu’en adoptant des politiques adaptées il était possible d’entrer rapidement dans la zone euro. Ces deux pays sont maintenant en sécurité. Pour les autres, la décision de tergiverser s’est avérée être une catastrophe au plan de la stabilité financière. Lorsque l’on fait face à une crise telle que celle-ci, personne ne veut se trouver dans la situation d’une petite économie ouverte à la périphérie de la zone euro, avec une devise sans valeur et un gros paquet d’emprunts en francs suisses.

Mais les pays d’Europe centrale et orientale ont tout de même réussi quelque chose. Ils ont fait en sorte que leurs banques soient détenues par des étrangers. Les banques autrichiennes sont parmi les plus impliquées. Leur exposition à l’Europe de l’Est représente d’environ 80% du produit intérieur brut de l’Autriche. Si les ménages hongrois font défaut, ce n’est pas uniquement la Hongrie qui va tomber, mais aussi l’Autriche. L’Italie et la Suède sont également exposées. Une crise en Europe centrale et orientale serait également de nature systémique pour la zone euro. Il ne s’agit donc pas de considérer ce problème comme concernant autrui - parce qu’il ne l’est pas. La meilleure réponse à cette perspective d’effondrement serait d’adopter l’euro le plus rapidement possible. Nul besoin de changer de devise dès demain. Tout ce dont nous avons besoin c’est que chaque pays se dote d’une stratégie d’adhésion ferme et crédible soutenue par des politiques elles aussi crédibles, qui définissent une date d’adhésion ferme et un taux de conversion. Évidemment, cela nécessiterait l’abandon de critères d’adhésion obsolètes, ce qui aurait du être fait depuis longtemps. Parmi ceux-ci, la plus absurde est celui du taux de référence de l’inflation, calculé comme la moyenne des trois taux les plus bas. Bientôt, ce taux sera celui de la déflation.

De ce fait, un État candidat serait dans la situation absurde d’avoir à déflater comme condition préalable à l’entrée dans l’euro. Le critère de l’inflation est non seulement insensé, mais il entre également en conflit avec d’autres parties de la législation européenne. La stabilité des prix étant considérée comme un objectif important de la politique économique européenne, la mise en œuvre d’un critère de déflation constituerait une violation flagrante de cet objectif. Il en va de même pour le critère du taux de change. Condamner un pays à une peine de deux ans de respect d’un mécanisme de change - dans lequel sa monnaie doit fluctuer par rapport à l’euro dans une bande fixe - équivaut à inviter ouvertement à la spéculation et aux risques d’instabilité. Les critères d’adhésion ne sont pas compatibles avec les règles élémentaires de la stabilité. Ils devraient donc être déclarés nuls et non avenus et ne pas représenter un obstacle bureaucratique donnant lieu à tergiversations dans une situation de crise dangereuse. (contreinfo.info du 23/02/09, Financial Times du 22/02/09).

Le dogme de l'indépendance de la BCE

Jean Claude Werrebrouck, professeur d'économie à l'Université de Lille II, soutient qu'il faut monétiser la dette souveraine des Etats de l'Union en difficultés par La BCE, donc ne pas en faire une valeur fondamentale par l'interdiction juridique. De par la force des choses il est possible aujourd’hui, de ne plus rester enchâssé dans les critères maastrichtiens.

Il est possible d'imaginer des étapes intermédiaires avant le lâcher prise qui devrait mettre fin à l’indépendance de la banque centrale européenne. Mais seule la violence de la crise permettra de mettre fin à l’indépendance de la BCE et ouvrira la voie à la monétisation de la dette souveraine. Car les taux vont inéluctablement augmenter en raison de la gloutonnerie des Trésors chargés de limiter le feu de la crise. C’est dire que même les bonnes signatures seront défraichies par le vent de la contestation, et le problème des Etats les plus menacés sera, peut-être demain, celui des plus solides. Le moment où sera mis fin à l’indépendance de la banque centrale sera évidemment retardé autant que possible, et le degré de violence de la crise fixera le caractère plus ou moins éloigné de la date de cet abandon. On peut du reste anticiper que cet abandon ne sera jamais prononcé et deviendra situation de fait plus ou moins cachée, aussi bien pour ne pas affoler les marchés, que pour ne pas ridiculiser les adorateurs du mythe de la monnaie indépendante. Des monnaies en voie d’effondrement comme la livre sterling, chercheront à bénéficier du paquebot euro au moment où ce dernier prend l’eau. La machine inflationniste qui se mettra en place pour contenir la violence de la crise ne pourra que continuer à accroitre les disparités entre les pays de la zone, et la perspective de vérifier le concept de zone monétaire optimale, cher à Mundell, ne pourra que s’éloigner.

La solution ne fait encore qu’aggraver le problème. Dans le feu de la crise, les Etats européens seront-ils prêts, après rupture de plusieurs barrages établis dans la hâte, à tout lâcher et donc mettre fin à ce qui était présenté comme le symbole de la réussite de la construction européenne ? En fin de processus, c’est-à-dire lorsque la vague inflationniste sera devenue puissante les décideurs européens, contraints à renoncer à leurs croyances et aux traités correspondants, auront à comparer les coûts colossaux de l’abandon de l’euro, aux coûts également colossaux du renoncement aux indépendances des structures étatiques nationales. Créer un grand Etat européen, avec notamment toutes ses armes fiscales, ou annoncer au monde que la gestion de la crise ne peut aboutir qu’au retour des nationalités que l’on voulait justement estomper, tel est l’enjeu fondamental, qui bien évidemment, dépasse le champ de la stricte économicité. (contreinfo.info du 24/02/09).

"Le traité de Versailles obligeait l'Allemagne à payer des réparations de guerre d'un montant de 123 milliards de mark-or et à donner annuellement 26% de la valeur de ses exportations, des dispositions contraignantes ont fait entrer l'Allemagne dans une ère d'inflation chronique". Aujourd'hui, le Conseil de sécurité a imposé une série de sanctions à l'Irak après l'invasion du Koweït, dont l'obligation de payer des dommages de guerre et le gel de ses avoirs à l'étranger. Six ans après la chute du régime de l'ancien président irakien Saddam Hussein qui avait ordonné l'invasion, l'Irak a déjà payé plus de 13 milliards de dollars de réparations au Koweït et doit s'acquitter de 25 autres mds USD en plus d'une dette estimée à 16 mds USD. (romandie.com du 28/05/09). Le montant restant des réparations que l’Irak doit verser au Koweït pour l’invasion de 1990 s’élève à 24,8 milliards de dollars, selon l’agence de presse koweitienne KUNA. Ce montant comprend 10 revendications, dont trois du gouvernement, cinq du secteur pétrolier et deux des secteurs environnementaux. L’Irak doit verser 5% de ses revenus pétroliers comme réparations de guerre à un fonds spécial de l’ONU. L’Irak a payé plus de 27 milliards de dollars, dont la moitié est transféré au Koweït. (contreinfo.info du 05/10/09).

Plus que la Grande Dépression des années 30, ce que craignent les Allemands est l'hyperinflation de 1923. Ici, un billet de 100 millions de marks. A l'époque, les prix étaient multipliés par deux tous les quinze jours, précise la légende, et les petits épargnants ont vu leurs économies partir en fumée. L'Allemagne s'inquiète de voir les banques centrales faire tourner la planche à billets pour soutenir l'économie. En tête, la Réserve fédérale américaine (Fed) qui a annoncé, le 18 mars 2009, vouloir injecter mille milliards de dollars dans le secteur financier en rachetant des bons du Trésor et des titres adossés à des crédits immobiliers, donc en monétisant la dette. Ajouté à cela, la multiplication des plans de relance financés à coups de milliards de fonds publics... Rompant avec des années d'orthodoxie budgétaire, l'Allemagne a déjà consacré, à elle seule, 80 milliards d'euros au soutien de son économie. Tôt ou tard, il faudra bien payer l'addition. Après 2010, l'inflation regagnera en vigueur au sein de la zone euro. Selon l'Institut d'économie de Hambourg (HWWI), elle pourrait dépasser les 5 %. Selon Thomas Mayer, chef économiste pour l'Europe à la Deutsche Bank "nous avons le choix entre la peste et le choléra : entre la déflation et l'inflation. Je préfère choisir le choléra car les chances d'y survivre sont plus grandes qu'avec la peste". (lemonde.fr du 26/03/09).

Quelle est l'ampleur réelle de la récession en Europe ?

Goldman Sachs a évalué les pertes potentielles des banques de la zone euro à 922 milliards d'euros, en tenant compte de leur exposition à l'Europe centrale et orientale et aux Etats-Unis. Sur ce montant estimé, un tiers environ a déjà été reconnu, ce qui signifie que les banques de la zone euro auraient encore 600 milliards d'euros de pertes à déclarer. Aux Etats-Unis, les pertes bancaires sont estimées à quelque 2.000 milliards de dollars. Les pertes bancaires pourraient ainsi s'élever à environ 9% du produit intérieur brut en Hongrie ou 20% en Estonie, alors que d'autres pays comme la Pologne ou la République tchèque seraient épargnés. Dans la zone euro, cette exposition pèserait le plus sur l'Autriche (5,1% du PIB) et la Suède (2,6%), alors qu'elle ne serait que de 0,2% en France et en Allemagne. En tenant compte aussi de l'exposition des banques européennes vis-à-vis des Etats-Unis et des créances douteuses sur leurs marchés domestiques, Goldman Sachs arrive à une évaluation de 922 milliards d'euros, représentant 10,1% du PIB de la zone euro. Sur ce total, 346 milliards ont déjà été reconnus, soit 3,8% du PIB. (lesechos.fr du 25/03/09).

Aux Etats-Unis, les comptes trimestriels sont toujours présentés « en rythme annuel » : - 6,2%, cela mesure l’ampleur qu’atteindrait la récession si elle se poursuivait durant un an sur la même pente qu’au quatrième trimestre de 2008. Cette présentation accentue considérablement les mouvements. En Europe, on compare les résultats d’un trimestre à ceux du trimestre précédent. -1,2%, cela mesure la contraction de la production française du troisième au quatrième trimestre de 2008. Le chiffre publié est moins spectaculaire, mais la contraction qu’il reflète n’en est guère moins forte. Si les statistiques américaines étaient présentées de la même manièe qu'en Europe, du troisième au quatrième trimestre de 2008, le PIB des Etats-Unis en volume a diminué de 11.712,4 à 11.525,0 milliards de dollars (1). Il s’est donc contracté de 1,6%. La France a certes fait un peu moins mal, mais l’Italie (-1,8%) et surtout l’Allemagne (-2,1%) ont fait bien pis. Et si l’on présente les statistiques européennes à la façon des Etats-Unis, l’amplification joue à plein. En rythme annuel, le PIB français a diminué de 4,8% au quatrième trimestre, le PIB italien de 7,4% et le PIB allemand de 8,5%.

La comparaison n’est pas à l’avantage de l’Europe, et surtout pas de la zone Euro. Or la plupart des pays d’Europe continentale partaient de plus bas, voire de beaucoup plus bas que les Etats-Unis, qui ont bénéficié depuis 2000 de politiques monétaire et budgétaire expansives. Le plan Obama jugé Timoré par Krugman dépasse 5% du PIB en 2009. Le plan de relance britannique atteint péniblement 1,3 % du PIB, selon l’OFCE. En France (0,8%), en Allemagne (0,4%) et surtout en Italie (entre zéro et 0,1%) les réponses des gouvernements sont jusqu’à présent dérisoires.(lemonde.fr du 01/03/09).

Pour sortir de l'impasse, les Etats du monde entier, à défaut leurs peuples respectifs, doivent refuser et s'opposer à la dictature et l'imposture de l'absolutisme et de l'unilatéralisme, si tant soit peu, ils souhaitent reconstruire l'économie mondiale sur des bases saines pour longtemps, sans protectionnisme, mais également sans actifs toxiques.

Le rapport que publie la Réserve fédérale sur les « flux de fonds », révèle que l’en cours de l’ensemble du système de crédit (financier et non financier) totalisait 18 475 milliards fin 1995. À la fin de 2007, ce chiffre s’était enflé à 49 882 milliards, soit une croissance de 170% en seulement 12 ans. Au cours de cette même période, la dette des ménages augmentait de 184% pour passer à 8 959 milliards, la dette des entreprises s’était accrue de 130%, à 3 832 milliards, et les emprunts de l’État Fédéral et des autorités locales avait cru de 109%, totalisant 2 192 milliards. La dette Fédérale avait « seulement » augmenté de 41%, s’établissant à 5 122 milliards. Les actifs américains détenus par l’étranger avaient augmenté de 365%, et représentaient 16 048 milliards. Bien que sensiblement inférieur à la croissance du crédit, le PIB a cependant augmenté de 87% durant cette période. Au cours de cette période de 12 ans, les recettes fédérales ont augmenté de 88% (passant à 2 651 milliards) et celles des Etats de l’Union de 92% (à 1 903 milliards).

Cette composante cruciale du boom inflationniste a induit une augmentation de la croissance des dépenses de l’Etat Fédéral de 80% et des Etats de l’Union de 93%. Le budget prévoit que les dépenses du gouvernement fédéral cette année approcheront les 4 000 milliards, alors qu’elles n’étaient que de 1 600 milliards en 1995. Il est prévu que le déficit fédéral atteigne 3 000 milliards sur les deux exercices 2009 et 2010. Cela équivaudrait à une augmentation de 60% de la dette fédérale en deux ans seulement. La politique menée est non "keynésiste", et plutôt "inflationniste", en fait une tentative désespérée pour regonfler le prix des actifs, les revenus, les chiffres d’affaires, les recettes du gouvernement, et la « production » économique. Il y a eu beaucoup d’épisodes malheureux comparables à travers l’histoire, mais je n’en connais aucun qui ait produit des résultats positifs. L’administration a alloué un budget de 750 milliards supplémentaires pour le renflouement du secteur financier. Or selon la FED, entre 1996 et 2007, le total de la dette hypothécaire a augmenté de 220%, passant à 10 061 milliards. Le total des titres émis par les GSE a triplé, passant à 7 397 milliards. Le marché des titres adossés à un actif (ABS) s’est enflé de 580%, à 4 500 milliards. Au cours de cette période de 12 ans, les actifs des banques ont augmenté de 150%, totalisant 11 1940 milliards. Les actifs des banques d’affaires ont bondi de 440%, à 3 100 milliards. En 12 ans, le total des emprunts du secteur financier s’est accru de 300%, et atteint 16 900 milliards - donnant naissance dans le même temps à un marché du crédit et de la liquidité « junks » et détachés des marchés d’actifs et de l’économie réelle des USA.

A l’heure actuelle, le secteur financier, profondément dysfonctionnel, est incapable de répondre au besoin de crédit du système. Cette situation signifie que la dette hypothécaire avait augmenté de 188 milliards en 1995, comparativement à une croissance de 1 437 milliards en 2005, 1 410 milliards en 2006, et 1 098 milliards en 2007. Le total des titres émis par les GSE avait augmenté de 98 milliards en 1995, comparativement à une croissance de 609 milliards en 2008. Le marché des ABS a progressé de 127 milliards en 1995, mais de 725 milliards en 2005 et de 808 milliards en 2006. Le total du crédit bancaire avait augmenté de 273 milliards en 1995, comparativement aux 788 milliards de 2007 et 1 294 milliards de 2008. Les actifs des banques d’affaires avaient cru de 113 milliards en 1995 et ne représentant qu’une petite fraction des 615 milliards d’augmentation de 2007. De plus, entre 1996 et 2007, les revenus ont augmenté de 90%, passant à 12 271 milliards. La rémunération des employés a bondi de 86%, totalisant 7 812 milliards. En douze ans seulement, le patrimoine des ménages s’est accru de 43 685 milliards, soit 133%, pour atteindre 76 549 milliards. Malgré une hausse spectaculaire de l’endettement des ménages de 185%, pour un total de 14 379 milliards, la valeur nette du patrimoine des ménages (l’actif moins le passif) s’est accrue de 34 360 milliards, soit 124%, pour atteindre 62 170 milliards. Fait important, cette inflation massive du sentiment de richesse durant ces années a grandement influé sur le niveau et la structure des dépenses dans l’ensemble de l’économie réelle.

Cette inflation des patrimoines et des revenus de dimension historique qui a été alimentée par le crédit se trouve au cœur de la profonde inadaptation structurelle de « l’économie des bulles » qui est celle des USA. L’implosion de la « finance de Wall Street » (en particulier l’effondrement de l’activité des banques d’affaires, de la titrisation, et du recours massif à l’effet de levier) a provoqué la disparition de plusieurs bulles, y compris celles des titres adossés à la dette du secteur privé, celle de l’immobilier résidentiel et commercial, celle des actions, et de façon générale, celle du patrimoine des ménages. En réalité, l’éclatement de ces bulles a creusé des trous de plusieurs milliers de milliards de dollars dans les bilans de plusieurs secteurs d’activité. En outre, les schémas de dépenses dans l’ensemble de l’économie ont été modifiés de façon définitive. L’heure des comptes a sonné pour tous ces prêts douteux imprudemment accordés durant des années.

Quelles sont les implications et les conséquences associées à des déficits américains approchant 12% du PIB ? A court et moyen termes ? Ces mesures fiscales et monétaires sans précédent endigueront-elles l’implosion du secteur financier ? Les efforts déployés à Washington pour soutenir l’économie défaillante de la bulle seront-ils efficaces, ou auront-ils plutôt pour effet de retarder seulement un inévitable ajustement structurel ? Les acheteurs de bons du Trésor vont-ils continuer à s’accommoder des politiques de reflation ? Combien de temps le dollar demeurera-t-il relativement stable avec cette croissance massive de crédit non-productif aux États-Unis ? Les milliers de milliards d’augmentation de la dette publique parviendront-ils à ressusciter le marché privé du crédit - ou auront-ils tout simplement pour résultat de détruire la crédibilité de l’ensemble de l’économie ? Nous sommes désormais confrontés à des déficits chiffrés en trillions de dollars.(contreinfo.info du 06/03/09, par Doug Noland, Prudent Bear le 26 février 2009).

Pour Nouriel Roubini, les Américains ont vécu dans une économie de la bulle à la Madoff et Ponzi depuis une décennie, voire plus. Madoff est le reflet de l’économie américaine et de ses agents endettés à l’excès : un château de cartes bâti à coup d’effet de levier sur effet de levier par les ménages, le secteur de la finance et les entreprises, et qui s’écroule, désormais. Lorsqu’on a aucun apport initial lors de l’achat d’une maison, que le capital investi est nul, l’effet de levier est littéralement infini. C’est un jeu semblable aux pyramides de Ponzi. Et la banque qui a accordé sans apport initial à un NINJA (une personne sans revenu, sans emploi et sans apport) un prêt sans aucun remboursement du principal pendant un certain temps, avec un amortissement négatif et un taux initial incitatif, jouait elle aussi un jeu à la Ponzi. Et les fonds d’investissement qui ont réalisé pour plus de 1000 milliards d’opérations de Leverage Buy Out durant ces dernières années avec un ratio dette sur bénéfice de 10 ou plus étaient également des entreprises Ponzi jouant un jeu à la Ponzi. Un gouvernement qui émet des milliers de milliards de dollars de nouvelles dettes pour régler la facture de cette grave récession et pour socialiser les pertes du privé peut risquer de devenir un gouvernement à la Ponzi s’il ne revient pas à moyen terme à la discipline budgétaire et à un niveau de dette soutenable. Un pays qui a depuis plus de 25 ans dépensé plus que ses revenus, qui a connu une litanie sans fin d’années de déficit de sa balance courante, qui est de la sorte devenu le plus grand pays débiteur envers l’étranger au monde (avec une dette extérieure nette pour l’année qui pourrait dépasser les 3000 milliards) est également un pays à la Ponzi, qui pourrait en fin de compte faire défaut sur sa dette extérieure, s’il ne se serre pas la ceinture avec le temps et ne commence pas à réduire les déficits de la balance courante et ne dégage pas des excédents commerciaux réels.

A chaque fois que l’on persiste à consommer plus que son revenu, année après année (tel un ménage avec une épargne négative, un gouvernement avec un déficit budgétaire, une entreprise ou un établissement financier faisant des pertes répétées, un pays avec un déficit de sa balance extérieure), on s’adonne à ce jeu à la Ponzi. Dans le jargon de l’économie on dit qu’on échoue à satisfaire aux contraintes budgétaires inter-temporelles quand on emprunte pour financer le remboursement des intérêts sur la dette antérieure. On est alors entré dans une dynamique de dette insoutenable qui conduit finalement à la faillite pure et simple. Selon Minsky et selon la théorie économique les agents de type Ponzi (ménages, entreprises, banques) sont ceux qui doivent emprunter encore pour pouvoir rembourser tant le principal que les intérêts de leur dette. Ceux que Minsky appelle les « emprunteurs Ponzi » ne peuvent honorer ni leurs intérêts ni le principal. Ils sont surnommés ainsi car ils ont besoin d’une augmentation continue des prix des actifs dans lesquels ils ont investi pour être à même de continuer à refinancer leur dette. Selon cette norme les ménages américains moyens dont le pourcentage d’endettement par rapport au revenu est passé de 65% il y a 15 ans à 100% en 2000 puis à 135% aujourd’hui, jouaient un jeu à la Ponzi. Et une économie où la dette totale par rapport au PIB (des ménages, et des entreprises y compris financières) est de 350% est une économie folle à la « Made-Off » et Ponzi. Aujourd’hui où le prix des biens immobiliers a baissé de 20% et tombera encore de 20% avant d’atteindre son point bas et que le cours des actions a chuté de plus de 50% (et pourrait encore diminuer) espérer transformer les maisons des distributeurs automatique de billet et emprunter pour financer une consommation à la Ponzi n’est désormais plus possible.

La fête est finie pour les ménages, les banques et les sociétés pratiquant un fort effet de levier. L’éclatement de la bulle immobilière, de la bulle des actions, de la bulle des hedge funds et de la bulle des fonds d’investissement montre que la plupart de la « richesse » qui soutenait ces effets de levier massifs et la surconsommation des agents économique n’était qu’une fausse richesse basée sur des bulles ; maintenant que ces bulles ont éclaté, il est clair que le roi est nu et que nous sommes ce roi nu. La marée montante des bulles dissimulait le fait que la plupart des américains et de leurs banques nageaient nu. L’éclatement de la bulle, avec la marée basse, révèle quels sont ceux qui étaient nus. Les ménages américains, les entreprises - de la finance ou non- et le gouvernement passeront la prochaine génération dans cette prison qu’est l’endettement et avoir à se serrer la ceinture pour régler les pertes causées par une décennie ou plus d’effet de levier insouciant, de surconsommation et de prise de risques. (contreinfo.info du 12/03/09).

L'encours total des prêts revolving aux particuliers a plus que doublé aux Etats-Unis depuis 1996, pour atteindre près de 1 000 milliards de dollars, mais dans le même temps, leurs revenus ont stagné. Le salaire moyen n’a progressé que de 4% depuis 1999. Entre 2001 et 2006, la hausse de 80% du prix de la pierre a permis aux ménages américains de souscrire pour 250 milliards de dollars de crédits revolving supplémentaires. Mais lorsque l’immobilier s’est retourné en juin 2006, le système s’est écroulé comme un château de cartes. Avec la crise, les taux de défaut de paiement sur les cartes de crédits explosent : 25 milliards de dollars en 2007, le double en 2008 et au moins 100 milliards en 2009. Avec la crise, les taux de défaut de paiement sur les cartes de crédits explosent : 25 milliards de dollars en 2007, le double en 2008 et au moins 100 milliards cette année. L’indice Fitch Credit Card publié mardi 17 mars 2009 fait apparaître un taux d’impayés au bout de 60 jours qui a atteint 4,04%, après 3,75% en décembre 2008. Cet indice a bondi de près d’un quart de janvier à mars 2009. A elles seules, JPMorgan Chase, Bank of America et Citigroup totaliseraient 330 milliards d’encours. Bank of America a annoncé, le 6 octobre 2008, une perte de 2,1 milliards d’euros sur cette division. Même American Express, un prêteur pourtant réputé élitiste, a annoncé un chiffre de 8,7% en février 2009, contre 8,3% en janvier 2009.

Citigroup, l’un des plus grands émetteurs de cartes MasterCard, a vu son taux de défaut de paiement bondir à 9,33% en février 2009, contre 6,95% en janvier 2009. Les banques ont titrisé pour la majeure partie cette dette (70% selon le cabinet d’étude Innovest). Et sentant le vent tourner, elles ont durci les conditions d’accès au crédit. Et de plus en plus de dettes de consommateurs ont été passées dans la catégorie des créances douteuses. Le chômage constitue le principal facteur d’augmentation des défauts de paiement. De plus, si les ménages ne peuvent plus payer, ils risquent d’être placés en faillite personnelle. Selon le professeur Manning plus de 20% des ménages américains frôlent le surendettement. American Express (AMEX) a vu la part de son encours de crédit non remboursée au bout de 60 jours monter de 4,7% au 31 décembre 2008 à 5,1% au 31 janvier 2009, et 5,3% au 28 février 2009. Les sommes provisionnées pour faire face à cette évolution sont passées en deux mois de 7,5% à 8,7% de l'encours. L'encours a lui-même chuté de 9,8% sur ces deux mois, passant de 32,7 milliards de dollars à 29,5 milliards. (jdf.com du 18/03/09, fr.news.yahoo.com du 17/03/09).

Le bouleversement dans le classement des plus grandes entreprises mondiales du secteur financier, mesuré à cette aune, est à la mesure de la redistribution des cartes qui était déjà à l’oeuvre avant les subprimes, et que la crise actuelle va sans doute amplifier.

Ce classement a été établi par le Financial Times tel qu’il était en 1999 et tel qu’il se présente le 31 mars 2009. (contreinfo du 31/03/09). L'argent «évaporé» traduit en fait la crise de confiance des investisseurs vis-à-vis de la santé des principaux groupes. Rien que pour le quatrième trimestre 2008, les pertes cumulées des 500 entreprises américaines appartenant à l'indice S&P 500 ont atteint 182 milliards de dollars (138 milliards d'euros). Le pire résultat depuis 1935. Au total, 134 milliards sont imputables aux seules sociétés financières. La crise a entraîné aussi une nouvelle hiérarchie bancaire. Malgré des plans de recapitalisation énormes, les anciens géants comme Citigroup, AIG ou RBS pèsent aujourd'hui moins que BNP Paribas ou l'espagnol Santander. (fr.news.yahoo.com du 02/04/09).

Dans les pays dévéloppés, la récession poursuit son chemin. (lemonde.fr).

La crise actuelle est la pire que le monde ait connue depuis la Grande Dépression. Mais à la différence de 1929, on ne meurt plus de faim dans les pays riches. Pour beaucoup d’historiens et d’économistes, la frontière entre dépression et simple récession est franchie quand le chômage dépasse les 10% pendant plusieurs années. Le chômage aux Etats-Unis en février 2009 était de 8,1%. Au début des années 1980, ce chiffre a dépassé les 10% durant dix mois. Pendant la grande dépression, il avait atteint 25% de la population active. Cependant, le club des 30 pays les plus riches est en récession, «la plus profonde et la plus étendue depuis plus de 50 ans». Le produit intérieur brut (PIB) cumulé du club des 30 devrait chuter de 4,3% en 2009 et se stabiliser à -0,1% en 2010. Initialement, l’OCDE tablait sur un recul de 0,4% en 2009 et une hausse de 1,5% en 2010. Le commerce mondial pourrait chuter de 13% (-9% initialement prévu). Le chômage va grimper à 10,1% en zone euro en 2009, 11,7% en 2010 ; 9,1% au Etats-Unis en 2009, 10,3 en 2010. «Le chômage doublera quasiment par rapport à son niveau de 2007 dans les pays du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume Uni, France, Italie, Canada, ndlr)». (jdf.com du 02/04/09).

Selon Martin Wolf, la Banque Asiatique de Développement a indiqué que la perte totale de patrimoine sur le marché mondial s’élève à 50 000 milliards de dollars, représentant environ un an de la production mondiale. La perte de patrimoine sur les places boursières représente à elle seule 25 000 milliards de dollars. La demande de produits manufacturés, le niveau de leur production et leur commerce mondial sont tombés en chute libre à la fin de l’année 2008 : la production industrielle Allemande a baissé de 19,2 pour cent sur un an en Janvier 2009, celle de la Corée du Sud de 25,6 pour cent et celle du Japon de 30,8 pour cent. Les pays émergents en Europe centrale et orientale qui se sont ouvert aux capitaux mondiaux, sont parmi les plus touchés. Ils forment le seul groupe important de pays émergents à avoir été importateurs nets de capitaux dans les années 2000, les détenteurs de capitaux ont déserté à cause du risque d'effondrement de leurs économies. Mais ils ne sont pas seuls, car toutes les économies émergentes sont affectées par la perte de la demande extérieure, la réduction des flux de capitaux à l’échelle mondiale et les hausses résultantes dans le coût du crédit. (contreinfo.info du 03/04/09).

Le taux de chômage au sein de la zone euro a progressé plus que prévu à 8,5% en février 2009, soulignant l'ampleur de la dégradation de l'activité. Le taux de chômage pour les seize pays de la zone euro s'inscrit en hausse par rapport au chiffre de 8,3% de janvier 2009, lui-même révisé en hausse, selon les données publiées mercredi 01 avril 2009 au niveau européen par Eurostat. L'Allemagne a enregistré en mars 2009 la plus forte augmentation du chômage depuis le début de la crise avec 69.000 nouveaux demandeurs d'emploi selon les données CVS publiées mardi 31 mars 2009 par l'Office fédéral du travail. En France, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A inscrits à Pôle Emploi a augmenté de 3,5% en février 2009 (+79.900 personnes) par rapport au mois précédent, selon les données publiées par le ministère de l'Economie et de l'Emploi. Le taux de chômage s'établit à 8,6% en France au mois de février selon Eurostat. Il atteignait 8,2% au quatrième trimestre 2008, selon les données provisoires publiées le 5 mars 2009 par l'INSEE.

Selon l'office européen des statistiques (Eurostat), le taux de chômage a encore augmenté en mars 2009 dans la zone euro à 8,9%, soit son plus haut niveau depuis novembre 2005. En un mois, le nombre de sans-emploi a progressé de 419.000 dans la zone euro, atteignant un total à 14,158 millions de personnes, alors qu'en février 2009, le chômage était ressorti à 8,7%. Dans l'ensemble des 27 pays de l'Union européenne, le taux de chômage s'est établi à 8,3% en mars, contre 8,1% en février 2009. Le taux de chômage le plus bas a été enregistré aux Pays-Bas (2,8%), et les plus élevés en Espagne (17,4%), en Lettonie (16,1%) et en Lituanie (15,5%). (google.com du 30/04/09). Le taux de chômage dans la zone euro a progressé à 9,2% en avril 2009, contre 8,9% au mois de mars 2009, selon des chiffres corrigés des variations saisonnières publiés mardi par Eurostat, contre 7,3% dans 16 pays membres de la zone euro en avril 2008. Dans l'Union européenne (27 pays membres), le taux de chômage s'est élevé à 8,6% au mois d'avril 2009, contre 8,4% le mois précédent et 6,8% en avril 2008.

Parmi les Etats membres, les taux de chômage les plus bas ont été enregistrés aux Pays-Bas (3%) et en Autriche (4,2%), tandis que les taux les plus élevés ont été relevés en Espagne (18,1%), en Lettonie (17,4%) et en Lituanie (16,8%). Sur le mois d'avril 2009, les plus fortes hausses ont été observées en Lituanie (de 4,3% à 16,8%), en Lettonie (de 6,1% à 17,4%) et en Estonie (de 3,7% à 13,9%). Le taux de chômage des moins de 25 ans s'élève à 18,5% dans la zone euro et à 18,7% dans l'ensemble de l'Union européenne. Le taux de chômage des hommes a augmenté de 6,6% à 8,9% en avril dans la zone euro et qu'il s'est accru de 8,2% à 9,4% chez les femmes sur la même période. Selon Eurostat, plus de 20,82 millions d'hommes et femmes étaient au chômage en avril 2009 au sein de l'Union européenne, dont 14,58 millions dans la zone euro. Pour la France, Eurostat donne un taux de chômage de 8,9% en avril 2009 contre 8,8% en mars 2009. (boursorama.com, fr.news.yahoo.com, lematin.ch du 02/06/09).

Les exportations allemandes ont beaucoup baissé à partir de la fin du troisième trimestre de l'année 2008, elles tentent de se stabiliser en mars 2009, mais le rebond n'est pas encore au rendez-vous.

La composante emploi de l'indice PMI manufacturier définitif pour la zone euro au mois de mars publié mercredi 01 avril 2009 montre que le rythme des destructions d'emplois dans le secteur n'a jamais été aussi rapide depuis le début de la série statistique, il y a douze ans. Le nombre de demandeurs d'emploi au sein de la zone euro a augmenté de 319.000 en février à 13.486.000 personnes selon Eurostat. Pour les 27 pays de l'UE, ces chiffres sont respectivement de 478.000 et 19.156.000. Au sein de la zone euro, l'Irlande et l'Espagne ont accusé les plus fortes hausses du chômage avec un bond de 0,7% dans les deux cas à 15,5% et 10,0% respectivement. (lepoint.fr du 01/04/09). En outre, la Banque centrale d'Irlande a annoncé vendredi 3 avril 2009 tabler sur une contraction du produit intérieur brut (PIB) de 7% en 2009 et de 3% l'année suivante, ce qui porterait la chute cumulée de l'activité entre 2008 et 2010 à "plus de 12%", une crise qu'elle a qualifiée de "sans précédent". Des prévisions qui sont encore plus pessimistes que celles du gouvernement, qui a dit jeudi 2 avril 2009 soir prévoir une baisse du PIB de 6,75% en 2009. Le produit intérieur brut (PIB) irlandais s'est déjà contracté de 2,3% en 2008, la première récession en année pleine depuis 1983 et la plus grave jamais enregistrée par les statistiques officielles, contre +6% encore en 2007. (romandie.com du 03/04/09).

Les aides des Etats membres de l'Union européenne au secteur financier ont déjà totalisé 3.000 milliards d'euros depuis six mois, dont 2.300 milliards pour les dispositifs de garantie. (lefigari.fr du 09/04/09).

Le Japon, première économie asiatique connaît un véritable effondrement. Les experts de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), prédisent un recul de son produit intérieur brut (PIB) de - 6,6 %. La banque HSBC a prévu une chute de - 6,5 %, au dessus des - 4,4 % de chute pour les Etats-Unis. Le Japon a enregistré une baisse de 40 % de la production industrielle en février 2009, jamais été atteinte, ni durant la crise de 1990 où elle avait plafonné à - 10 %, ni au moment de l'éclatement de la bulle Internet où elle avait atteint - 14 %, au pire moment. Les exportations ont chuté de 50% sur un an en janvier 2009. La dette a déjà atteint 180 % du PIB et pourrait grimper à 200 % fin 2009, en raison des emprunts liés aux milliards de yens engloutis dans les plans de relance. Pour essayer de se dégager, le Parti libéral-démocrate (PLD), au pouvoir au Japon, a dévoilé les grandes lignes d'un nouveau plan de relance record de 116 milliards d'euros, soit 3,1% du produit intérieur brut (PIB), qui sera financé par la dette, et nécessitera l'émission de 10.000 à 11.000 milliards de yens (75,5-83 milliards d'euros) d'obligations. Ce plan complète les 12.000 milliards de yens déjà débloqués par le gouvernement dans le cadre de précédentes mesures de relance, portant ainsi le total de l'effort engagé pour relancer l'économie à environ 5,5% du PIB. (lemonde.fr du 08/04/09, lesechos.fr du 09/04/09).

Depuis 28 ans, pour la première fois, la balance commerciale japonaise est dans le rouge au cours de l’année fiscale 2008, qui a pris fin en mars 2009, avec un déficit de 725,3 milliards de yen (7,36 milliards de dollars), selon les révélations du ministère japonais des Finances. Les exportations de la deuxième plus grande économie du monde ont chuté de 16,4% en base annuelle à 71.140 milliards de yens (722,23 milliards de dollars), alors que les importations ont diminué de 4,1% à 71.870 milliards de yens (729,64 milliards de dollars). Malgré tout, le commerce japonais était quand même excédentaire de 11 milliards de yens (111,68 millions de dollars) en mars 2009. (contreinfo.info du 23/04/09). "Le statut de deuxième économie mondiale pour le Japon est en train de toucher à sa fin", selon le rapport annuel du ministère de l'économie, du commerce et de l'industrie (METI). "Pour la première fois, le Japon se retrouve en position d'être rattrapé et dépassé". Car le produit intérieur brut nominal de la Chine devrait dépasser celui du Japon en 2010, ou même en 2009 si l'économie chinoise croît plus que prévu et si l'économie japonaise continue à se dégrader fortement.

Malgré la chute de ses exportations (-26% en mai 2009 sur un an), la consommation et les investissements domestiques chinoises ont pris le relais et s'accroissent très vite. Les ventes d'automobiles ont augmenté de 47%, celles de cuisinières et de téléviseurs se sont accrues de 42%. Le crédit bancaire et les ventes de maisons ont atteint des niveaux records, à l'instar de ce qui se passait aux Etats-Unis en 2005 ou 2006. Les investissements en zones urbaines ont bondi de 33% en cinq mois. Dans le secteur ferroviaire, les dépenses ont plus que doublé et la Banque mondiale a rehaussé les prévisions de croissance à 7,2%. A l'inverse, l'économie du Japon a subi au deuxième trimestre 2009 une contraction record de 14,2 % en rythme annuel. Pour l'ensemble de l'année 2009, le FMI prévoit une récession de 6,2 % au Japon contre une croissance de 6,5 % en Chine. Le Japon s'était hissé au rang de deuxième économie mondiale en 1968. (lemonde.fr, lefigaro.fr, google.com, lepoint.fr du 19/06/09, lapresseaffaires.cyberpresse.ca du 22/06/09).

Les Etats-Unis ont détruit en mars 2009, 663 000 emplois. Le taux de chômage est passé de 8,1% à 8,5%, le niveau le plus élevé depuis 25 ans. En réalité, si l'on prend en compte les personnes travaillant à temps partiel parce qu'elles ne trouvent pas un temps plein et celles qui n'en possèdent pas mais n'en recherchent pas activement, près de 16% des Américains sont sans travail. Le chiffre de 651 000 destructions d'emplois pour le mois de février a été confirmé tandis que celui de janvier a été révisé à la hausse de 650 000 à 741 000. Janvier 2009 est le plus mauvais mois pour l'emploi depuis octobre 1949, selon Reuters.

« Depuis le début de la récession en décembre 2007, 5,1 millions d'emplois ont été perdus, dont presque les deux tiers, 3,3 millions, lors des cinq derniers mois. En mars, les pertes d'emplois ont été importantes et réparties à travers les principaux secteurs industriels ». Le secteur des services, le plus gros consommateur de main-d'oeuvre des Etats-Unis, a vu disparaître 358 000 postes, secteur manufacturier et celui de la construction ont perdu respectivement 161 000 et 126 000 postes et la fonction publique a supprimé 5000 emplois, sauf l'éducation et la santé qui ont créé quelque 8000 postes. Le nombre de chômeurs aux Etats-Unis atteint désormais 13,2 millions, selon le décompte officiel du ministère. A cela s'ajoutent plus de 5,5 millions de personnes disant vouloir trouver un emploi mais non comptabilisées dans la population active pour diverses raisons. Et 9,3 millions de personnes sont contraintes de travailler à temps partiel contre leur gré du fait de la conjoncture économique. (bourse.lci.fr, google.com, fr.reuters.com, lepoint.fr, lesechos.fr du 03/04/09).

La vitesse de détérioration du marché du travail aux Etats-Unis s'est enfin réduite en avril 2009, le nombre de suppressions nettes d’emploi s’est infléchi par rapport à mars 2009. Selon le cabinet de conseil en ressources humaines ADP, le secteur privé a détruit 491000 emplois aux Etats-Unis en avril, un chiffre bien inférieur aux 708000 suppressions enregistrées en mars. Le secteur des services, qui assure près de 85% de l’emploi non agricole aux Etats-Unis, a perdu 229000 postes en avril 2009, après 384000 en mars. Dans l’industrie, la baisse se poursuit depuis plus de deux ans, avec une perte de 262000 emplois en avril, après 324000 le mois précédent. Depuis décembre 2008, les Etats-Unis détruisent plus de 500000 postes chaque mois, et en mars le taux de chômage atteignait 8,5%, son plus haut niveau depuis plus d’un quart de siècle. (marches.lefigaro.fr, fr.reuters.com du 06/05/09). Selon les chiffres officiels publiés vendredi 7 mai 2009 qui traduisent une relative amélioration du marché du travail, l'économie américaine a perdu 539.000 emplois en avril 2009. Le taux de chômage a toutefois encore progressé de 8,9%, contre 8,5% le mois précédent, son plus haut niveau depuis celui de 9,2% de septembre 1983. Les suppressions de postes de mars 2009 ont été révisées à la hausse à 699.000. Les moindres suppressions de postes d'avril s'expliquent en partie par la forte hausse des créations d'emplois dans le secteur public qui a embauché 72.000 personnes. Au total, le secteur privé a perdu 611.000 postes en avril 2009 après 693.000 en mars 2009. (lesechos.fr).

En mai 2009, les Etats-Unis ont détruit 345 000 postes, moins que les mois précédents. Les destructions d'emplois ont continué de toucher la quasi-totalité des secteurs à l'exception de l'éducation/santé et les loisirs. Le secteur des services, le plus gros consommateur de main-d’œuvre des Etats-Unis a perdu 120 000 emplois, et le taux de chômage a augmenté de 0,5 point à 9,4%. Le taux de l'emprunt d'Etat à 10 ans a progressé de 13 points de base à 3,84%, un taux d'intérêt qui sert de référence pour fixer une partie très importante des taux de l'économie américaine. La remontée de ce rendement est source d'inquiétude, car un renchérissement trop prononcé des coûts du crédit risquerait d'étouffer dans l'œuf la reprise économique. (bourse.lci.fr du 05/06/09).

Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon voit déjà venir la catastrophe annoncée si rien n'est fait pour la prévenir et l'enrayer, il soutient que la crise économique mondiale pourrait avoir des conséquences dramatiques, et anticipe des troubles sociaux, des faillites d'Etats de grande ampleur et une "catastrophe" humanitaire. "Ce qui a commencé comme une crise financière s'est transformé en crise économique mondiale", a-t-il écrit dans le quotidien britannique The Guardian. "Faute de parvenir à une relance mondiale, nous nous exposons à une catastrophe dans le développement de l'Homme". "Je crains que le pire n'arrive - une crise politique à grande échelle découlant d'une instabilité sociale croissante, de l'affaiblissement des gouvernements et de populations mécontentes qui ont perdu toute foi en leurs dirigeants et leur propre avenir".

Selon lui, la crise économique mondiale a affecté les pays les plus pauvres de façon plus importante. Dans ces pays, "les choses s'effondrent à une vitesse alarmante". Ban Ki-Moon a plaidé pour une "véritable relance budgétaire mondiale" et estimé que les pays en voie de développement auraient besoin de 1000 milliards de dollars en 2009 et 2010. "Il y a une marge étroite entre des banques en faillite et des pays en faillite et nous la franchissons à nos risques et périls" a-t-il souligné. (romandie.com du 02/04/09). A propos du G20 qui a pris fin à Londres le 2 avril 2009, le président Hugo Chavez a donné son avis, lors d'une visite officielle à Téhéran, dans une interview téléphonique à la chaîne Venezolana de Television : "Je n'attendais pas que les "vingt" adoptent des solutions aussi irréfléchies et stupides. Mais qu'est-ce qu'on peut leur demander ?". "Prenez la décision d'accorder 500 milliards de dollars au FMI et à la Banque mondiale. Cela revient à jeter de la viande aux vautours : la situation ne fera qu'empirer". Il est persuadé qu'il est inutile de ranimer le Fonds monétaire international. "Il faut dissoudre le FMI" a-t-il estimé.

La fin du dogme de l'autorégulation des marchés et du credo de la main invisible

Matthieu Pigasse, est associé gérant de la banque Lazard.

Les mesures de régulation annoncées sont nécessaires. Elles auraient cependant été utilement complétées de mesures à court terme portant à la fois sur la relance et sur la sortie des actifs toxiques des bilans des banques. La volonté de lutter contre les paradis fiscaux est une très bonne chose, car le secret bancaire autorise tous les trafics : drogues, armes...

Quels sont les paradis fiscaux à inscrire ou non sur cette liste ? Hongkong, Macao, le Delaware, Andorre, le Wyoming, le Nevada en font-ils partie ? Le petit État du Delaware (870 000 habitants), est devenu un géant mondial dans l'accueil des sociétés. Plus de 40% des entreprises cotées à la Bourse de New York y sont domiciliées. Les profits réalisés par les entreprises sur leurs activités en dehors de ses frontières ne sont pas taxés. Quelles mesures de rétorsion prendre à l'encontre de ces zones de non-droit ? Sur ces sujets, le G20 reste très silencieux. Pourtant un réseau d'organisations non gouvernementales (Tax Justice Network et Christian Aid, deux ONG britanniques, Oxfam, Attac, le CCFD, Transparence international...) a publié, lundi 2 novembre 2009, une liste alternative de paradis fiscaux qui prend en compte le degré d'"opacité financière" dans soixante "juridictions", dont l'Etat américain du Delaware, la City de Londres ou Hongkong. Selon le réseau international Tax Justice Network (TJN), "les principaux pourvoyeurs d'opacité financière ne sont pas de petites îles ensoleillées mais des nations riches qui disposent de leurs propres territoires d'opacité".

Voici le top 10 où, selon TJN, « se concentre, à l'échelle mondiale, l'argent sale et celui de l'évasion fiscale » :
1. Delaware (Etats-Unis)
2. Luxembourg
3. Suisse
4. Iles Caïman
5. City de Londres (Royaume-Uni)
6. Irlande
7. Bermudes
8. Singapour
9. Belgique
10. Hong-Kong
Egalement, Jersey, l'Autriche, Pays-Bas, Chypre, Malte, Madère, Hongrie, l'île de Man...

Pour établir sa liste, qui a nécessité dix-huit mois de travail, le TJN a mis au point un "indice d'opacité financière" composé de douze points (secret bancaire, existence de régistres publics des trusts et fondations, accès aux bénéficiaires et propriétaires de sociétés, échanges automatique d'informations avec d'autres pays, accès des autorités aux informations bancaires, ...) et qui prend en compte le degré de secret d'un Etat et son poids dans la finance internationale. Par exemple, l'opacité de la Suisse est plus nuisible pour le reste du monde que celle d'Andorre. Soixante Etats se trouvent répertoriés dans cette nouvelle classification, dont les Etats-Unis ou le Royaume-Uni, qui figurent pourtant sur la liste "blanche" des pays vertueux de l'OCDE. L'Etat américain du Delaware se voit reprocher de garantir le secret bancaire, de ne pas tenir de registre public des "trusts" (sociétés financières) et de ne pas se conformer suffisamment aux règles internationales en matière de fiscalité. Il est considéré comme le plus opaque du monde et la moitié des entreprises américaines côtées à Wall Street ont leur siège social dans ce minuscule Etat.

La City, la place financière londonienne, a moins de zones d'opacité, selon TJN, mais elle ne tient pas de registre public des bénéficiaires ultimes des sociétés et ne permet pas "un accès approprié" à l'information bancaire. La liste des "juridictions opaques" met également à l'index d'autres pays de la liste "blanche" de l'OCDE : les Pays-Bas, Madère (Portugal), l'Irlande ou la Belgique.

Cependant l'encadrement des hedge funds, des agences de notation ou des rémunérations témoigne d'une volonté nouvelle de réguler, mais il faudra juger aux actes et aux mesures qui seront mises en oeuvre, donc le passage des intentions aux actes. Nous regrettons l'insuffisance des mesures sur l'assainissement des marchés, par exemple la sortie des actifs toxiques des bilans des banques. Il est impératif de
permettre aux banques de rejouer le rôle qui est le leur, assurer le financement de l'économie, donc le renforcement de leur capital.

Trois éléments de soutien à la croissance peuvent permettre d'espérer une sortie de crise en 2010 : l'impact mécanique des plans de relance (même si certains demeurent insuffisants...), la baisse du prix des matières premières et notamment du pétrole, la baisse des taux d'intérêt. Il faut également le retour du crédit, c'est-à-dire la capacité des banques à financer à nouveau l'économie, d'où l'importance de traiter les actifs toxiques. Les Etats, c'est-à-dire les contribuables, demeureront toujours les "sauveurs en dernier ressort", car aucun système assurantiel privé ne permettrait de compenser la faillite d'une très grande banque. C'est la raison pour laquelle il faut mettre en œuvre des règles strictes pour contrôler et maîtriser en amont les risques pris par les établissements financiers. Il faut tout faire pour éviter que la crise s'installe. Il n'y a donc pas d'alternative à la relance. Je préfère le déficit et la dette au chômage. L'obtention d'un consensus mondial sur la nécessité de plus et de mieux réguler les marchés financiers, traduit une évolution politique profonde, la fin du dogme de l'autorégulation des marchés et du credo de la main invisible. (lemonde.fr du 03/04/09, lefigaro.fr du 02/04/09).

L'ensemble des mesures prises par le G20 permettrait une injection de 5.000 milliards de dollars dans l'économie mondiale d'ici la fin 2010.

Selon les médias, l'ensemble des mesures prises par le G20 devrait permettre d'injecter 5.000 milliards de dollars dans l'économie mondiale d'ici la fin 2010. Les ressources du FMI ont été triplés à 750 milliards de dollars, l'institution pourra émettre des Droits de Tirages spéciaux (DTS) pour 250 milliards de dollars et vendre de l'or, au total, un montant de 1.100 milliards de dollars. Le G20 a décidé de consacrer 250 milliards de dollars pour soutenir le commerce international. D'après certains observateurs, il semble de plus en plus évident que les pays riches n’ont pas abandonné l’idée d’éponger partiellement les dettes du néolibéralisme économique dérégulé par les contribuables et les pays dont les budgets sont excédentaires. Selon Joseph Stiglitz, sur les 250 milliards de dollars alloués en droits de tirage spéciaux, seulement 19 milliards sont destinés aux pays en développement. Ce n'est pas aussi important qu'on le prétend et ça devrait prendre la forme de subventions et non de prêts.

L'Union européenne a relevé de 75 à 125 milliards d'euros (environ 175 milliards de dollars) sa contribution supplémentaire au Fonds Monétaire International lors du G20 des ministres des Finances qui s'est tenu le week-end du 05 septembre 2009 à Londres. L'Inde s'est engagé à souscrire à hauteur de 10 milliards de dollars à l'émission d'obligations que le Fonds va émettre pour élargir ses possibilités de prêts aux pays les plus touchés par la crise. La Russie et le Brésil s'apprêtent aussi à participer à cette forme de financement qui constitue une première historique. La Chine avait dès le mois de juin 2009 annoncé qu'elle contribuerait pour 50 milliards à cet emprunt obligataire qui sera émis et libellé non pas en dollars, mais en DTS (droits de tirages spéciaux, un panier de monnaies dans lequel le dollar américain ne compte que pour 41 %). Les pays membres et actionnaires du FMI ont répondu aux demandes faites au G20 de Londres du 2 avril 2009 de consolider les ressources du FMI.

Alors que selon les données de Jeune Afrique, l'Afrique seule a besoin de 50 milliards de dollars pour retrouver une croissance de 5% en 2009 et de 117 milliards de dollars pour parvenir à 7% de croissance et atteindre les Objectifs fixés du Millénaire pour le Développement (OMD). En 2008, le montant de l'aide accordée à l'Afrique se chiffrait à 26 milliards de dollars, progressant de 10% par rapport à 2007. Et lors du sommet de Gleneagles en 2005, les pays du G7 avait promis de doubler leur aide à l'horizon 2010, à 50 milliards de dollars. Pourtant, la croissance restera positive en Asie, en Afrique (2,8% selon la Banque Mondiale) et au Moyen-Orient en 2009, et sera négative dans les pays industrialisés de - 4,3 %. Avec 6,3 % en 2007 et 5,7 % en 2008, l’Afrique a contribué à soutenir la croissance mondiale.

Pour l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, le G20 a fait de "très graves impasses". "On n'a absolument pas traité d'une question essentielle qui est le déséquilibre majeur, insensé, entre la sphère financière - la spéculation - et la sphère productive, c'est-à-dire l'échange de biens et services". Il a estimé que, en importance, la première représente "50 fois plus" que la seconde. Lionel Jospin a ajouté qu'"on a fait impasse sur la question des fluctuations des monnaies", et a regretté sur le fait que la France n'ait pas "saisi au bond" l'idée, relancée par les Chinois et les russes, d'une "monnaie commune internationale". De même, le G20 a omis, selon lui, de traiter "la question des besoins immenses des pays en développement", et n'a pas posé le problème de la répartition des fruits de la croissance (...) entre le profit, entre le capital et entre le travail. Il approuve le "G20 par rapport au G8", "l'idée de la régulation" et "le retour des Etats dans le jeu économique mondial". Enfin, il juge qu'on a traité la question des paradis fiscaux sans les interdire et seuls les fonds spéculatifs systémiques ont été mis en cause, laissant de côté la spéculation de tous les jours. (leparisien.fr du 05/04/09). Il est d'ailleurs étonnant que des paradis fiscaux n'aient pas été détectés dans les pays où la crise a pris naissance. Pourquoi alors cette opacité autour des actifs toxiques ? Selon certaines informations connues, environ 7.300 milliards de dollars (5.412 milliards d'euros) circulent en passant par les paradis fiscaux. Entre 30 et 40% du commerce mondial est rattaché ailleurs que dans le pays où il a vraiment lieu, d'après le réseau Tax Justice Network basé à Londres. Pour les seuls Etats-Unis, 100 milliards de dollars de revenus fiscaux sont perdus chaque année offshore. (boursorama.com du 05/04/09).

Selon le président de la Banque Asiatique de Développement Haruhiko Kuroda, à l'occasion de l'ouverture du conseil d'administration de la banque à Bali, l'Asie enregistrerait une croissance de 3,4% en 2009 et pourrait espérer un rebond à 6% en 2010. Les actionnaires de la banque ont déjà décidé de tripler les fonds propres de l'établissement en réponse à la crise. Cela va permettre à la BAD d'augmenter ses prêts de plus de 10 milliards de dollars en 2009 et 2010, dont 3 milliards pour faire face "aux besoins urgents résultant de la crise". Une partie de ses nouveaux prêts serait destinée à aider les économies asiatiques à stimuler leur consommation intérieure et à pallier la forte baisse de la demande pour leurs exportations de marchés tels que l'Europe et les Etats-Unis. Car selon M. Kuroda, "le transfert de l'épargne d'une partie du monde à une autre a bien fonctionné quand les économies avancées pouvaient absorber la production des économies en développement, mais l'état de l'économie mondiale montre que cette période est passée". "En rééquilibrant la croissance tournée vers l'exportation par un recentrage sur la demande et la consommation intérieure, l'Asie pourrait ouvrir la voie à une nouvelle forme de développement globalement profitable" à toutes les économies. Le président de la BAD a aussi appelé à une plus grande influence de l'Asie dans les affaires de la finance mondiale. "Il est (...) important de créer une architecture financière qui donne aux économies émergentes une voix qui tienne compte de leur importance dans la production et le commerce mondial". Les ministres des Finances de 13 pays asiatiques (Japon, Chine, Corée du Sud et pays de l'Association des nations du sud-est asiatique), sont convenus dimanche 3 avril 2009 de mettre en place avant la fin de l'année 2009 un fonds d'urgence en devises de 120 milliards de dollars. De son côté, le Japon a dévoilé un plan permettant de débloquer jusqu'à 6.000 milliards de yens (61,5 milliards de dollars) pour soutenir les pays touchés par la crise économique. Pékin et Tokyo contribueront chacun à hauteur de 32% au fonds de 120 milliards, appelé "initiative Chiang Mai". La Corée du Sud fournira 16% et le reste viendra des dix pays de l'Asean (Association des nations de l'Asie du Sud-Est). (lefigaro.fr du 04/05/09).

En Afrique, selon l'hebdomadaire Jeune Afrique, citant un rapport initié par les grands argentiers du continent remis au G20, le nombre de pauvres vivant avec 1,25 dollar par jour, va augmenter de 10%, atteignant 550 millions d'habitants. Les entrées d'argent en provenance de la diaspora vont baisser d'un milliard de dollars en 2009, sur un total de 20 milliards en 2008. La crise provoquera des faillites d'entreprises, des fermetures de mines et d'usines (textiles, sidérurgiques, mécaniques), des pertes d'emplois, la baisse des revenus et des moyens d'existence. La relance initiée pendant les années 2000, a drainé un flux important de capitaux privés, passant du simple au double, atteignant 60 milliards de dollars en 2008. Cependant, la crise a réduit le volume des investissements et entraîné une baisse de liquidités sur les marchés, ce qui aura pour effet de ramener le flux de capitaux à moins de 30 milliards de dollars. Plusieurs projets sont renvoyés à des jours meilleurs comme les raffineries en Algérie et au Soudan, des centrales électriques au Botswana et en Ethiopie, des autoroutes à péage au Sénégal et au Kenya, des aéroports et des ports. Tous les pays sont atteints, qu'il s'agisse de ceux dépendant à 90% des recettes pétrolières comme l'Angola, l'Algérie, la Guinée Equatoriale ou le Nigéria, ou d'autres comme l'Afrique du Sud.

Selon le rapport, les pertes seront engendrées par une baisse de 40% des exportations, soit 251 milliards de dollars en 2009 et 277 milliards en 2010. Car les exportations estimées à 634 milliards de dollars en 2009 avant la catastrophe économique, risquent de chuter à 383 milliards de dollars. L'étude relève également que des milliards de dollars ont été soustraits des richesses du continent, soit par vol ou par détournements de fonds empruntés, sortis frauduleusement et placés dans les institutions financières occidentales et dans les paradis fiscaux. En fait, selon nous, pour éradiquer ce fléau devenu endémique, il faudrait qu'à côté d'institutions réellement démocratiques et transparentes, que l'Afrique mette en place des institutions de contrôle et de régulation efficaces, un "pacte de soutien au pouvoir d’achat et une croissance économique partagée", organise sa propre veille stratégique, économique et financière, élabore dans les plus brefs délais des plans de décollage économique cohérents, réalistes, ambitieux et fins avec "des institutions capables d’anticiper les crises", mette en place une monnaie commune et un "Fond monétaire africain (FMA)", décentralisé et autonome, et qu'elle dresse régulièrement un bilan de l'action menée dans des délais très brefs. La crise initiée par les pays riches s'est déjà traduite par une perte de croissance de 2 % pour le continent africain, avec une progression d'environ 3% en 2009 selon les prévisions du FMI. Car, la contraction de la demande mondiale a réduit le prix et le volume des matières premières exportées, ce qui a affecté le volume des entrées financières.

Le FMI prévoit même un déficit des échanges extérieurs courants d'environ 7% du PIB et un déficit budgétaire avoisinant les 4%. La Banque mondiale envisage, elle, une forte baisse des flux de capitaux due à une réduction des prêts bancaires mondiaux et des investissements directs étrangers, surtout que les migrants qui effectuent des transferts d'argent à leurs familles, subissent le contrecoup de la récession dans les pays développés. Comme le projette l'Europe, au niveau macroéconomique, il faut créer un Comité africain du risque systémique, dont la fonction est de repérer les risques de dérapage du système financier, par exemple un développement trop rapide du crédit ou des déficits excessifs. Au niveau microéconomique, il faut instaurer un système africain de supervision financière, organisé autour de nouvelles autorités chargées des banques, des assurances et des marchés financiers. Ces autorités seraient dotées de pouvoirs accrus et auraient un véritable droit de médiation et d'arbitrage pour les groupes transfrontaliers.

En réalité nous pensons dans la relativité économique que les mesures prises par le G20 marcheraient volontiers si l'ampleur des actifs toxiques correspond aux chiffres annoncés par le FMI. Invité de France 2, le 26 mars 2009 soir, Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fond monétaire financier (FMI), avait évalué ces actifs à 2 300 milliards de dollars. Si par contre cela s'avère être une sous estimation grossière et que ces actifs toxiques sont d'une ampleur infiniment étendue, alors tout ce qui a été prévu ou entrepris jusque là ne serait que des mesurettes dont les conséquences apparaîtront tardivement dans un avenir pas si lointain. Déjà, le FMI avait évalué la perte en sous capitalisation à 52 000 milliards de dollars à fin février 2009, contre un montant de 30.000 milliards de dollars à fin novembre 2008. D'après les informations révélées par la presse allemande, le secteur bancaire allemand à lui seul a accumulé 816 milliards d'euros d'actifs à risques, en citant un rapport confidentiel du Bafin, l'autorité de tutelle du secteur financier. Sur cette somme, une partie correspond à des des actifs dits "toxiques" et une autre à des titres invendables (dits "illiquides" en raison du climat de méfiance générale), 355 milliards sont détenus par le réseau des banques publiques régionales, les "Landesbanken", selon ce document révélé par le quotidien Süddeutsche Zeitung et l'édition en ligne du magazine Der Spiegel. La banque Hypo Real Estate (HRE), dont les difficultés ont été à l'origine de la crise financière en Allemagne, détient 268 milliards de fonds risqués. Les banques privées sont relativement moins concernées: elles totalisent 139 milliards d'actifs à risque, dont 101 milliards pour l'ensemble Commerzbank/Dresdner Bank, qui a bénéficié jusqu'à présent de 18,2 milliards d'euros d'aide publique. Le député conservateur Otto Bernhardt, porte-parole d'un groupe parlementaire sur les questions financières avait déjà évoqué un montant total de 500 à 1.000 milliards d'euros d'actifs dégradés. Les actifs dégradés des instituts allemands représenteraient jusqu'à 853 milliards d'euros, selon une analyse de la Bafin, le gendarme des marchés financiers, citée par la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ). (lesechos.fr du 25/04/09, lemonde.fr du 22/04/09).

En outre, selon le Sunday Times, l'économie britannique pourrait se contracter de 3% en 2009, la plus forte baisse depuis 1945 et le triple de la prévision qui figurait dans le pré-budget de novembre 2008, une décrue provoquée par un fort recul du commerce britannique, lui même engendré par les difficultés économiques de l'Asie. La Grande Bretagne est entrée en récession au second semestre 2008, pour la première fois depuis 1991. Sa production manufacturière a reculé de 0,1% en mars 2009, et de 12,9% sur l'année, selon les chiffres communiqués mardi 12 mai 2009 par l'Office des statistiques nationales (ONS). En mars 2009, la production industrielle du pays dans son ensemble a baissé de 0,6% sur le mois et de 12,4% sur un an. Malgré une révision à la hausse du mois de février, la baisse sur le trimestre de la production manufacturière est de 5,5%, la plus forte depuis 1948. (romandie.com du 12/05/09).

La nationalisation de plusieurs banques, la chute des recettes fiscales et le gonflement des indemnités de chômage dus à la récession ont creusé le déficit budgétaire atteignant 11 % du produit intérieur brut (PIB) en 2009. Les besoins d'emprunt de l'Etat devraient s'élever à 175 milliards de livres (198,2 milliards d'euros) par an d'ici à 2011, soit le manque à gagner le plus élevé depuis 1945. La dette publique dépasse 80 % du PIB. En 1976, en échange de son assistance, le FMI avait exigé du Royaume-Uni un train d'économies draconiennes. La réduction des dépenses publiques avait fait exploser le chômage et le mécontentement social. (fr.news.yahoo.com, lemonde.fr du 17/04/09). Le taux de chômage britannique au sens du bureau international du travail (BIT) a progressé à 6,7% sur les trois mois achevés en février 2009, contre 6,1% sur les trois mois précédents, le nombre de chômeurs a atteint 2,10 millions, selon l'Office des statistiques nationales (ONS). (lefigaro.fr du 22/04/09). Le PIB britannique s'est contracté de 1,9% au premier trimestre 2009, un rythme sans précédent depuis 30 ans. Sur l'ensemble de l'année, la contraction ressort à 4,4%. (lesechos.fr du 24/04/09).

En dix ans, la dette des ménages britanniques est passée de 90% à 165% de leurs revenus disponibles (FT Alphaville, graphique).

Dorénavant, la date du 22 avril 2009 sera gravée à tout jamais dans les annales économiques britanniques, car le Royaume-Uni, en proie à la plus grave récession depuis 1945, a tourné le dos à quinze ans de politique économique expansionniste fondée sur la baisse des impôts, la hausse des dépenses publiques, l'excédent budgétaire et la maîtrise de la livre Sterling. Le budget 2009-2010 présenté par le chancelier de l'Echiquier, Alistair Darling, a marqué une cassure historique, par l'augmentation de la pression fiscale sur les hauts revenus, la baisse des dépenses publiques à l'exception de mesures de relance ciblées et l'acceptation d'un déficit sans précédent des comptes publics. Or pour se faire élire la première fois en 1997, Tony Blair s'était engagé à ne pas augmenter les impôts des riches, c'est donc la fin de la lune de miel entre la City et le New Labour, et le budget marque le retour à une claire division économique droite-gauche pour la première fois depuis le milieu des années 1990. Car pour résorber le déficit record des comptes publics en pleine récession, le gouvernement travailliste a été obligé à la fois d'accroître la ponction fiscale et de réduire les dépenses. La tranche supérieure de l'impôt sur les revenus a été augmenté de 50% et les détaxations en matière de retraite privée dont bénéficient les contribuables nantis ont été abaissées pour renflouer progressivement les caisses de l'Etat mises à mal par le ressac conjoncturel et la hausse du chômage. Les taxes sur l'alcool, l'essence et le tabac ont été ramenées à des niveaux plus élevés. Les besoins d'emprunt sont énormes, 59 % du PIB en 2010 pour la dette publique, 68,4 % en 2011 et 12,4 % du PIB au cours actuel pour des emprunts nets du secteur public, à 175 milliards de livres. (lemonde.fr du 23/04/09).

L'Allemagne table désormais sur une récession de 6% en 2009, au lieu de -2,25% prévu auparavant, mais estime que le Produit intérieur brut (PIB) progressera de 0,5% en 2010, un décrochage provoqué par "la forte chute de l'économie mondiale et le recul massif, qui y est lié, des exportations". Le chômage devrait progresser en 2009 à un niveau moyen d'environ 3,7 millions de sans-emploi puis grimper à 4,6 millions en 2010, selon le ministère. En 2008, il avait atteint en moyenne 2,27 millions. (latribune.fr, lematin.ch du 29/04/09). Au cours du quatrième trimestre 2008, l'économie allemande s'est contractée de 2,1% du PIB réel, un rythme sans précédent depuis la réunification du pays en 1990. La faiblesse des exportations, principale cause des difficultés économiques de l'Allemagne à la fin de l'année 2008, exerce un impact croissant sur les autres moteurs de la croissance. A cela, il faut ajouter la baisse des investissements des entreprises pour l'achat de matériel, les conséquences d'un hiver rigoureux et le niveau élevé des stocks. (usinenouvelle.com du 20/04/09). En Suède, la banque centrale suédoise, la Riksbank prévoit désormais une récession de 4,5% en 2009, alors que le ministère des Finances suédois avait annoncé début avril qu'il tablait sur une récession de 4,2%. Elle a immédiatement abaissé son principal taux directeur à 0,5%, pour tenter de relancer l'économie, après une baisse en février 2009 à 1%.

Selon le gouverneur de la Banque centrale australienne, Glenn Stevens, l'économie australienne est entrée en récession, pour la première fois depuis 1991, malgré un plan de relance de 36 milliards de dollars du gouvernement. Le produit intérieur brut australien s'est contracté de 0,5 % au quatrième trimestre 2008 et risque à nouveau de se contracter au premier trimestre 2009. Le 7 avril 2009, la Banque de réserve d'Australie avait réduit son principal taux d'intérêt de 25 points de base pour le ramener à 3 %, son plus bas niveau historique, afin de tenter d'amortir l'impact de la récession économique et de la montée du chômage. Depuis septembre 2008, son taux directeur a été réduit de 425 points de base. (latribune.fr, lemonde.fr, lesechos.fr du 21/04/09).

Par ailleurs, la Banque centrale d’Irlande a également annoncé vendredi 4 avril 2009 que la contraction serait de 7% en 2009 et de 3% en 2010, ce qui porterait la chute cumulée de l’activité entre 2008 et 2010 à "plus de 12 %". L'Institut de recherche économique et sociale (Esri) a prédit à son tour une chute du Produit intérieur brut (PIB) irlandais de 11,6% durant la période 2008-2010, prévoyant un effondrement encore plus vertigineux du Produit national brut (PNB) de 14% sur les trois ans en question. "Le précédent pire plongeon pour un pays industrialisé depuis les années 30 s'était produit en Finlande, où le PIB (bien PIB) réel avait chuté de 11% entre 1990 et 1993". L'Esri prévoit également un dévissage de 8,3% du PIB en 2009, contre -3,9% estimé auparavant, et le PNB devrait dégringoler de 9,2%, contre une baisse de 4,6% auparavant. Il prévoit un ralentissement de la baisse en 2010, avec des contractions du PIB et du PNB de 1,1% et 1,2% respectivement. L'Esri prévoit également une aggravation importante du niveau de l'emploi en Irlande, estimant que le taux de chômage pourrait grimper à 13,2% de moyenne en 2009 et de 16,8% en 2010. L'institut prévoit que le déficit budgétaire, que le gouvernement a estimé à 10,75% du PIB en 2009 et 2010, devrait en fait atteindre 12% en 2009 et 11,5% en 2010. (lematin.ch du 29/04/09).

En outre, selon les prévisions publiées, vendredi 4 avril 2009, par la Banque d’Espagne, le déficit public espagnol atteindrait des niveaux élevés, à 8,3 % du PIB en 2009 et 8,7 % en 2010, des taux largement au dessus de la limite de 3 % fixée en principe par le pacte de stabilité européen. Le taux de chômage espagnol a atteint un niveau record à 17,36%. En l'espace de trois mois, le nombre des chômeurs a grimpé de 802.800. Au premier trimestre, "le nombre total des sans emplois se situe à 4,01 millions, avec une hausse de 1,836 million durant les 12 derniers mois", selon l'Institut espagnol de la statistique (INE). C'est le niveau le plus élevé depuis le début de cette série statistique qui a démarré en 1976. Le chômage explose surtout chez les hommes (+507.000 en trois mois), il est moins élevé chez les femmes (+295.000), mais le taux de chômage masculin (16,86%) reste inférieur à celui des femmes (18,01%).

Plus d'un million de foyers espagnols ont les deux parents actifs au chômage, avec une progression de près de 100% de cette statistique sur 12 mois. Les chiffres diffusés vendredi 24 avril 2009 sont plus mauvais que les projections faites au début de l'année par le gouvernement socialiste espagnol qui prévoyait pour 2009 un taux de chômage 15,9%. (latribune.fr du 24/04/09). D'après l'Office européen des statistiques Eurostat, la production industrielle a baissé en février de 2,3% par rapport au mois de janvier 2009 et de 18,4% comparée à février 2008, la chute la plus brutale depuis 1990. (google.com du 17/04/09). Le Produit intérieur brut (PIB) de l'Espagne a reculé au premier trimestre de 1,8% par rapport au quatrième de 2008, et de 2,9% sur un an, selon les premières estimations de la Banque d'Espagne publiées le 29 avril 2009. (lefigaro.fr du 29/04/09).

Dans les 16 pays de la zone euro la production a baissé de 2% en mars 2009 par rapport à février 2009, et de 20,2% comparé à mars 2008, un record depuis la création de ces statistiques en 1990 (et la première comparaison annuelle en 1991), selon Eurostat. La zone euro en tant que telle existe seulement depuis 1999, mais l'office a recalculé les chiffres pour les années précédentes. Eurostat a par ailleurs revu en baisse ses données pour le mois de février, donnant désormais une baisse de la production de 2,5% sur un mois et de 19,1% sur un an, alors qu'initialement ces chiffres étaient de -2,3% et -18,4%. En mars la production industrielle baisse dans tous les secteurs, particulièrement plus prononcé dans le secteur des biens intermédiaires (-3,1% sur un mois), le secteur de l'énergie (-2,8%) et celui des biens de consommation durable (-2,5%).

Sur un an les biens intermédiaires (-27%) et les biens de consommation durable (-23,2%) ont subi une baisse record. Le recul a été généralisé aussi dans la plupart des pays de la zone euro. Parmi les principales économies, l'Italie enregistre une baisse mensuelle particulièrement élevée (-4,6%), de même que l'Espagne (-3,5%), tandis que la production recule de 1,4% en France et de 0,4% en Allemagne. Dans l'ensemble des 27 pays de l'Union européenne, la production industrielle a reculé de 1,9% sur un mois et 18,8% sur un an. (romandie.com, lesechos.fr du 13/05/09). En Estonie, le Produit intérieur brut (PIB) a reculé au premier trimestre 2009 de 15,6% sur un an, et de 6,5% par rapport au quatrième trimestre de 2008, selon les premières estimations du Bureau national des statistiques.

L'Italie est entré parmi les premiers en récession au troisième trimestre 2008, et son PIB s'est contracté de 2,4% au premier trimestre 2009, contre 2,1% au dernier trimestre 2008, selon une première estimation publiée vendredi 15 mai 2009 par l'institut national des statistiques Istat, un record depuis 1980. Sur une année, il s'est replié de 5,9%. Cette baisse du PIB est aussi plus importante que celle enregistrée en France (-1,2%) mais moindre que celle de la zone euro (-2,5%) et de l'Allemagne (-3,8%). D'après Giuliano Noci, professeur à l'école de commerce de l'institut Politecnico de Milan, "l'économie italienne a deux caractéristiques : elle est basée sur une forte industrie manufacturière qui dépend fortement des exportations" et est donc touchée de plein fouet "par la chute des échanges". La production industrielle a chuté de 4,6% en mars 2009 sur un mois, après une baisse similaire en février 2009 et un repli de 1,2% en janvier 2009. "Les pays les plus touchés par la crise sont les pays ayant une forte base industrielle comme l'Italie, l'Allemagne ou le Japon". L'Italie est pénalisée par une trop faible diversification géographique de son industrie et de la taille insuffisante de ses entreprises pour conquérir les marchés. "Son industrie a une exposition excessive aux marchés les plus matures et doit appuyer sur l'accélérateur pour augmenter sa présence dans les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), en Afrique du Nord, ou en Corée du sud". (lepoint.fr du 15/05/09).

La crise économique s'est aussi aggravée au Portugal, son PIB ayant reculé de 3,4%, son déficit public a augmenté de 5,9% et le chômage de 8,8%. Toutes les composantes de la demande ont baissé comme par exemple exportations dont la décrue est de 12%, celle de l'investissement est supérieure à 14%. Les recettes fiscales ont chuté. La France est officiellement entrée en récession avec deux trimestres consécutifs de baisse du produit intérieur brut (PIB), en chute de 1,2 % au premier trimestre 2009, après avoir abandonné 1,5 % au dernier trimestre 2008, d'après les données publiées vendredi 15 mars 2009 par l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), qui estime d'ailleurs que la récession aurait en réalité débuté dès le deuxième trimestre 2008, car son PIB a fondu de 0,4 % au deuxième trimestre 2008 et de 0,2 % au troisième trimestre 2008. Au total, la croissance française en 2008 s'établit donc à seulement 0,3 %, contre une précédente estimation de 0,7 %. Les dépenses de consommation des ménages ont progressé de 0,2 % en janvier-mars 2009, comme au quatrième trimestre 2008, mais les investissements des entreprises ont reculé de 3,2 %. Les investissements des ménages, essentiellement en logement, ont baissé de 1,5 %, les exportations ont reculé de 6% et les importations de 5,3%. (lepoint.fr du 15/05/09).

L'Europe s'est enfoncée en début d'année dans une récession économique encore plus grave qu'aux Etats-Unis, d'où est pourtant partie la crise financière, et dont le repli est de 1,6% de leur PIB au premier trimestre 2009 par rapport au précédent. Le Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a chuté de 2,5% au premier trimestre 2009, une baisse sans précédent dans son histoire, selon des chiffres publiés vendredi 15 mai 2009 par l'Office statistique européen Eurostat. C'est le quatrième trimestre consécutif de repli de l'activité dans la zone euro, après un recul de 0,2% tant au deuxième qu'au troisième trimestre 2008, puis de 1,6% au quatrième trimestre. L'ensemble de l'économie de l'Union européenne a également chuté de 2,5%. La conséquence est que plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté jeudi 14 mai 2009 à Madrid à l'appel de la Confédération européenne des syndicats (CES) pour défendre l'emploi. Des milliers d'autres sont encore descendues dans la rue vendredi 15 mai 2009 à Bruxelles dans le cadre de ce mouvement européen, avant des manifestations samedi 16 mai 2009 à Berlin et à Prague. L'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et le Royaume-Uni ont connu des replis respectifs de 3,8%, 2,4%, 1,8% et 1,9%. C'est la pire contraction depuis près de trente ans pour l'Italie et le Royaume-Uni, et depuis presque quarante ans en Espagne.

Selon l'INSEE, l'emploi salarié a subi au premier trimestre 2009 une baisse historique de 0,9%, avec 138.100 emplois détruits dans les secteurs principalement marchands en France métropolitaine, son quatrième trimestre consécutif de baisse, une première depuis le début des relevés de l'Insee en 1970. Au quatrième trimestre 2008, le recul avait été de 0,7% et il faut remonter au quatrième trimestre 1974, avec la récession due au choc pétrolier, pour trouver un chiffre plus élevé (-0,8%). Le chômage continue d'augmenter avec 63.400 demandeurs d'emplois (catégorie A) de plus en mars 2009, à près de 2,5 millions, contre une hausse de 0,6 point à 7,8% en métropole au quatrième trimestre 2008, selon les derniers chiffres de Pôle Emploi. Sur un an, la baisse de l'emploi salarié dans les secteurs principalement marchands affiche un recul de 2,0% avec 15.751.400 personnes occupées, un chiffre qui correspond à la destruction de 321.200 emplois depuis la fin du premier trimestre 2008. Par rapport au quatrième trimestre 2008, l'emploi salarié a baissé de 1,2% dans l'industrie (-2,9% sur un an). Il a reculé de 0,9% dans les services (-2,0% sur un an) et est resté stable dans la construction (+0,1% sur un an). Dans l'intérim, le recul atteint 15,1% par rapport au troisième trimestre et 33,8% sur un an. En Hongrie le PIB a diminué de 2,3% au premier trimestre 2009 par rapport au trimestre précédent. En Bulgarie la baisse est de 3,5% sur un an et en Roumanie, elle est de 2,6%, sa première contraction en neuf ans. En Slovaquie le PIB a baissé de 5,4% sur un an et en République tchèque le recul est de 3,4% sur un an.

Pour l'économie allemande, c'est sa quatrième contraction trimestrielle et la pire depuis 1970. Au quatrième trimestre 2008, le PIB avait reculé de 2,2%. Les rentrées fiscales de l'Etat et des collectivités locales allemandes d'ici 2012 seront inférieures de 316,3 milliards d'euros, selon des chiffres publiés jeudi 14 mai 2009 qui annoncent une flambée des déficits. En 2009, les rentrées fiscales sont estimées à 572 milliards d'euros (45 milliards de moins que prévu), en 2010 à 595,2 milliards (84,7 milliards de moins), en 2011 à 620 milliards (93,4 milliards de moins), en 2012 à 645,3 milliards (93,2 milliards). L'effondrement des rentrées fiscales, conjugué à une flambée des dépenses de l'Etat pour tenter de soutenir la conjoncture annoncent une explosion des déficits de la première économie européenne. Le seul Etat fédéral devrait afficher en 2009 le plus important déficit de l'histoire allemande, de quelque 80 milliards d'euros. A titre de comparaison, le précédent déficit record pour le budget de l'Etat fédéral allemand était de 40 milliards d'euros, et avait été établi en 1996. Selon des chiffres préliminaires publiés par l'Office national des statistiques de la Lituanie, le PIB a chuté au premier trimestre 2009 de 12,6% par rapport à la même période de l'année 2008. (google.com, fr.reuters.com, 24heures.ch du 15/05/09, lesechos.fr du 14/05/09).

En Asie, les chiffres sont également moroses. La Chine a vu s'accélérer la chute des investissements directs en avril 2009 (-22,5% sur un an) et les commandes de biens d'équipement, reflet de l'activité industrielle à venir du Japon, ont reculé de 1,3% en mars 2009. Les prix de gros au Japon ont baissé de 3,8% en avril, signe d'une menace de déflation.

Risque d'effondrement d'une union monétaire sans gouvernement économique ?

Thomas Piketty est directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’Ecole d’économie de Paris

Le produit intérieur brut (PIB) irlandais a baissé de 3 % en 2008, et les dernières prévisions gouvernementales parient sur une chute de 8 % en 2009, 3 % en 2010, avant un début de redressement en 2011. Les recettes fiscales se sont effondrées, les dépenses visant à sauver les banques de la faillite et à venir en aide aux chômeurs (le taux de chômage atteindra 15 % d’ici 2009) ont progressé, et le pays se retrouve avec un déficit abyssal de 13 points de PIB prévu pour 2009 - soit l’équivalent de la totalité des salaires et des retraites de la fonction publique. En février 2009, les salaires de fonctionnaires avaient déjà été amputés de 7,5 % pour financer les retraites, compte tenu de la situation budgétaire désespérée et la déflation à venir (le gouvernement prévoit une baisse des prix de 4 % en 2009, mais les salariés n’en ont pas encore vu la couleur).

De nouvelles mesures draconiennes sont prévues visant à réduire le déficit 2009 de 13 à 11 points de PIB, avec une hausse générale des impôts sur les revenus. La ponction moyenne sera d’environ 4 % de l’ensemble des revenus, et ira de 2 % au niveau du salaire minimum (300 euros de ponction pour un revenu annuel de 15 000 euros) à 9 % pour les revenus les plus élevés, avec effet au 1er mai 2009. Mais son taux ultra-réduit de 12,5 % d’impôt sur les bénéfices des sociétés reste inchangé. Presque tous les pays de l’Est ont maintenant comme l'Irlande des taux d’imposition des bénéfices des sociétés d’à peine 10 %. En 2008, le géant informatique Dell avait annoncé la fermeture de ses unités de production et leur relocalisation en Pologne, provoquant la panique en Irlande. L’accumulation de capitaux étrangers se paie en outre au prix fort, l’Irlande verse chaque année environ 20 % de sa production intérieure sous forme de bénéfices et dividendes aux détenteurs étrangers de ses bureaux et usines. Techniquement, le PNB (produit national brut), dont disposent véritablement les Irlandais, se retrouve ainsi de 20 % inférieur au PIB.

Les taux d’intérêt à dix ans en Irlande ou en Grèce sont actuellement près de deux fois plus élevés qu’en Allemagne (5,7 % contre 3,1 %), phénomène tout à fait anormal s’agissant de pays partageant la même monnaie, et qui montre que les marchés spéculent sur une banqueroute de ces pays, voire une explosion de l’union monétaire. Seule l’Union européenne peut espérer avoir la légitimité politique pour traiter les causes qui ont mené à ces désastres. L'Union garantira la stabilité financière de la zone, et viendra en aide aux petits pays si nécessaire qui en contrepartie renonceront à leur stratégie de dumping fiscal, avec par exemple des taux d’imposition des bénéfices minimaux de l’ordre de 30 % à 40 %. Après avoir accepté de renoncer à leur souveraineté monétaire les petits et les grands pays devront ainsi accepter de renoncer à leur souveraineté fiscale. Toutes les autres solutions sont bancales. Bâtir une union monétaire sans gouvernement économique était déjà risqué par temps calme. Mais face à une crise majeure, le risque d’effondrement général doit être pris au sérieux. (contreinfo.info, Liberation du 14/04/09).

L'Afrique doit-elle toujours suivre, s'incliner ou dépérir ?

La superficie du continent africain est de 30 221 532 km2 avec les îles, il couvre 6 % de la surface terrestre et 20,3 % de la surface des terres émergées. Ses forêts couvrent environ 22% du continent (45% de l’Afrique centrale, en particulier avec le bassin du Congo, deuxième forêt tropicale du monde), elles permettent la maîtrise des gaz à effet de serre, la protection de la diversité, la stabilisation des sols, la qualité et l’écoulement des eaux. Ses habitants représentent plus de 15,5% de la population mondiale. Les périodes de l'esclavage et de la colonisation (450 ans d'oppression) ont laissé des sequelles lourdes de conséquences. L'Afrique accueille plus d'instances internationales (Cour internationale de justice, Cour pénale de justice...) et étrangères que toutes les autres contrées du monde, depuis la disparition de l'URSS. Les inégalités sociales sont criantes, alimentant la guerre et l'instabilité. Les organisations internationales et les puissances militaires étrangères quadrillent le continent et le placent sous influence, ce qui empêche sa propre expression politique, économique et stratégique. Même si depuis l'éclatement de l'URSS, certains conflits attisés de l'extérieur comme en Angola ou au Mozambique ont disparu, il existe toujours des luttes violentes pour le contrôle du pouvoir politique et des ressources, malgré la mise en place du multipartisme qui se répand.

Pourtant, le continent africain a franchi le seuil du milliard d'habitants au cours de l'année 2009, selon un récent bulletin du Population Reference Bureau, une organisation indépendante basée à Washington. Le continent est resté longtemps sous-peuplé, saigné par la traite négrière (11 millions d'hommes en trois siècles selon les statistiques habituelles, 100 millions selon certaines nouvelles statistiques faites par des historiens africains), les guerres et les épidémies. Beaucoup de maux se concentrent sur ce continent : pauvreté, faim, émigration, terrorisme, conflits armés. En 1950 l'Afrique comptait 225 millions d'habitants, un humain sur dix.

Actuellement un homme sur sept est africain. Une proportion qui devrait atteindre un sur cinq à l'horizon 2050, avec une croissance annuelle de 24 millions de personnes, car la population africaine doublera pour atteindre 2 milliards d'habitants, dont 1,3 milliard dès 2030, se multipliant par deux à chaque génération malgré des taux de mortalité infantile et maternelle élevés et une espérance de vie à la naissance la plus basse du monde (50 ans en Afrique subsaharienne, 68 ans au Maghreb). En 2050, le nombre de jeunes sur le continent africain atteindra 349 millions, soit 29% de la jeunesse mondiale. Le continent africain est actuellement sous peuplé avec 30 habitants au kilomètre carré, quatre fois moins qu'en Europe, et mal peuplé avec sa diagonale du vide qui va du soudan à la Namibie et ses archipels à trop forte densité des Grands Lacs, des plateaux éthiopiens et de l'Afrique occidentale atlantique. Il y a cinquante-sept villes d'au moins un million d'habitants en 2009. En 1999, elles n'étaient que dix villes à avoir plus d'un million d'habitants et seulement deux en 1960, le Caire et Johannesbourg.

Selon une étude de la Société Générale en 2007 (voir Les Afriques No1), la part de l’Afrique dans la population mondiale en âge de travailler passera de 12,1% en 2005 à 17% en 2030, pour atteindre 22,1% en 2050. La part de l’Europe dans la population mondiale active, qui était de 11,9% en 2005, baissera à 8,2% en 2030, pour atteindre seulement 6,5% en 2050. La Chine qui a longtemps appliqué une politique anti-nataliste, verra baisser à partir de 2020, sa population en âge de travailler : sa part dans la population active mondiale, qui était de 22,2% en 2005, descendra en 2050 à 14,6%.

En Corée du Sud, selon l'Organisation mondiale de la santé, le taux de fécondité est en dessous de 1,21 enfant par femme, contre 6 en 1960, et les statisticiens sud-coréens ont établi qu'à cette allure, si la tendance n'est pas stoppée, l'effectif de la population pourrait passer de 48,9 millions d'habitants actuellent, à 43,2 millions en 2050. La société coréenne est très imprégnée des valeurs confucéennes. Les traditions confucéennes cantonnent la femme dans une position très inférieure à l'homme, c'est la raison pour laquelle de nombreuses femmes réchignent de se marier, et refusent de se plier à ces principes, surtout les jeunes. Ces traditions qui interdisent l'avortement poussent de nombreuses femmes à avorter, même si la pratique reste tolérée. Ainsi 42% de femmes enceintes qui ont avorté sont tombées enceintes en dehors du mariage, une pratique qui a pris de l'ampleur du fait de l'exclusion par la société des mères célibataires. Pour essayer de faire bouger les choses, le gouvernement a décidé de consacrer en 2010, une somme de 27,5 milliards de wons (17 millions d'euros) pour aider les jeunes mères célibataires. C'est une révolution, car le pays n'a quasiment pas de politique familiale, en 2009, le gouvernement n'y a utilisé que 0,4% du produit intérieur brut (PIB), contre plus de 3% en France, soit 2,97 milliards d'euros. De plus, en novembre 2009, le Conseil présidentiel pour l'avenir et les perspectives souhaite que l'âge d'entrée à l'école soit abaissé de 6 à 5 ans pour faciliter les prises de congé parental pour les pères et d'augmenter les allocations familiales pour les familles de trois enfants et plus.

L’Allemagne par exemple possède en 2009 la plus importante population de l’Union Européenne avec 82 millions d’habitants, mais son déclin démographique sera aussi un des plus forts de la zone, selon Bloomberg. Depuis 1970, son taux de natalité est passé sous la barre des deux enfants par femme, en dessous du seuil permettant un renouvellement complet d’une population. En 2007, ce taux était de 1,37 et est attendu autour des 1,4 enfant/femme en 2020. L’Office fédérale des statistiques s’attend ainsi à une diminution de la population allemande de 20% d’ici 2060, ce qui pourrait faire passer son nombre de 82 à 65 millions. Sur les mêmes bases de calcul, 34% de la population aura plus de 65 ans (20% de plus qu’en 2009) et 14% aura plus de 80 ans (5% de plus qu’en 2009). La part des personnes âgées augmentera, moins de personnes seront en âge de travailler, le système de sécurité sociale sera impacté par le biais de la hausse des coûts liés aux pensions. La France et le Royaume-Uni qui combinent des taux de natalité élevés et des flux positifs d’immigration qualifiée seront en meilleure posture économique. Selon DOMINIQUE MOÏSI, CONSEILLER SPÉCIAL À L'IFRI, à l'horizon des années 2030-2040, sur le plan démographique, le monde occidental ne devrait plus représenter que 12 % de la population mondiale dont 6 % d'Européens. Or en 1913, d'après lui, l'Europe était un peu plus peuplée que la Chine. Sur le plan économique, en termes de produit brut mondial, le monde occidental dans son ensemble reviendrait au niveau qu'il avait atteint au XVIII e siècle, c'est-à-dire à 30 %. En outre, l'Occident représentait 68 % de la production mondiale en 1950. Cependant, en Occident, selon Bechir Ben Yamed dans "Ce que je crois", la population des Etats-Unis d'Amérique passera de 300 millions d'habitants en 2010, à 400 millions en 2050, grâce à l'immigration.

La population russe a reculé de quelque 5,8 millions d'habitants depuis 1993 et compte actuellement 142 millions d'habitants. Pour tenter de contrer cette hémorragie, le leader ultranationaliste russe Vladimir Jirinovski, leader du Parti libéral démocrate (LDPR), a proposé, mardi 19 janvier 2010, lors d'une réunion de responsables russes au Kremlin consacrée à la démographie, l'instauration d'une prime à la première naissance et de la polygamie pour doper la natalité en Russie. Le président Dmitri Medvedev a demandé à ses ministres d'y réfléchir. Jirinovski s'est exprimé de la manière suivante : "Je propose d'allouer 100 000 roubles [environ 2 350 euros] pour une première naissance", alors qu'une prime de 300 000 roubles (environ 7 000 euros) à la naissance d'un deuxième enfant est déjà allouée. Avec une telle prime, "je vous assure que la moitié des femmes désireuses d'interrompre leur grossesse changeront d'avis et voudront accoucher". "Si un homme obtient le droit d'épouser une seconde femme qui lui a donné un enfant, mais sans résilier son premier mariage et sans quitter sa première famille, il faut le laisser être responsable de sa deuxième famille". M. Jirinovski a également proposé d'accorder une aide aux couples sans enfants, au nombre de six millions en Russie, surtout aux hommes dont la santé "se détériore sous l'effet de la pollution". "Si on en aidait ne fût-ce que 5 % [de ces couples], nous aurions près de 200 000 naissances supplémentaires par an".

Actuellement un enfant sur quatre naît en Afrique, continent qui cumule les records démographiques : la plus forte fécondité (4,6 enfants par femme contre 2,5 de moyenne mondiale) et celui de la jeunesse (43 % des Africains subsahariens ont moins de 15 ans). Le troisième pays de la planète par sa natalité est le Nigeria (289,1 millions d'habitants), pays où naissent, chaque année, plus de bébés (6 millions) que dans l'ensemble de l'Union européenne (5 millions). L'Ouganda (91,3 millions d'habitants) est le pays le plus jeune du monde : 56 % de sa population a moins de 18 ans. La durée moyenne de vie d'un Africain ne dépasse pas 53 ans en moyenne, soit quinze ans de moins que la moyenne planétaire ; la mortalité infantile est vingt fois plus élevée qu'en Europe de l'Ouest, et la contraception 2,4 fois moins pratiquée qu'en Europe ou en Asie. En dehors du Maghreb, en pleine transition démographique (2,3 enfants par femme en Algérie et au Maroc, 1,9 en Tunisie), certaines zones du continent sont marquées par une nette baisse de la fécondité : 5 enfants par femme au Kenya (85,4 millions d'habitants) contre 8 trente ans plus tôt ; 4,5 au Sénégal contre 7 il y a vingt-cinq ans. L'espérance de vie a progressé lentement, en dépit du sida : seize années ont été gagnées depuis 1950, particulièrement grâce aux campagnes de vaccination. La scolarisation des filles, pourrait retarder les grossesses et faciliter l'accès à la contraception, mais seuls 30 % des jeunes Africains fréquentent un établissement d'enseignement secondaire, soit la moitié de la moyenne mondiale. Plusieurs pays - Afrique du Sud, Namibie, Kenya, Zimbabwe - mènent une véritable politique de planning familial. En général, la contraception est souvent perçue en Afrique comme le produit d'une intervention étrangère.

La superficie de l'Afrique est trois fois plus grande que celle des Etats-Unis ou la Chine. 15 % des terres cultivables dans le monde sont africaines. Le continent concentre un quart des terres affectées par la salinisation dans le monde, souffrant des mêmes maux que l'Amérique latine où seules 12% des terres n'ont pas perdu en fertilité. Car l'irrigation gaspille beaucoup d'eau dont la ressource devient rare, et l''utilisation des engrais a entraîné une pollution dangereuse pour la santé et les écosystèmes. L'Afrique pour échapper à cette agriculture productiviste devra adopter une agriculture adaptée aux spécificités locales, à plusieurs cultures, consommant moins d'eau, utilisant moins d'engrais chimiques et privilégiant les engrais naturels. La rareté de l'eau est un phénomène mondial qui est dû à des ponctions excessives réalisées dans le cadre des activités humaines sur les eaux de surface, dans les nappes phréatiques, à la pollution (rejet des nitrates des engrais, déchets issus de l'élevage, métaux lourds intégrant le lisier de porc, les eaux côtières, les eaux usées domestiques et industrielles), aux précipitations réduites et à une accélération de l'évaporation occasionnée par le changement climatique.

Après des indépendances mal maîtrisées, quel avenir pour l'Afrique ? Le coréen Daewoo n'a pas eu froid aux yeux en essayant de louer gratuitement contre des emplois et des infrastructures, pour une durée de quatre-vingt-dix-neuf ans la moitié des terres agricoles de Madagascar pour une superficie de 1,3 million d'hectares, aussi grande que la moitié de la Belgique. Ce n'est pas un phénomène nouveau, la prédation de l'Amazonie date et les stars d'Hollywood se sont emparés d'une grande partie de la Patagonie. L'ONG espagnole Grain parle de 5 à 10 gros contrats de vente ou de location de terres arables par jour dans le monde. 10 millions de terres arables ont été cédées en 2008 et 30 millions d'hectares auraient été négociés au premier trimestre 2009, l'équivalent de la surface cultivable de la France. L'Institut de recherche international sur les politiques alimentaires (Ifpri, américain) soutient qu'entre 15 et 20 millions d'héctares de terres arables situées dans les pays en développement, en grande partie en Afrique, ont été accaparés par des étrangers depuis 2006. Et entre 20 et 30 milliards de dollars ont été engagés par les gouvernements de Chine, d'Inde, du Koweit, du Qatar, le groupe saoudien Ben Laden...

La terre, l'eau, les hydrocarbures et les mines sont devenus des instruments de puissance et de sécurité économique. Des stratégies se mettent en place par fonds ou sociétés publiques ou privées interposés pour les contrôler. Par exemple, Foras International Investment Company appuie les pays du Golfe, déficitaires dans la production du riz, pour acquérir des terres à l’étranger, à travers son projet dénommé 7×7 qui ambitionne de produire, en sept ans, sept millions de tonnes de riz sur 700.000 hectares, acquis au Mali et au Sénégal. En Mauritanie, autre pays-cible, Foras a lancé, en 2008, un projet-pilote sur une exploitation agricole de 2.000 hectares. Un projet supervisé par une équipe de consultants de l’Université de Kasetsart, en Thaïlande. Foras a déjà acquis 500.000 ha au Sénégal, 200.000 ha au Mali et 10.000 ha au Soudan. Les multinationales de l’agro-business ou des biotechnologies à l’instar de Monsanto, semblent également vouloir viser à contrôler la production mondiale, par des investissements fonciers à l’échelle planétaire. Des experts agricoles s’inquiètent de l’«alliance» entre Foras et l’IRRI, un important centre de recherche agricole en Asie, basée aux Philippines, dont la mission, théorique, est de réduire la pauvreté et la faim, d'améliorer la santé des riziculteurs et des consommateurs, et de garantir que la production du riz soit écologiquement durable.

Selon une étude menée par des chercheurs du Comité de recherche et d'information indépendant sur le génie génétique (CRIIGEN), publiée dans la revue scientifique ''l'International Journal of Biological Sciences'', il existe des effets sanitaires de trois maïs OGM du semencier américain Monsanto sur des mammifères. Les universitaires de Caen et Rouen et chercheurs du CRIIGEN se sont fondés sur les relevés fournis par Monsanto aux autorités sanitaires pour obtenir le feu vert à la commercialisation de trois maïs transgéniques OGM : le MON 810, MON 863 et le NK 603. L'étude montre que les trois variétés de mais OGM, ont des effets toxiques secondaires liés à leur consommation, sur le foie et les reins de mammifères, qui sont ''les principaux organes réagissant lors d'une intoxication alimentaire chimique''. Elle démontre également d'autres effets sur le cœur, les surrénales, la rate et les globules sanguins des rats nourris avec ces OGM pendant 14 semaines. Gilles-Eric Séralini de l'université de Caen l'a confirmé de la manière suivante : ''nous avons prouvé pour la première fois au monde que ces OGM n'étaient pas sains, ni suffisamment corrects pour être commercialisés''. Le CRIIGEN souligne néanmoins ''que des tests aussi courts et avec si peu d'animaux étudiés par groupe (10)'' ne peuvent pas apporter des ''preuves finales'' de toxicité ou d'innocuité, ils sont cependant ''assez inquiétants pour réclamer que des études soient refaites sur une durée plus longue, sur plusieurs espèces et générations''. Le CRIIGEN dénonce ainsi ''les avis précédents de l'EFSA, de l'AFSSA et de la CGB, comités européen et français de sécurité des aliments, qui se sont prononcés sur l'absence de risques sur ces tests de 90 jours seulement, pour lesquels ils n'ont pas analysé eux-mêmes dans le détail les statistiques''.

La Commission européenne a néanmoins autorisé début mars 2010 la culture d'une pomme de terre Amflora génétiquement modifiée du groupe allemand BASF, destinée à l'usage industriel (papetiers, industrie textile, fabricant d'adhésifs, producteurs de bétons, l'utilisant comme adjuvant et n'ayant besoin que d'une partie des composés d'amidon) pour son amidon exclusivement composé d'amyiopectine presque pure et à l'alimentation animale (issu de produits dérivés de l'amidon qui est un mélange de deux polymères, l'amylose formé de courtes branches linéaires et l'amylopectine (70 à 85% de la masse de l'amidon) qui est le seul à intéresser les industriels en raison de l'élimination des coûts en eau et énergie engendrés par les étapes de séparation des deux polymères ; l'amylopectine comporte des ramifications ayant des courtes branches).

La Commission européenne a également accepté la commercialisation en Europe de trois variétés de maïs transgéniques de la firme Monsanto, des dérivés du MON 863. A-t-elle obtenu suffisamment de garanties sur le plan sanitaire, c'est-à-dire sur la santé humaine et l'environnement ? Des travaux scientifiques ont-ils été approfondis ? Quelles procédures d'évaluation ont été appliquées et quels sont les résultats obtenus ? Mystère. Des chercheurs de l'Institut Fraunhofer (Allemagne dont l'industrie du papier et des adhésifs consomme 500 000 tonnes par an d'amylopectine) ont déjà produit 100 tonnes de ces pommes de terres. L'Institut avait annoncé en décembre 2009 avoir obtenu par des méthodes de selection rapides (à partir de mutations réalisés grâce à l'action de produits chimiques), une plante qui produit uniquement le composé utilisé par l'industrie. La Commission européenne n'avait plus donné son feu vert à une culture OGM en Europe depuis 1998. Déjà des critiques s'élèvent en Autriche et en Italie, pour vilipender une décision allant à l'encontre des intérêts des populations de la zone qui y sont majoritairement opposées. En effet, dans le génôme de l'amflora, se trouve un "gêne marqueur" ayant permis la selection des cellules génétiquement modifiés, lors de la mise au point de l'Amflora, et associé au gêne modifié dont l'aptitude est de rendre résistant à certains antibiotiques, créant ainsi un risque de dissémination de ce dernier...

Une enquête de Marie-Monique Robin , diffusée, en mars 2008 et la nuit du 30 au 31 janvier 2010 sur Arte, a mis en évidence les sombres machinations sur des alléchantes propositions aux programmes édéniques de Monsanto, dont l'objectif principal est de faire disparaître avec des fausses solutions, les plants naturels qui seront remplacés par des plants trangéniques partout dans le monde. Les paysans indiens payent déjà un prix exorbitant par la hausse du prix des grains, un endettement faramineux, des solutions protectrices contre les insectes erronnées, des produits toxiques répandus dans l'environnement et des taux de suicides élevés de cultivateurs endettés (Video PBS + transcription). D'autres pays comme le Mexique ont vu leur sol être envahi par ses plants sans leur consentement. Selon le Grain, les plus grosses transactions portent sur l’acquisition saoudienne de 500.000 hectares de terres en Tanzanie, et l’achat, par les Emirats Arabes Unis, de 400.000 hectares, au Soudan. En décembre 2009, le Qatar a acquis 40.000 hectares de terres, au Kenya, en échange d’un prêt de 2,5 milliards de dollars, pour permettre au pays de construire un second port en eau profonde. Ces accaparements des terres cultivables, louées ou achetées par des multinationales, aggravent la crise alimentaire et la famine dans ces pays, éternels quémandeurs de nourriture, malgré leur potentiel agricole. L'Ethiopie vient de lancer une alerte sur ce sujet. Comme le confirme aussi une sécheresse qui dure depuis quatre ans en Afrique orientale, la pire depuis plus de 10 ans, qui a poussé 23 millions de personnes au bord de la famine. Près de quatre millions de personnes sont en danger au Kenya, où un habitant sur dix survit grâce à des rations d’urgence. A Mwingi, les habitants vivotent en cultivant de petites parcelles et grâce à l’élevage. Récolte après récolte, ces cultures n’ont rien rapporté, le bétail a péri et les puits se sont taris.

L'Afrique est particulièrement visée, l'Ethiopie, le Congo-Brazzaville, le Ghana, le Mali, le Soudan, la République Démocratique du Congo, le Mozambique, le Sénégal, la Zambie, la Tanzanie, le Malawi, le Zimbabwe entre autres sont dans le viseur, pour les cultures de riz, de blé, d'orge, de maïs, de sésame, d'huile de palme et d'agrocarburants. D'autres parties du monde comme l'Indonésie, le Pakistan, la Birmanie, le Laos, la Thaïlande, le Vietnam, la Mongolie, le Kazaksthan, la Sibérie ou la Papouasie sont aussi gagnées par cette frénésie. Les pays vendeurs ou loueurs pour la plupart ont subi des plans d'ajustement structurels et n'ont donc pas investi, leurs rendements agricoles ont chuté de 2/3 depuis les années 1960. Les populations locales font-elles partie de la fête et sont-elles bénéficiaires sur les plans financier, technologique, transfert de compétences, semencier, employabilité, infrastructures, sauvegarde de la biodiversité ou des règles sociales locales ? Y a-t-il une adéquation entre la production et les besoins en cultures locales ? Existe-t-il des gardes fous inviolables sur l'incessibilité de la terre ? Pour la presse et les observateurs, les dangers sont nombreux. Que faire ?

Entre temps, le Département de l’Agriculture américain a révèlé que 17 millions de foyers comportant près de 50 millions d’américains, soit 14,6% de foyers, n’ont pas disposé en 2008 de revenus suffisants pour se nourrir convenablement. Le chiffre le plus élevé observé depuis 1995, première année de publication de cette statistique. Les autres ménages n’ont pu échapper à la faim ou à la dégradation de leur régime alimentaire que grâce aux distributions de nourriture ou de bons d’alimentation. La pauvreté est la cause fondamentale de cette insécurité alimentaire et de la faim. Selon l’ONG GRAIN, « Plus de 40 millions d’hectares, dont 20 millions rien qu’en Afrique, ont changé de mains ou sont l’objet de négociations ». Elle souligne l’apparition depuis juillet 2008 des « fonds de couverture, groupes de capital-risque, banques d’investissement » parmi les nouveaux acquéreurs de terres agricoles. Les pays où ils interviennent, n'ont pas l’auto suffisance alimentaire, plus de 100 milliards de dollars US ont été déboursés. Juridiquement, il y a un précédent. En 2007, un juge fédéral du tribunal fédéral de Californie avait décidé de suspendre la vente par Monsanto de semences de luzerne génétiquement modifiée pour résister aux herbicides, sentence confirmée en appel en 2009, à la demande des agriculteurs bio qui craignaient une contamination de leurs cultures. Selon le jugement rendu, le Ministère de l'agriculture (USDA) devait mener une vaste étude d'impact environnemental, car en 2004 en libéralisant la commercialisation de ces semences, il avait omis de le faire. La Cour suprême a pris le relais et rééxamine actuellement depuis mardi 27 avril 2010 les faits, sa décision est attendue courant juin 2010.

Certains investisseurs africains ont également suivi le mouvement. Le Congo-Brazzaville est prêt à recevoir 1500 fermiers de l'AgriSA, principal syndicat d'agriculteurs de l'Afrique du Sud dont les responsables ont pris des contacts en mars et juillet 2009 avec les autorités, car seulement 2% des terres arables sont cultivées en "miniparcelles" d'un hectare en moyenne, et l'essentiel de la consommation alimentaire est encore importée, ce qui coûte de 120 à 130 milliards de F CFA par an au pays. Pour cela le Congo a imposé des conditions strictes : adéquation entre la production et les besoins locaux, emploi de la main d'oeuvre locale, transfert de compétences. Au Soudan, Sabina, une entreprise privée créée par le capital-investissement égyptien Citadel Capital a investi dans 20000 hectares pour produire de la canne à sucre, du blé et du maïs. Un autre investisseur du Caire, Beltone en partenariat avec le soudanais Kenana Sugar Company ont investi 1 milliard de dollars dans des projets agricoles de grande ampleur pour satisfaire les besoins locaux en produits agricoles.

Selon l'étude de Rebecca Neumann du Massachussetts Institute of Technology, l'arsenic qui empoisonne les puits au Bangladesh depuis plus de vingt-cinq ans est le fait de l'homme, à cause des mares artificielles creusées pour la pêche et les constructions en terre. Car l'arsenic est par la suite naturellement piègé dans les sédiments du delta du Gange et du Brahmapoutre, puis libéré dans les retenues d'eau quand les poissons et les divers effluents d'origine anthropique qu'ils contiennent se décomposent. Ensuite, l'arsenic se dissout dans l'eau quand le carbone organique se dégrade, sous l'action des bactéries, les eaux souterraines sont contaminées et pompées dans les puits. La teneur en arsenic de cette eau pompée varie entre moins de 10 à 1000 microgrammes par litre, alors que le seuil de toxicité toléré par l'Organisation mondiale de la santé est de moins de 10 microgrammes par litre. Un rapport de l'UNESCO stipule que 20 millions de bangladais boivent cette eau contaminée par l'arsenic et 40000 souffrent de lésions cutanées liées à cet empoisonnement. Les autorités nationales et internationales ne l'ont pas anticipé.

Les archéologues et biologistes de l'université de Cambridge et de l'institut français d'études andines de Lima, ont démontré que la déforestation à outrance réalisée par les Nazcas, une civilisation prospère dans le sud du Pérou célèbre pour ses géoglyphes, des immenses figures géométriques ou d'animaux stylisés sur le sol, entre 300 avant Jésus-Christ et 500 après Jésus-Christ, a précipité leur disparition subite. Pour effectuer leur démonstration, ces chercheurs ont analysé les traces de pollen de maïs et de coton relevées dans la vallée désertique d'Ica, des cultures qui avaient à l'époque remplacé les caroubiers américains dont le rôle est de stabiliser les sols arides en s'enracinant profondément dans le sol jusqu'à 50 mètres. Ils ont en plus découvert les preuves d'une ancienne et importante innondation datant de l'époque des Nazcas. C'est parce que ces derniers ont supprimé inconsciemment les caroubiers qu'ils ont accéléré l'érosion dans cette région, qui est particulièrement exposée aux vents et à des phénomènes climatiques comme El Nino.

(Sources : les ECHOS du 19/10/09, Jeune Afrique, farmlandgrab.org du 22/10/09, contreinfo.info du 23/10/09, jdf.com du 19/11/09, actu-environnement.com, radio-canada.ca, lefigaro.fr, developpementdurable.com, enviro2b.com, lexpress.fr du 11 et 14/12/09, contreinfo.info du 17/11/09, lemonde.fr du 19/01/10, Les Afriques, Jeune Afrique, Alternatives Economiques, O.D. dans Science & Vie, Le Monde Magazine, lefigaro.fr du 02/03/10, lemonde.fr, lefigaro.fr du 02/03/10, L'Usine Nouvelle, Le Monde du 29/04/10).

La Renaissance d'un continent

Nelson Mandela, une icône à l'échelle planétaire. Grâce à lui, aidés par la sagesse de Frederik de Klerk, la lutte acharnée, la tenacité et la persévérance de Desmond Tutu et l'ANC, ainsi que l'action de forces amies, les blancs d'Afrique du Sud sont devenus des africains à part entière, après que l'arpartheid eut été abattue. Ils doivent désormais apprendre le partage et participer activement au développement intégral du continent, et aider à mettre un terme aux projets clés en main. Ici Mandela au centre avec Jacob ZUMA (à gauche) et Thabo MBEKI (à droite).

Son sacrifice a servi certes son peuple en Afrique du Sud, mais aussi toute l'Afrique et le monde entier en faisant souffler un vent nouveau sur la liberté, la justice et la démocratie, malgré quelques réserves soulevées par le président Laurent Gbagbo sur les conditions réelles de sa libération. Avait-t-il les moyens de faire autrement ?

"Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec une égalité de chances. J’espère vivre assez longtemps pour l’atteindre. Mais s’il le faut, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir." Ainsi se défendit Mandela lors de son procès en Afrique du Sud initié par le régime de l'Arpatheid. Déjà, lors d'un Congrès du peuple auquel participèrent le Congrès indien, le Congrès des métis, le Congrès des syndicats sud-africains (Cosatu) et le Congrès démocratique (blanc), le 26 juin 1955, à Kliptown, un quartier de Soweto, dans la banlieue de Johannesburg, 3 000 délégués se réunirent pour défendre une idée : "Nous, peuple d’Afrique du Sud, déclarons pour notre pays et pour le monde que l’Afrique du Sud appartient à tous ceux qui vivent en ce pays, Noirs ou Blancs, et qu’aucun gouvernement ne peut prétendre y avoir autorité s’il ne représente la volonté du peuple dans son intégralité." Plutard, la carte ethnique a été proscrite au sein du parti ANC, car le régime de l’apartheid avait toujours cherché à diviser pour mieux régner. L'Afrique du Sud a par la suite mis en place l’une des Constitutions les plus progressistes au monde.

Cependant la gestion libérale, ajoutée à la restructuration des grands groupes économiques du pays, s’est soldée par une poussée du chômage, qui frappe le tiers de la population active. (alterinfo.net du 24/04/09, Sabine Cessou). Le grand sage africain Nelson Mandela, a profité d'une occasion, pour rappeler dimanche 19 avril 2009, lors d'un meeting géant à trois jours des élections générales en Afrique du Sud, le parti au pouvoir l'ANC à ses devoirs : la lutte contre la pauvreté et la construction d'une société non raciale. Depuis 1992, l'Afrique du Sud n'avait pas connu de crise économique, mais en 2009, les clignotants sont passés au rouge. A la fin de 2008, son PIB a chuté de 1,8%, et le premier trimestre 2009, selon certains économistes sera pire que le précédent, le curseur oscillerait dans un intervalle compris entre -1 et 0% sur l'ensemble de l'année 2009, après une croissance de 3,1% en 2008. Malgré la stricte régulation des changes et une prudence à l'égard des crédits à risque (les subprimes), pour protéger les banques sud-africaines de la contagion internationale, la dépréciation du rand qui avait soutenu la compétitivité et le programme d'investissement public (renovation des ports, des routes...) engagé par le gouvernement pour un montant avoisinant les 60 milliards d'euros, la récession s'est invitée avec retard, alors que le taux de croissance du pays était de 5% pendant plusieurs années. Le taux de chômage qui était auparavant très élevé a été ramené à 23%, mais il risque de s'envoler, car il est prévu que 250 000 personnes perdraient leur emploi dans les secteurs minier et automobile en 2009 et 350 000 jeunes arriveraient sur le marché de l'emploi pendant la même période. (Le Monde du 22/04/09).

Depuis 1994, les sud-africains ont érigé un système démocratique exemplaire, l'économie est bien gérée avec une croissance annuelle comprise entre 3% et 4% sur les quinze dernières années. Le PIB du pays est de 300 milliards de dollars par an, soit 6000 dollars courants par habitant, et en l'indexant sur la parité de pouvoir d'achat (PPA), il passe à 500 milliards de dollars par an, soit 10000 dollars par habitant. Le PIB de l'Afrique du Sud représente 19% du PIB africain et 30% de celui de l'Afrique subsaharienne. Sa population approche les 50 millions d'habitants, soit environ 5% de la population de l'Afrique (6% de la population du Sud du sahara). Les six pays d'Afrique du Nord (Mauritanie, Libye, Maroc, Tunisie, Egypte, Algérie) réunis, qui sont trois fois plus peuplés produisent à peine le double de la production de l'Afrique du Sud (Source Jeune Afrique, Béchir Ben Yahmed). L'activité économique en Afrique du Sud s'est contractée de 6,4% au cours des trois premiers mois de l'année 2009, la plus forte baisse depuis 25 ans, confirmant son entrée en récession pour la première fois depuis 1992. Sur un an, le PIB a reculé de 1,3% en données ajustées. Une chute qui est due à la baisse de la demande des pays développés pour les produits des secteurs manufacturier et minier. (fr.reuters.com du 26/05/09). Les activités les plus touchées sont les mines dont la production a chuté de 32,8% en un an, l'industrie manufacturière a aussi baissé de 22,1%, la plus forte chute depuis 1960, année de la mise en place des statistiques, enfin le secteur financier a perdu 2,3% en un an. La faillite des entreprises a progressé de 48,3% sur les quatre premiers mois de l'année 2009 par rapport à 2008. Les licenciements se multiplient (Jeune Afrique).

En remettant au centre du débat les objectifs définis lors de sa sortie de prison, Nelson Mandela appelle les hommes politiques africains à mettre aux vestiaires l'arrogance, la politique spectacle, et les invite à passer aux choses sérieuses concernant directement la vie des nations et des populations. Il leur rappelle leur mission première, celle de la construction de sociétés solides matériellement, spirituellement, intellectuellement et moralement, en défiant la haine, en se surpassant et en développant la tolérance et la solidarité dans un esprit participatif et coopératif. C'est pourquoi certaines nations qui ne le comprennent pas encore, verront leurs populations respectives s'engluer et se vautrer éternellement dans la misère. A Madagascar par exemple Marc Ravalomanana a initié lors de sa prise de pouvoir un système excluant le compromis avec Didier Ratsiraka, ce qui a ouvert une fenêtre à Andry Rajoelina pour dénoncer un système politique corrompu qui s'éloignait des principes réels de la démocratie.

Jaona Ravaloson, conseiller en investissement international estime que Madagascar a certes bénéficié d’une croissance relativement élevée (de l’ordre de 4% à 5% par an) jusqu’en 2008. Les éléments moteurs qui ont entraîné la croissance sont les investissements en infrastructures, les grands projets miniers, le redémarrage de l’agriculture, le tourisme et les exportations de produits intensifs en main-d’œuvre. Il affirme que pour qu'un pays aille de l'avant, il faut plusieurs années, voire des décennies, de tendance haussière de l’activité économique qui lui permette d'enrayer la pauvreté de masse. A Madagascar selon lui, la crise politique de 2002, qui avait permis à Ravalomanana d’arriver au pouvoir, s’était soldée par une chute du PIB de l’ordre de 15%. Et l’instabilité politique qui a entraîné la sortie du pouvoir de Ravalomanana se traduit à nouveau par un sévère marasme. Nous affirmions déjà que pour sortir de ce guépier, il faudrait que soit mis en place une relative démocratie exempte de tricherie, et capable d'intégrer des innovations positives pour le faire évoluer. Sans démocratie réelle, l'unité et l'union des peuples ne seront qu'une illusion et un voeu pieux.

L'Afrique doit puiser dans sa mémoire collective, les solutions viables permettant de servir au mieux les intérêts communs des peuples et des nations, en dépassant les visions étatiques normatives et restrictives, et, en approfondissant la recherche sur les voies et moyens pouvant faire mouvoir les institutions communes, en maîtrisant les implications des tenants et aboutissants découlant du contact et des échanges avec le reste du monde, car quiconque aura le malheur d'oublier ou d'effacer son passé soit, sera condamné à disparaître, soit aura bloqué son épanouissement physique, moral, intellectuel, spirituel ou matériel. Le continent devra instaurer une journée commémorative commune pour la déportation hyper-massive d'êtres humains dûe à l'esclavage, communément appelée par certains "savants" "commerce triangulaire", rechercher les causes profondes de son avénement, faire la part des choses, dénicher ou réclamer les archives et agir pour empêcher par exemple les extraterrestres, s'ils existent, en provenance un jour de l'espace interstellaire animés de sentiments identiques, armés des sciences, technologies, techniques, stratégies et tactiques plus performantes à un instant t, de la reproduire.

En aucune façon le continent